Fintech

La montréalaise Thinking Capital vendue à fort prix

Le prêteur alternatif aux PME Thinking Capital, entreprise de technologie financière de Montréal, a été vendu à la société torontoise Purpose Financial. Une transaction qui, par son envergure, prouve qu’il est possible d’avoir du succès avec une fintech à partir de Montréal.

Le prix dépasserait les 200 millions de dollars en argent et en actions, selon le Globe and Mail. Les parties n’ont pas confirmé publiquement les détails de la transaction.

Le siège social de Thinking Capital restera à Montréal, où se trouvent 180 de ses 200 employés. La société a aussi un bureau à Toronto. Le chef de la direction, Jeff Mitelman, garde son poste tout en devenant associé directeur et actionnaire d’importance de Purpose Financial.

Fondée en 2006 par Jeff Mitelman et Peter Mazoff, Thinking Capital permet aux PME de se financer en ligne pour des prêts de 5000 à 300 000 $ dans un délai de 24 heures. Traditionnellement, ces PME avaient des besoins en financement trop petits pour intéresser les banques. Ou bien celles-ci exigeaient des biens personnels en garantie, ce qui rebutait les entrepreneurs.

En un peu moins de 12 ans, Thinking Capital a prêté 750 millions à 15 000 PME. Elle a noué un partenariat avec la CIBC en 2015 qui lui permet d’offrir ses services aux PME à partir du site web de la banque.

« Nous avons connu de bons succès en prêtant aux PME. Notre principal défi est d’avoir les fonds suffisants pour combler la demande pour nos services. De son côté, Purpose Financial fait équipe avec OMERS. Pour nous, ça signifie une croissance exponentielle des fonds à prêter. »

— Jeff Mitelman, chef de la direction

L’acquéreur, Purpose Financial, a élaboré au fil des ans une plateforme de solutions technologiques pour l’industrie financière comprenant des fonds négociés en Bourse et des outils de gestion de portefeuille.

« Thinking Capital a bâti une infrastructure technologique capable de traiter un volume de prêts aux PME pouvant aller jusqu’à 10 fois le volume actuel, dit Som Seif, chef de la direction de Purpose Financial, pour justifier son intérêt dans la société. En nous associant avec eux, nous voyons une occasion incroyable de combler le trou qui existe actuellement dans l’offre de financement des PME canadiennes. »

Les deux parties se connaissaient et s’estimaient, ajoute-t-il. « À un moment donné, la question a été : est-ce qu’il vaut mieux avoir un partenaire ou fonctionner au sein de la même entreprise ? », d’expliquer M. Seif.

Une réussite pour le milieu financier à Montréal

« On a sous les yeux la preuve qu’il est possible de bâtir une fintech à succès sans qu’elle soit dirigée à partir de Toronto », avance Jonathan Shaanan, à qui on a demandé de commenter la transaction. Il est chef de la direction financière de Ferst Capital, fonds de capitaux privés destiné aux fintechs.

M. Mitelman ajoute que loin de l’image caricaturale qu’on se fait des fintechs, soit deux gars dans un garage avec un ordi, l’union entre Thinking Capital et Purpose Financial crée une société unique bien en selle, menée par des entrepreneurs aguerris, avec des centaines d’employés et des revenus substantiels.

« Le résultat est la création d’un véhicule d’envergure qui a l’ambition d’avoir un impact considérable sur l’évolution de la façon dont les services financiers sont consommés à l’avenir. »

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