Science

Coup d’œil sur la médecine de demain

La technologie médicale fait des pas de géant. Les cœurs artificiels se déclinent sous des formes de plus en plus variées et les capteurs permettant de suivre l’état d’un patient à la maison se font discrets et résistants. Voici quelques-unes des récentes annonces dans le domaine.

Une enveloppe cardiaque robotisée

Cette enveloppe en silicone épouse les formes du cœur malade et l’aide à pomper le sang, grâce à une pompe à air installée à l’extérieur du corps du patient. L’avantage de cette technologie, dévoilée début 2017 par des chercheurs de l’Université Harvard, est qu’aucun matériau externe n’est en contact avec le sang, comme avec les appareils ventriculaires utilisés actuellement, ce qui réduit les risques d’infections et les déformations à la structure du cœur. Plus de 100 000 Québécois pourraient être aidés par l’enveloppe cardiaque robotisée, qui a été testée sur des porcs.

Le robot dermatologue

De plus en plus d’équipes cherchent à identifier les tumeurs grâce à l’intelligence artificielle, des algorithmes qui apprennent à repérer certaines caractéristiques propres aux cancers. Au début de l’année 2017, des chercheurs de l’Université Stanford ont annoncé avoir atteint l’objectif pour les cancers de la peau. Ils ont « entraîné » leur algorithme avec 130 000 images de 2000 maladies de la peau différentes, un échantillon 100 fois plus gros que ceux qui avaient été utilisés jusqu’à maintenant. Ils ont ensuite testé l’algorithme pour la détection des carcinomes et des mélanomes malins, respectivement les cancers de la peau les plus courants et les plus dangereux. Les résultats étaient aussi bons que ceux de 21 dermatologues en chair et en os.

Un capteur élastique

Les patients qui ont dû passer la nuit à l’hôpital en observation ou porter un moniteur à la maison pour détecter l’arythmie ou l’apnée du sommeil le savent, il est difficile de dormir avec une demi-douzaine de fils attachés au torse. Des chercheurs californiens et coréens ont trouvé une parade : un film très résistant où peuvent être installés plusieurs capteurs qui adhère à la peau. Le capteur, dévoilé début 2017, peut être étiré jusqu’à deux fois sa longueur sans se rompre et en ne perdant pratiquement rien – moins de 10 % – de son acuité.

L’activateur de sueur

L’un des problèmes des capteurs de glucose non invasifs portés sur la peau est qu’ils ont besoin de suffisamment de sueur pour fonctionner. Or, au repos, beaucoup de patients n’en sécrètent pas beaucoup. Des chercheurs de l’Université Stanford ont trouvé une parade avec un capteur qui pousse la peau, par une méthode électrochimique, à produire suffisamment de sueur pour que le taux de glucose puisse être suivi. La technique, dévoilée en avril dernier, pourrait aussi servir au suivi des patients atteints de fibrose kystique.

Un lit fauteuil roulant

Panasonic a lancé en 2009 au Japon un lit qui peut se transformer sur la simple pression d’un bouton en fauteuil roulant. L’objectif est de faciliter le travail des préposés des maisons de retraite, mais ce lit peut aussi améliorer l’autonomie des patients. La dernière mouture, Resyone X, qui n’est toujours offerte qu’au pays du Soleil levant, ajoute le suivi des signes vitaux dans les deux configurations. Le matelas se sépare en deux pour la transformation en fauteuil roulant, pour que celui-ci ne soit pas trop large. Le prix du Resyone X au Japon est d’environ 13 000 $.

Les jambes de cyborg

L’entreprise nippone Cyberdyne a annoncé en janvier qu’elle testerait aux États-Unis son exosquelette « cyborg », qui prédit les mouvements des muscles en captant les décharges électriques neuronales qui les contrôlent. L’exosquelette inférieur HAL (l’acronyme anglais de « membres automatisés hybrides », qui fait aussi référence à l’ordinateur de bord du vaisseau spatial du film 2001, l’Odyssée de l’espace), qui vient d’être autorisé par la FDA américaine, sera testé dans un centre de rééducation de Floride pour des patients qui réapprennent à marcher. Au Japon, où il a été lancé en 2014, il fait aussi partie d’un exosquelette complet pour aider les préposés des maisons de retraite et les manutentionnaires. Au Japon, le prix de HAL est de 6000 $.

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