Les Capitals sont sérieux

Tampa — Lars Eller et Evgeny Kuznetsov ont enfilé l’aiguille à 59 secondes d’intervalle dans les deux dernières minutes du deuxième engagement pour permettre aux Capitals de Washington de revenir de l’arrière et de remporter le deuxième match de la finale de l’Association de l’Est, 6-2, contre le Lightning de Tampa Bay, hier soir.

Loin de s’avouer vaincus, les hommes de Barry Trotz ont fait taire tous leurs détracteurs en remportant un deuxième duel loin de leur domicile, à l’Amalie Arena. Tirant de l’arrière 2-1 après 20 minutes de jeu, les Capitals ont inscrit cinq buts sans riposte pour signer un deuxième gain de suite dans la série de troisième tour.

Laissé seul dans l’enclave alors qu’il restait un peu plus d’une minute à faire au deuxième vingt, Eller a dénoué l’impasse en trompant la vigilance d’Andrei Vasilevskiy après avoir accepté une superbe passe de Jakub Vrana.

Quelques secondes plus tard, avec trois secondes à écouler avant que les deux équipes ne retraitent au vestiaire pour le deuxième entracte, Kuznetsov a permis aux Capitals de souffler un peu en doublant l’avance des siens.

Le troisième duel de la série sera présenté demain soir (20 h) à Washington.

Devante Smith-Pelly a été l’instigateur de la remontée des visiteurs, inscrivant son troisième but des séries à 2 min 50 s de la deuxième période. Tom Wilson a permis aux Capitals de se forger une avance d’un but après seulement 28 secondes de jeu en début de rencontre.

Alexander Ovechkin a récolté un but et une mention d’aide, tandis que Brett Connolly a enfoncé le dernier clou au troisième engagement.

« Tout le monde tire dans le même sens, on joue bien, mais cela n’est pas fini, on sait que cela va être difficile, cela reste une équipe très difficile à affronter. »

— Alexander Ovechkin

En plus de permettre à leur équipe de reprendre les devants en deuxième période, Kuznetsov et Eller se sont faits complices de deux autres buts. Wilson a aussi ajouté une aide à sa fiche.

Après avoir accordé deux buts en moins de quatre minutes de jeu au premier tiers, Braden Holtby s’est assuré de garder ses coéquipiers dans la rencontre en repoussant les 33 tirs suivants.

Brayden Point et Steven Stamkos ont tous les deux fait retentir la sirène en supériorité numérique, en plus d’obtenir une mention d’aide chacun.

Vasilevskiy, qui avait été rappelé au banc des siens après avoir accordé quatre buts lors du premier match de la série, n’a pas été en mesure de contenir les puissants Capitals. Le gardien du Lightning a cédé à six reprises sur 37 tirs.

— Avec l’Agence France-Presse

Analyse

Tout n’est pas perdu à Nashville

Les Predators de Nashville vivent des jours difficiles.

Difficile de digérer une élimination au deuxième tour des séries lorsqu’on a atteint la finale un an plus tôt. Mais contrairement à plusieurs clubs vieillissants, les Predators ont encore le noyau nécessaire pour dominer dans les prochaines années.

Les Predators se classent 16es de la LNH au chapitre de l’âge moyen de leurs joueurs, à 27,4 ans. Mais Pekka Rinne, 35 ans, fait augmenter la moyenne d’âge. Idem pour Mike Fisher, 37 ans, et Scott Hartnell, 36 ans, mais ils ne seront plus avec l’équipe en octobre, tout comme Alexei Emelin (32).

Il faut plutôt retenir la moyenne d’âge du top 4 en défense. P.K. Subban est le plus vieux à 29 ans. Ryan Ellis, Roman Josi et Mattias Ekholm ont 27 ans. Tous dans la force de l’âge.

On pourrait dire la même chose à l’attaque. Les deux premiers centres, Ryan Johansen et Kyle Turris, ont 25 et 28 ans respectivement. L’extraordinaire Filip Forsberg a seulement 23 ans, tandis que Viktor Arvidsson, auteur de 29 buts l’hiver dernier, en a seulement 25. Craig Smith, qui a marqué 25 buts cette saison, a seulement 28 ans. Kevin Fiala a déjà un impact important avec le club. Il a 21 ans. Eeli Tolvanen, 19 ans seulement, est appelé à devenir un joueur dominant.

« Nous étions dans une position bien différente cette année. Personne n’avait fait partie d’un club qui a remporté le trophée du Président [meilleure équipe en saison]. Il n’y avait pas d’attentes l’an dernier. Nous étions jeunes, tout était nouveau. Puis cette année, on s’attendait à nous voir gagner. C’est tout ce que c’était. »

— Ryan Johansen aux journalistes de Nashville, à propos de l’élimination de son équipe au deuxième tour

La question du gardien demeure cependant au cœur des préoccupations de l’équipe. Rinne a connu l’une des meilleures saisons de sa carrière avec une fiche de 42-13-4, une moyenne de 2,31 et un taux d’arrêts de ,927. Ses statistiques sont supérieures à celles des deux autres finalistes au trophée Vézina avec lui, Andrei Vasilevskiy et Connor Hellebuyck.

Mais Rinne a connu des séries éliminatoires difficiles et il a craqué à un moment crucial. On l’a retiré tôt en première période du match contre les Jets de Winnipeg après qu’il eut accordé deux vilains buts. Il a affiché une ronflante moyenne de 3,07 en séries avec un faible taux d’arrêts de ,904. Il aura 36 ans en novembre et deviendra joueur autonome sans compensation à compter du 1er juillet 2019, après avoir terminé un contrat de sept ans pour 49 millions.

« J’ai 35 ans et pour moi, ce n’est qu’un chiffre en ce moment, a-t-il confié aux journalistes au cours du week-end avant de quitter le vestiaire pour l’été. Beaucoup de gens me parlent de mon âge, mais je me sens vraiment bien. J’aime encore ce sport avec passion. J’adore me rendre à l’amphithéâtre et travailler. J’aime mes coéquipiers. J’ai encore la passion. »

Peut-être sera-t-il temps l’an prochain de donner de plus grandes responsabilités à l’auxiliaire de Rinne, Juuse Saros, 23 ans seulement. Ce choix de quatrième tour des Predators concède 6 po à son compatriote Rinne – il mesure 5 pi 11 po –, mais il semble bien positionné pour devenir son dauphin. Le jeune homme vient de connaître deux solides saisons de suite. Il a disputé 26 matchs l’hiver dernier, maintenu une fiche de 11-5-7, avec une moyenne de 2,45 et un taux d’arrêts de ,925.

« Il joue tellement bien, a indiqué Rinne à propos de son bon ami Saros. C’est un jeune gardien très spécial. Il fait mentir bien des gens malgré sa taille. Je suis très heureux pour lui. Mais ça demeure une compétition et je rivalise avec un ami. Il jouera évidemment davantage au fil des années et il va s’améliorer. Je ne peux prédire l’avenir, mais un jour, je devrai lui céder ma place. Il “arrive”. »

À ceux qui suggèrent au DG David Poile de démanteler son équipe et de chercher à faire d’autres acquisitions spectaculaires, il faudrait recommander la patience. Parmi tous les membres du noyau dur, Ryan Ellis sera le seul, avec Rinne, à être admissible à l’autonomie complète dans un an. Johansen, Forsberg, Arvidsson, Turris, Subban et Ekholm sont tous sous contrat jusqu’en 2022. Smith et Josi le seront en 2021. Pas de problème de plafond salarial en vue non plus. De la belle gestion.

EN CHIFFRES

- 4

Fiche de la paire de défenseurs composée de Roman Josi et Ryan Ellis en séries. La pire chez les joueurs des Predators.

16

Nombre de points obtenus par Filip Forsberg en seulement 13 matchs de séries.

1

Nombre de points amassés en 12 matchs par Mike Fisher, qui repart à la retraite.

3

Nombre de matchs au cours desquels Alexei Emelin a été rayé de la formation dans la série de sept matchs contre Winnipeg.

26 min 35 s

Temps d’utilisation moyen par match de P.K. Subban en séries, au premier rang de son équipe à ce chapitre. Roman Josi vient au deuxième rang avec 25 min 20 s. Subban a aussi obtenu neuf points, un sommet chez les défenseurs de son club.

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