Indiscrétions
10 questions

à… des livreurs de pizza

Histoire de faire enfin le point sur tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander, nous avons questionné des travailleurs sur les dessous de leur emploi. Une série pour faire sourire, à lire en quatre temps. Cette semaine, on lève le voile sur le métier de… livreur de pizza.

Est-ce qu’on vous fait souvent des avances ? Est-ce qu’on vous a déjà proposé de vous payer « en nature » ?

La réponse est oui, ça peut arriver. Les clients flirtent parfois avec les livreurs. Dans certains cas, on leur fait même des propositions indécentes. Acceptent-ils ? Les livreurs interviewés nous ont répondu qu’ils n’étaient pas « prêts à prendre le risque ».

Des jeunes qui appellent en vous donnant une fausse adresse pour vous jouer un tour, ça se fait toujours ?

Oui, ça se fait encore, nous dit-on. Surtout durant les périodes de congés scolaires. Que font-ils de la pizza ? « On la rapporte à la pizzéria et on la donne gratuitement au prochain client », nous a dit un livreur. « On la donne à un itinérant ou à des gens qui sont dans la rue », nous a dit un autre.

Qu’est-ce qui vous met le plus en colère quand vous faites une livraison ?

Les gens qui ne répondent pas à la porte ou au téléphone, nous répond-on. Des livreurs dénoncent aussi l’impatience des clients, qui se plaignent souvent du temps de livraison. « Il y a beaucoup de gens qui négocient le prix de la pizza ou qui exigent qu’elle soit gratuite. »

Ça vous arrive souvent de vous faire voler ?

Ça arrive, mais moins souvent qu’avant, affirment les livreurs interrogés, parce que la majorité des gens paient avec leur carte de débit ou de crédit. Les livreurs n’ont plus autant d’argent sur eux. Toutefois, ça leur arrive de se faire voler la pizza par… des clients. « On a une liste noire de clients », nous dit un livreur.

Quel est l’endroit le plus étrange où vous avez livré des pizzas ?

Un cimetière, nous répond tout de go un livreur. « On livre vraiment partout, nous dit un autre jeune conducteur. Dans des bureaux, des salons de massage, des bars de danseuses, des chantiers, des marinas… partout. »

Qui donne les meilleurs pourboires ? Les familles riches ou les plus modestes ?

Les résidants des quartiers riches sont les plus chiches. Souvent, ils ne laissent pas un sou de pourboire, nous ont dit unanimement les livreurs de pizza interviewés. Ah, et les femmes sont plus généreuses que les hommes. C’est dit.

Est-ce que ça vous arrive de faire des mauvais coups ? Genre agiter une bouteille de Pepsi juste avant de sonner chez un client difficile… ?

Non ! répondent les livreurs à l’unisson. « Les conséquences seraient trop graves. Les clients insatisfaits appellent au restaurant. Après trois avertissements, on peut perdre notre emploi. » 

Quelle est la pire gaffe que vous avez commise ?

Rien d’étonnant ici. La réponse la plus souvent entendue est : une livraison à la mauvaise adresse. Ou un retard de plus d’une heure, qui force la pizzéria à offrir la pizza gratuitement, ce qui peut arriver certains jours.

Quelle est la plus grande qualité d’un livreur de pizza ?

La politesse et la patience, nous souffle-t-on à l’oreille. « Il ne faut pas prendre les commentaires désobligeants de certains clients de façon trop personnelle, évalue un livreur d’expérience. Il faut apprendre à ne pas répliquer à quelqu’un qui nous dit des bêtises. »

Est-ce un bon job, livreur ? Sur une échelle de 1 à 10 ?

« Oui », nous dit-on. Même si les livreurs sont payés au salaire minimum, ils peuvent travailler à temps partiel s’ils sont toujours étudiants. Avec les pourboires, ils peuvent faire 17 ou 18 $ l’heure. La note ? « 6 ou 7 » sur 10.

* Trois livreurs de pizza de trois enseignes différentes ont répondu à nos questions et nous avons fait une synthèse de leurs réponses. Pour vraiment tout savoir, sans langue de bois, et ne pas mettre leur emploi en péril, nous leur avons accordé l’anonymat.

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