Circulation perturbée sur le pont Jacques-cartier

Une membre de Québec solidaire arrêtée

Le mouvement pour le climat Extinction Rebellion Québec a mené deux coups d’éclat hier. D’autres gestes sont à prévoir dans le cadre d’une semaine de mobilisation du groupe. À l’Assemblée nationale, Québec solidaire a été montré du doigt pour son refus de condamner des actions auxquelles une membre a pris part. 

Québec solidaire (QS) a confirmé qu’une de ses membres a été arrêtée pour avoir participé à la manifestation qui a forcé la fermeture du pont Jacques-Cartier pendant plus d’une heure, hier matin. Le parti a assuré ne pas être à l’origine de ce coup d’éclat, bien qu’il ait refusé de le condamner.

Peu avant 6 h, trois militants ont escaladé la structure métallique du pont.

Les deux femmes et l’homme ont brandi une affiche pour dénoncer les projets d’hydrocarbures et ont diffusé une vidéo de leur action.

La manifestation a entraîné un important déploiement policier. La circulation a été complètement interrompue vers 7 h 30 et n’a repris qu’à 8 h 40, après que les trois militants furent redescendus et eurent été arrêtés.

Ils pourraient faire face à des accusations de méfait et de complot.

L’une des militantes, Chantal Poulin, est membre de Québec solidaire, a confirmé le député d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc. Il l’a présentée comme une « bonne amie » qui a joué un « rôle à temps plein » dans le comité électoral de QS dans sa circonscription.

Il a également assuré que son parti n’était pas derrière le coup d’éclat.

« Mal nécessaire »

En entrevue avec La Presse, Mme Poulin s’est dite consciente que son geste a pu fâcher certaines personnes.

« C’est dommage, je peux m’excuser auprès de ces gens-là, mais je pense que c’était un mal nécessaire », a dit cette enseignante au primaire.

« Pour nous, arriver en retard au travail, ce n’est rien comparé à ce qui nous attend si on ne fait rien face à l’urgence climatique », a-t-elle ajouté.

Québec solidaire, dont elle est membre, a été le seul parti à l’Assemblée nationale à ne pas condamner la manifestation d’hier matin.

« À ma connaissance, ce sont des gestes pacifiques, des gestes non violents », a expliqué sa co-porte-parole Manon Massé. 

Cette position lui a valu de vives critiques de ses adversaires, qui ont rappelé que QS avait lancé au printemps un « ultimatum » au gouvernement Legault. Il a promis de perturber les travaux parlementaires s’il n’adoptait pas des mesures pour l’environnement.

« Je pense que ça doit être dénoncé, a dit le premier ministre François Legault. Maintenant, est-ce que c’est surprenant que Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé appuient ce genre d’activités, qui nuisent à l’activité régulière des Montréalais ? Il faut leur poser la question. »

Une fête au centre-ville

Toujours à l’invitation d’Extinction Rebellion Québec, en fin d’après-midi, plus d’une centaine de manifestants se sont réunis à la place du Canada hier, pour souligner le premier anniversaire du sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Le groupe s’est mis en branle sur le boulevard René-Lévesque, mais n’a pu avancer plus loin que la rue Mansfield, bloqué par les policiers et leurs véhicules.

« La jeunesse nous parle, a dit à la foule le metteur en scène Dominic Champagne, instigateur du Pacte pour la transition. On veut des politiques à la hauteur de la crise climatique. »

Les manifestants ont fini par s’asseoir dans la rue. Ils sont restés sur place plusieurs heures, dans une ambiance festive. 

Au moment d’écrire ces lignes, le SPVM procédait à l’arrestation d’une quarantaine de personnes couchées au sol, pour entraves.

Déjà-vu

L’action menée hier matin par les militants d’Extinction Rebellion Québec avait un air de déjà-vu pour l’environnementaliste et candidat libéral Steven Guilbeault, qui annonçait hier matin un engagement de son parti en matière de transports en commun.

En juillet 2001, alors qu’il était responsable de la campagne «  Climat et énergie  » de Greenpeace Canada, il avait lui-même escaladé la tour du CN, à Toronto, pour alerter l’opinion publique sur le réchauffement climatique. Il s’est abstenu de cautionner ou de condamner le geste des militants d’Extinction Rebellion Québec.

Un jeune mouvement

Né en octobre dernier en Grande-Bretagne, Extinction Rebellion prône des gestes radicaux, mais non violents, pour alerter l’opinion publique et forcer les gouvernements à adopter des mesures de lutte contre le réchauffement climatique conformes à ce que prône le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Le mouvement a rapidement essaimé un peu partout dans le monde, notamment au Québec, où il s’est formé en décembre. À l’occasion de son premier anniversaire, ainsi que de celui du rapport dans lequel le GIEC affirmait que l’humanité a jusqu’en 2030 pour espérer limiter le réchauffement climatique sous la barre des 2 °C, Extinction Rebellion a donné le coup d’envoi lundi à deux semaines d’actions de désobéissance civile un peu partout dans le monde.

— Janie Gosselin, La Presse

Procès de l’ex-maire de Terrebonne

Un témoin évoque les nombreux cadeaux reçus de la part d'entrepreneurs

Saint-Jérôme — L’ex-maire de Terrebonne, son chef de cabinet et le directeur de l’ingénierie de la municipalité ont été invités à un voyage de pêche d’une semaine dans la baie d’Ungava par le dirigeant d’une firme de génie au cœur du système de partage de contrats à Terrebonne, a raconté hier un témoin au procès pour corruption de Jean-Marc Robitaille et de trois accusés.

Ce voyage de pêche de 2003 avec l’ex-maire et plusieurs entrepreneurs fait partie des nombreux cadeaux qu’admet avoir reçus de la part d’entrepreneurs le témoin de la Couronne Marc Bouchard, alors qu’il était directeur du Génie et des projets spéciaux à Terrebonne, dans les années 2000 et 2010.

Le haut fonctionnaire maintenant retraité avait été invité par André de Maisonneuve, de la firme BPR Triax. Ce dernier avait la mainmise sur les contrats de génie attribués sur la moitié du territoire de Terrebonne. « Il m’a invité. Qui a payé le voyage ? Je n’en ai aucune idée », a-t-il lâché. Il n’a aussi jamais été question de contrats pendant le voyage, a-t-il admis en contre-interrogatoire.

Billets de hockey gratuits, repas, bouteilles de vin et parties de golf : le témoin profitait de la générosité des entrepreneurs qui faisaient affaire avec la municipalité, comme bien des élus et hauts fonctionnaires, relève-t-il. « C’était la culture dans le temps », résume-t-il.

Partage du territoire

Selon le témoin, deux firmes de génie se partageaient tous les contrats sur invitation à Terrebonne en vertu d’une « directive » émanant de la direction générale de la municipalité. « Le directeur général m’a rencontré [en 2002] pour m’annoncer que pour faire fonctionner la Ville pour les appels d’offres, on invitait les deux mêmes firmes pour le dossier sous invitation », a-t-il expliqué.

Les deux firmes se partageaient le territoire de la municipalité dès le début des années 2000. La firme BPR Triax d’André de Maisonneuve profitait de l’ancienne ville de Terrebonne, alors que la firme LBHA de Jean Leroux (un coaccusé dans la cause maintenant décédé) avait l’exclusivité pour La Plaine et Lachenaie.

Les contrats partagés étaient uniquement ceux de 25 000 $ à 100 000 $, puisqu’ils n’avaient pas besoin d’être attribués par appel d’offres public. Selon Marc Bouchard, les deux firmes touchaient environ 80 % des mandats à Terrebonne. La directive a été maintenue jusqu’en 2011.

« Directive » au cœur de la corruption

Selon la théorie de la Couronne, Jean-Marc Robitaille est à l’origine de la « directive » au cœur du système de corruption « permis et maintenu » par le maire et ses bras droits de 2000 à 2012. Ceux-ci ont profité de différents avantages grâce à ce système miné par la corruption : voyages de pêche, séjours à Las Vegas, ristournes en argent comptant, rénovation de chalet.

« Les promoteurs qui faisaient affaire sur le territoire de Terrebonne subissaient donc les pressions de l’administrateur qui les incitaient à recourir à ces firmes pour le développement de leur projet. Cette directive constitue ni plus ni moins que la pierre d’assise du système de corruption mis en place », a déclaré Me Martin Duquette lundi.

Jean-Marc Robitaille, son ex-chef de cabinet Daniel Bélec, l’ancien directeur général Luc Papillon et l’entrepreneur Normand Trudel sont tous accusés de corruption dans les affaires municipales et d’abus de confiance. Ils ont été arrêtés l’an dernier par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

L’ancien directeur général de Terrebonne devrait témoigner aujourd’hui.

Projet de loi sur les taxis

Québec ne ferme pas la porte à un bâillon

Québec — Le gouvernement Legault mise sur la collaboration des partis de l’opposition pour adopter avant demain le projet de loi libéralisant l’industrie du taxi. En cas d’impasse, Québec n’a pas exclu hier d’avoir recours au bâillon.

En mêlée de presse hier, François Legault a affirmé : « Quand ça fait 70 heures qu’on débat d’un projet de loi en commission parlementaire, je pense [qu’on a dit] ce qu’il y avait à dire. »

Quand on lui a demandé, à plusieurs reprises, s’il envisageait de recourir au bâillon pour faire adopter sa loi avant la fin de la semaine, le premier ministre a répété qu’il souhaitait surtout la collaboration des partis d’opposition et que celles-ci pouvaient « toujours voter contre » le projet de loi.

Le gouvernement souhaite adopter le projet de loi cette semaine, alors que le projet pilote permettant à Uber d’exercer ses activités légalement au Québec prend fin lundi.

« Vide juridique »

« On tombe dans un vide juridique [si on n’adopte pas le projet de loi]. Il faut donc qu’il soit adopté », a dit M. Legault.

Lundi, le ministre des Transports, François Bonnardel, a annoncé de nouvelles mesures à coût nul pour répondre à certaines demandes de l’industrie du taxi, en colère depuis plusieurs mois contre son projet de loi normalisant la présence d’Uber au Québec.

Québec a entre autres proposé d’amender son projet de loi afin de devancer le paiement d’une redevance temporaire de 0,90 $ par course qui doit servir à dédommager les personnes titulaires d’un permis de taxi, bientôt aboli. Selon le scénario initial, cette redevance d’une totalité maximale de 270 millions devait se faire sur une période de cinq à six ans. Un paiement serait désormais fait « dans les prochains mois », a-t-on expliqué lundi.

Écoles 

Montréal débloque 25 millions pour sécuriser les zones scolaires

La Ville de Montréal délie les cordons de sa bourse pour améliorer la sécurité aux abords des écoles. Conformément à ses engagements pris il y a environ un an, une somme de 25 millions est dégagée pour inciter tous les arrondissements de la métropole à soumettre des projets de sécurisation à proximité des établissements scolaires.

Concrètement, l’argent peut servir à élargir les trottoirs, aménager des débarcadères aux entrées des écoles, construire des dos d’âne ou installer des feux de circulation avec décompte numérique pour les piétons. Toutes les options sont ouvertes.

À la Ville, on explique que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) devient « sans pitié » pour les contrevenants autour des écoles. On rappelle que pour 2017-2018, 81 jeunes de 5 à 17 ont été impliqués dans des accidents dans un environnement scolaire, qui ont souvent entraîné des blessures graves.

L’administration de Valérie Plante veut que les arrondissements travaillent avec les directions d’école.

« Il n’y aura plus de chasse gardée administrative. L’enveloppe financière sera ouverte à des projets, que ce soit pour une rue locale ou artérielle », a expliqué Éric Alan Caldwell, élu responsable de l’urbanisme et de la mobilité dans l’équipe de Valérie Plante.

Pour en faire l’annonce, le conseiller de ville avait convoqué les médias, hier matin, aux abords de l’école Saint-Anselme, à l’angle des rues de Rouen et Bercy, dans l’arrondissement de Ville-Marie. À cet endroit, a expliqué la conseillère Sophie Mauzerolle, des saillies de trottoir ont été aménagées, des supports à vélo ont été installés et un tronçon de la rue a été fermé et transformé en petite place publique, avec des bancs, de la verdure.

« Nous sommes dans un secteur où il y a un grand nombre de piétons et de cyclistes à Montréal, mais nous subissons aussi un transit automobile élevé. Des afficheurs de vitesse ont aussi été installés », a-t-elle souligné.

Plan d’action

L’an dernier, la Ville de Montréal a adopté le plan d’action Vision zéro décès et blessé grave 2019-2020 comme première étape pour réduire le sombre bilan sur le réseau routier. Il est question d’une vingtaine d’actions concrètes pour entre autres corriger des lacunes géographiques.

À la Direction de santé publique de Montréal, le médecin et chercheur Patrick Morency consacre une partie de ses travaux à la problématique. Il ne peut que saluer le programme de sécurisation qui va au-delà des classiques campagnes de sensibilisation, avec l’affichage de vitesse.

« Pour une fois, on nomme de réelles stratégies environnementales, note-t-il. On donne les moyens de marcher en toute sécurité aux enfants, mais aussi à tout le monde, aux aînés entre autres. »

L’un des défis de taille du plan de l’administration montréalaise sera de parvenir à sécuriser les grandes artères où la cohabitation entre les piétons et les poids lourds est un vrai casse-tête. Plusieurs grandes intersections sont problématiques : on n’a qu’à penser aux boulevards Henri-Bourassa, Crémazie et Newman, ou encore à la rue Sherbrooke. Des mesures ont aussi été promises pour faciliter les déplacements des aînés aux intersections.

Gouvernance scolaire

La FAE déclare la guerre au ministre Roberge

Québec — La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) accuse Jean-François Roberge de « s’approprier des pouvoirs comme jamais » et d’« insulter » les enseignants avec le projet de loi 40 sur la gouvernance scolaire, qui « contient tout ce dont les profs n’ont pas besoin ». En conférence de presse, hier, le président de la FAE, Sylvain Mallette, a accusé le ministre de l’Éducation d’être un « Gaétan Barrette », ce qui n’était visiblement pas un compliment. « Le ministre s’approprie des pouvoirs comme jamais», a-t-il ajouté. Le 1er octobre dernier, le gouvernement Legault a présenté le projet de loi 40 transformant les commissions scolaires en centres de services. La FAE estime toutefois que ce projet ne respecte pas « l’autonomie professionnelle des enseignants » et donne au contraire plus de pouvoirs aux directions d’école et à des personnes qui ne sont pas en classe avec les élèves.

— Hugo Pilon-Larose, La Presse

Laval

Bruny Surin se lance en politique municipale

Bruny Surin, médaillé olympique spécialiste du 100 mètres, se lance en politique municipale. Il brigue un poste de conseiller municipal de la Ville de Laval à l’occasion de l’élection partielle dans le district Marc-Aurèle-Fortin, qui se tiendra le 24 novembre. Il entend ainsi grossir les rangs du parti du maire Marc Demers, le Mouvement lavallois. Le maire de Laval a salué sa mise en candidature, hier matin, en soulignant que Bruny Surin était un athlète, un entrepreneur et un philanthrope inspirant. « Sa personnalité et son expérience font de lui un candidat de grande qualité qui contribuera au rayonnement de notre magnifique ville », a souligné Marc Demers.

— Sara Champagne, La Presse

Profilage racial

Québec prépare une formation pour les futurs policiers

Québec — Québec organise avec l’École nationale de police un « séminaire sur le profilage racial et social » qui se tiendra au printemps, a dit hier Geneviève Guilbault, au lendemain de la publication d’un rapport démontrant qu’il y a un biais systémique contre les Noirs, les Arabes et les autochtones au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). « Le Ministère pilote [aussi] un comité de travail qui est issu du milieu policier avec divers représentants d’organisations policières […] [et qui] se penche sur cette problématique [du profilage racial] depuis plusieurs années. Plus tôt cette année, j’ai demandé […] que des représentants de la société civile soient inclus dans les travaux [pour qu’on trouve] tous ensemble des solutions concrètes », a ajouté la ministre de la Sécurité publique, questionnée par Québec solidaire (QS) au Salon bleu. Plus tôt en journée, le premier ministre François Legault s’était aussi dit « inquiet » que les Noirs, les Arabes et les autochtones soient interpellés de façon disproportionnée par le SPVM. « Nous pouvons être inquiets par ce qui se passe au SPVM, et j’étais content d’entendre le [chef de police] hier dire qu’il faut faire des changements, parce que c’est inacceptable », a dit le premier ministre, hier, lors d’une mêlée de presse.

— Hugo Pilon-Larose, La Presse 

Deux accidents de travail mortels

Deux hommes sont morts, hier, dans des accidents de travail impliquant des véhicules. Un travailleur dans la cinquantaine a été heurté par un camion, vers 13 h 30, sur un chantier de construction à Sainte-Clotilde, en Montérégie. Le camion faisait une manœuvre de recul lorsqu’il est entré en collision avec l’homme, a précisé Marie-Pier Lorrain, porte-parole de la Sûreté du Québec. Son décès a été constaté à l’hôpital. Vers 13 h 45, le conducteur d’une bétonnière a lui aussi trouvé la mort dans un accident, à Petite-Rivière-Saint-François, dans la région de la Capitale-Nationale. L’homme dans la quarantaine aurait perdu la maîtrise du véhicule dans une courbe. En se renversant sur le côté, la bétonnière a emprisonné l’homme. Des pinces de désincarcération ont dû être employées. Sa mort a été constatée à l’hôpital.

— Janie Gosselin, La Presse

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