PATRIMOINE

La bibliothèque Saint-Sulpice sera consacrée aux adolescents

L’édifice patrimonial de la bibliothèque Saint-Sulpice sera restauré puis aménagé en bibliothèque pour adolescents et en laboratoire de fabrication, ont annoncé hier matin la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, et le maire de Montréal, Denis Coderre.

Le ministère de la Culture et des Communications (MCC) investira 17 millions dans la « mise aux normes » de l’édifice construit il y a plus de 100 ans, classé immeuble patrimonial depuis 1988 et inoccupé depuis 2004.

C’est Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) qui assumera dorénavant la gestion de l’édifice. C’est aussi cet organisme qui a conçu le projet qui l’animera.

L’aménagement intérieur comptera deux espaces principaux. Le premier sera une bibliothèque consacrée aux adolescents. Un tel endroit « manquait à Montréal », selon le maire Coderre.

Cet espace intégrera notamment des équipements numériques pour la production vidéo, musicale et sonore, l’infographie, la modélisation, la robotique, la programmation, etc.

Le deuxième espace, un laboratoire de fabrication (« Fablab »), sera ouvert à tous : « élèves du secondaire, étudiants universitaires, entrepreneurs technologiques en démarrage… », a notamment énuméré Mme David.

Les frais d’exploitation, estimés à 1,6 million annuellement, seront partagés entre le MCC et la Ville de Montréal.

Les sommes nécessaires seront puisées à même l’Entente de développement culturel signée entre Montréal et le gouvernement du Québec. Celle-ci est dotée d’un budget de 59 millions partagé à parts presque égales entre les deux parties.

LE RÔLE DU MAIRE

À maintes reprises en conférence de presse et lors de questions subséquentes posées par les journalistes, Mme David a souligné l’importance de l’implication et de la collaboration du maire de Montréal dans ce dossier. C’est, selon elle, ce qui a permis de débloquer un dossier qui traînait depuis des lustres, notamment depuis un appel d’offres raté en 2008.

« Il n’y avait jamais eu d’appel à la collaboration avant que je ne reçoive un appel du maire à 7 h 30 un certain matin », a-t-elle confié.

La bibliothèque avait refait les manchettes en mai dernier, quand le gouvernement du Québec l’avait très discrètement mise en vente par le truchement d’une annonce anonyme publiée dans les journaux. La pression populaire avait forcé un recul et la création d’un comité coprésidé par Michelle Courchesne et Claude Corbo.

Le rapport de ce comité, déposé en décembre dernier, ne sera mis en ligne qu’aujourd’hui. Mais selon M. Corbo, présent lors de l’annonce hier matin, le projet en respecte les grandes lignes.

Fondatrice du Centre canadien d’architecture, Phyllis Lambert s’était indignée de l’intention du gouvernement de vendre ce bâtiment patrimonial. Jointe hier par La Presse, elle a accueilli favorablement le nouveau projet.

« Je souhaitais simplement que le bâtiment reste public, qu’il ne soit pas vendu à un magasin quelconque. Là, c’est un projet structurant, qui sera bon pour les jeunes. »

La porte-parole du Parti québécois en matière de culture, Véronique Hivon, a réagi en indiquant que ses inquiétudes « demeurent entières face à une ministre qui, plus d’une fois, était prête à laisser tomber des pans importants de notre paysage culturel et qui ne semble être qu’en mode réaction, quand la pression devient trop forte ».

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.