Nicolas Ouellet

C’est ma toune !

Re : Stacks
Bon Iver 

Parfois, une chanson s’installe dans notre cœur pour toujours. Au cours des prochaines semaines, des personnalités raconteront l’histoire qui se cache derrière une œuvre qui les habite depuis des années.

Demander à l’animateur de choisir une chanson plus importante qu’une autre dans la discographie de sa vie, c’est comme de forcer un parent à choisir son enfant préféré. Malgré tout, Nicolas Ouellet s’est prêté à l’exercice et son choix s’est arrêté sur Re : Stacks, une pièce sur le premier album de Bon Iver. « Je pense que c’est un des albums les plus importants pour moi », dit l’animateur et producteur de l’émission UNION, consacrée aux découvertes musicales.

Le musicophile a découvert cet opus peu après son arrivée à Montréal, en 2008. « Par pur hasard, un gars avec qui j’étudiais m’a envoyé l’une des chansons. Je me suis mis à écouter l’album et ça m’a vraiment rentré dedans. » D’abord, parce que la musique de Bon Iver était à la jonction de plusieurs de ses goûts musicaux, tels Radiohead, Dashboard Confessional, Dead Kennedys et Smashing Pumpkins. « Le premier album de Bon Iver offrait une version évoluée de la musique acoustique emo que j’écoutais énormément, mais avec un peu plus de substance, de poésie et de réflexion, tant dans le texte que dans la mélodie. »

Par ailleurs, la musique du groupe est apparue lors d’un moment de transition importante pour lui.

« Quand j’ai quitté Québec à 17 ans pour étudier en animation radio au cégep de Jonquière, je savais que je ne passerais pas ma vie là-bas. Par contre, à mon arrivée à Montréal, à 20 ans, je me suis dit que ce serait peut-être l’endroit où je passerais le reste de ma vie. »

— Nicolas Ouellet

L’animateur de Faites du bruit sur Ici Première savait que le chanteur Justin Vernon avait créé l’album après avoir perdu sa blonde, son ancien groupe et beaucoup d’argent en jouant au poker en ligne. « Il était parti de la Caroline du Nord pour aller au Wisconsin, dans le chalet de son père, pour écrire les huit chansons de l’album. Je percevais le sentiment de transition dans son œuvre. » En particulier dans la chanson Re : Stacks. « Il parle de l’idée d’avoir passé à travers une espèce de dépression et du sentiment d’être au premier jour du reste de sa vie. Il a écrit “Everything that happens is from now on”. »

Au printemps dernier, Ouellet est allé à Philadelphie pour voir Bon Iver en concert. « Quand il a fait Re : Stacks en version solo, je pleurais. Il n’y a rien de triste en lien avec ça, mais il y a quelque chose qui s’est cristallisé à cette époque. Une période pendant laquelle mes goûts musicaux se sont eux aussi cristallisés et pendant laquelle mes émotions étaient à fleur de peau. »

Depuis plus de 10 ans, la chanson le remue chaque fois. « C’est de la pure vulnérabilité, cette chanson-là. Peu d’œuvres créent ce genre d’impact. Il y a un sentiment cathartique en écoutant certaines œuvres. Re : Stacks est l’une d’elles. »

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