Bois d’œuvre

Un programme d’aide fédérale à l’industrie présenté demain

Ébranlée par les mesures protectionnistes de l’administration Trump, l’industrie canadienne du bois d’œuvre pourra compter sur l’aide du gouvernement fédéral pour subsister pendant cette période difficile. Ottawa présentera demain son plan d’aide pour l’industrie du bois d’œuvre, ont rapporté hier soir Radio-Canada et TVA. Les travailleurs touchés par la crise pourraient profiter d’un programme d’assurance-emploi plus généreux, selon les deux médias. Ce programme fédéral s’ajoutera ainsi à celui présenté le mois dernier par Québec, soit un engagement de 300 millions en prêts et garanties de prêts. Les producteurs de bois d’œuvre sont dans la tourmente depuis la décision du gouvernement américain d’imposer des droits compensatoires de près de 20 % au bois canadien, principalement récolté en terre publique, selon Washington. — Louis-Samuel Perron, La Presse

Réseau d’entrepôts frigorifiques

Congebec nourrit ses ambitions pancanadiennes

Ça brasse chez Congebec ! Et ce n’est pas à cause des chaleurs estivales qui débutent.

En fait, la plus grande entreprise québécoise d’entrepôts réfrigérés pour l’industrie alimentaire mène de front trois projets d’expansion qui, lorsqu’ils seront terminés, augmenteront beaucoup sa capacité d’affaires de Toronto jusqu’à l’ouest du Canada.

Ces projets, qui mobilisent 75 millions en capital, comprennent l’acquisition d’une entreprise concurrente – Shamrock Cold Storage – et la construction d’un nouvel entrepôt pour aliments surgelés au cœur de la région métropolitaine de Toronto. De plus, Congebec agrandit son entrepôt réfrigéré de Calgary, afin d’augmenter sa desserte du marché de l’Alberta jusqu’à Vancouver.

« À Toronto, nous investissons pour accroître notre accès à l’important marché des entreprises alimentaires d’envergure nationale en Ontario, et dont le poids dans l’économie provinciale rivalise avec celui de l’industrie automobile », a souligné Nicholas Pedneault, président et chef de la direction de Congebec, lors d’un entretien au siège social à Québec.

Avec cette expansion simultanée à Toronto et à Calgary, Congebec veut aussi étoffer son offre de services en « chaîne de froid » à l’échelle nationale pour les entreprises alimentaires de taille intermédiaire dans les cinq provinces où elle est présente, en particulier au Québec.

« Il s’agit d’entreprises performantes et en croissance dans leur créneau de marché, mais qui n’ont pas les moyens ni le savoir-faire pour bien gérer par elles-mêmes les activités d’entreposage et de transport de leurs produits alimentaires surgelés. »

— Nicholas Pedneault

« Or, nous sommes des experts là-dedans avec de nombreuses années d’expérience. D’abord par le développement et la gestion d’un réseau d’entrepôts réfrigérés [12, bientôt 13] dans cinq provinces. Mais aussi par des contrats de gestion des entrepôts frigorifiques que possèdent déjà des entreprises alimentaires de plus grande taille. »

Un chiffre d’affaires de 70 millions

Au fur et à mesure que cette expansion portera ses fruits, Congebec prévoit ajouter une dizaine de millions à son chiffre d’affaires annuel, qui approchera bientôt les 70 millions.

Cette croissance devrait aussi justifier l’ajout d’une centaine d’employés aux 400 actuels, en incluant l’intégration de la firme Shamrock Cold dans ses installations torontoises.

Et la suite ?

« Nous voulons nous rapprocher du marché en croissance des aliments surgelés qui transitent par le port de Vancouver », a répondu d’emblée Nicholas Pedneault.

Le président de Congebec explique que le marché de la côte Ouest comprend des importateurs d’aliments provenant d’Asie, mais aussi des exportateurs canadiens d’aliments vers les marchés asiatiques, déjà très populeux et de plus en plus riches.

Nicholas Pedneault mentionne par exemple l’industrie de la viande de porc, très importante dans l’agroalimentaire au Québec. Cette industrie a beaucoup augmenté ses exportations de coupes de viande surgelée vers l’Asie depuis les blocages commerciaux subis dans d’autres marchés outre-mer, dont la Russie.

Pour le moment, Congebec n’a pas encore déterminé le meilleur moyen ou l’échéancier idéal pour s’implanter dans la région de Vancouver. « Ça pourrait être par une acquisition ou par un investissement, en suivi du modèle hybride de croissance qui nous gérons depuis quelques années », a précisé son président.

Pas d’empressement, toutefois.

« Avec l’agrandissement de notre entrepôt à Calgary, nous aurons plus de capacité d’affaires dans l’Ouest, jusqu’à Vancouver. Si ça devait s’avérer insuffisant, nous verrons alors en temps et lieu. »

— Nicholas Pedneault

Par ailleurs, la stratégie d’affaires de Congebec à moyen terme comprend aussi le développement d’une offre de service de gestion des actifs de la « chaîne de froid » que possèdent déjà les entreprises alimentaires d’envergure.

« Nous avons développé un savoir-faire en gestion qui peut aller au-delà de notre propre réseau d’entrepôts frigorifiques. Nous envisageons de le commercialiser en sous-traitance spécialisée pour les entreprises alimentaires qui ont déjà leurs entrepôts frigorifiques, et qui souhaitent en optimiser la gestion », suggère Nicholas Pedneault.

Ce savoir-faire de Congebec est d’ailleurs de plus en plus reconnu dans l’industrie alimentaire. Nicholas Pedneault vient d’être nommé « président du conseil des gouverneurs » pour l’année 2017-2018 de la World Food Logistics Organization. Cette organisation fait partie de la Global Cold Chain Alliance, qui regroupe 1300 entreprises dans 75 pays spécialisées dans la gestion de la « chaîne du froid » en alimentation.

Actionnariat solide

Pour mener à terme sa stratégie et ses ambitions, Congebec bénéficie de l’appui d’actionnaires institutionnels aguerris et patients envers les entreprises en croissance.

Ces actionnaires – Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD), Investissement Québec et Fondaction CSN – ont d’ailleurs augmenté leur placement dans Congebec il y a deux ans, lors du rachat de l’entreprise de son président fondateur, Laurier Pedneault.

Ce fut l’occasion aussi de « passer le flambeau » de la présidence de Congebec à son fils, Nicholas, alors âgé de 38 ans. Il était déjà très impliqué dans l’entreprise après des études universitaires en finances et ses premières années de travail à divers postes dans l’entreprise.

« J’étais déjà bien préparé à prendre la relève complète de mon père, relate Nicholas Pedneault. Néanmoins, cette transaction n’aurait pu se réaliser sans l’appui et les capitaux de ce groupe d’investisseurs institutionnels, dont le CRCD. Aussi, sans ce rachat d’entreprise à l’interne, il y a deux ans, Congebec serait sans doute passée aux mains d’un acquéreur non québécois. »

FORCES

réputation et savoir-faire avantageux dans l’industrie alimentaire

actionnariat et capitalisation favorables aux projets d’expansion

FAIBLESSES

principal concurrent deux fois plus gros au Canada (Versa Cold)

coûts élevés de l’expansion de l’actif immobilier en entrepôts frigorifiques

CONGEBEC EN UN COUP D’ŒIL

Activités : réseau de 13 entrepôts et centres de distribution d’aliments surgelés dans cinq provinces, du Québec à l’Alberta

Chiffre d’affaires : environ 60 millions

Effectifs : 400 employés

Siège social : Québec

Principaux actionnaires : Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD, majoritaire), Investissement Québec, Fondaction CSN, Nicholas Pedneault (président, et fils du fondateur de Congebec)

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