Le feuilleton est terminé

Le divorce a été prononcé : le Tricolore a échangé Max Pacioretty aux Golden Knights de Vegas, hier. Mais le capitaine voulait-il vraiment partir ? Là-dessus, les versions divergent…

Un divorce acrimonieux

Il y a des divorces plus compliqués que d’autres, et celui impliquant Max Pacioretty et le Canadien entre assurément dans la catégorie des divorces très compliqués.

Ainsi, c’est une petite bombe qu’a larguée Marc Bergevin au traditionnel tournoi de golf du Canadien, hier matin à Laval. Invité à expliquer les circonstances qui ont mené à l’échange de Pacioretty aux Golden Knights de Vegas, dans la nuit de dimanche à hier, le directeur général a affirmé que c’est le joueur de 29 ans qui a lui-même insisté pour sortir de Montréal.

Souvent, en plus.

« À plusieurs reprises l’an passé, Max a demandé une transaction, a affirmé le DG montréalais. On a décidé que c’était mieux pour les deux parties que Max aille dans une nouvelle équipe. »

Hier en journée, une source du clan Pacioretty a pourtant expliqué à La Presse que si le joueur américain avait choisi de s’impliquer dans la fondation de l’Hôpital général de Montréal, en plus d’acheter une nouvelle demeure à Westmount, ce n’était pas dans le but de quitter la ville au plus vite.

Cela s’ajoute aux récentes déclarations du clan Pacioretty, l’agent Allan Walsh en tête, qui a déjà nié avoir formulé une demande de transaction.

Mais Bergevin a insisté : « Je suis ici pour donner les faits. Je ne mentirai pas. Je n’entrerai pas dans les détails. Ce sont des faits, c’est quelque chose qui lui appartient. Il a le droit. »

« Comme organisation, on avait des responsabilités à prendre, on l’a fait, et on est fiers de ce qu’on a réussi à acquérir. »

— Marc Bergevin

Rappelons donc ce que le Canadien a réussi à acquérir : l’attaquant Tomas Tatar, 28 ans en décembre, qui ne figurait plus dans les plans à Vegas et qui arrive avec un lourd contrat encore bon pour trois ans à une moyenne salariale de 5,3 millions de dollars (les Knights retiendront 500 000 $ de cette somme annuellement), un choix de deuxième tour au repêchage de 2019 et l’espoir Nick Suzuki, qui constitue la pièce maîtresse de ce marché – il a récolté 100 points avec son équipe junior ontarienne la saison dernière.

« Il va bien s’intégrer »

Pendant qu’à Montréal, on cherche encore à comprendre les véritables raisons du divorce entre le Canadien et Pacioretty, à Vegas, on se frotte les mains de satisfaction.

« Ç’a pris du temps, jusqu’à la dernière minute avant 19 h [dimanche soir], mais nous nous sommes entendus, a indiqué le directeur général des Golden Knights George McPhee, hier à Las Vegas, selon NHL.com. [Max Pacioretty] est un marqueur. Il nous apporte de la vitesse et il va bien s’intégrer ici… Il peut jouer dans différentes situations, que ce soit pour marquer ou protéger une avance. »

On devine que le club de Vegas n’aurait pas accepté cet échange sans savoir que Pacioretty allait être ouvert à une nouvelle entente, et l’équipe a confirmé hier un nouveau contrat avec le joueur américain. 

Le pacte de Max Pacioretty avec les Golden Knights, d’une durée de quatre ans, est chiffré à une moyenne de 7 millions de dollars par saison.

Avec tout ça, c’est un autre joueur d’impact qui quitte le camp montréalais. Mais Marc Bergevin refuse toujours de parler de reconstruction.

« Je ne suis pas prêt à employer ce mot-là parce que ça veut dire qu’on change tout et qu’on repart à zéro. On ne fait pas ça […], on veut être compétitifs pour pouvoir participer aux séries cette année. »

Chronologie

22 juin 2007

Avec un choix acquis dans la transaction qui a envoyé Craig Rivet à San Jose, le Canadien repêche Max Pacioretty (22e rang). À l’époque, certains avaient décrié le fait que le Tricolore avait passé outre le Québécois David Perron. Aujourd’hui, Pacioretty a quatre points de plus que Perron, en 96 matchs de moins.

2 janvier 2009

À son tout premier match dans la LNH, Pacioretty inscrit le premier de ses 226 buts avec le Canadien.

Novembre 2010

Pacioretty suscite un lot de réactions en déclarant qu’il préfère, pour son développement, jouer dans la Ligue américaine plutôt que dans un troisième ou un quatrième trio dans la LNH.

12 décembre 2010

Un mois après ses déclarations, il est rappelé, et ne sera plus jamais rétrogradé. Il termine la saison avec 24 points, dont 14 buts, en 37 matchs.

8 mars 2011

Sa saison prend fin de façon brutale, quand Zdeno Chara le plaque durement dans la baie vitrée. Pacioretty est évacué sur une civière dans un Centre Bell silencieux. L’Américain souffrira d’une commotion cérébrale et d’une fracture à une vertèbre.

7 avril 2012

Pacioretty prouve qu’il n’a conservé aucune séquelle de son accident. Il conclut sa première saison complète au 1er rang du CH avec 65 points, et remporte le trophée Bill-Masterton deux mois plus tard.

13 août 2012

Pacioretty signe une entente de 6 ans et 27 millions de dollars avec le CH. Il s’agit d’un des meilleurs contrats accordés par Marc Bergevin.

18 novembre 2013

Pacioretty déplore le style du Canadien, jugeant que l’équipe joue trop sur les talons, des propos vus par certains comme une critique de Michel Therrien. Le lendemain, Pacioretty met fin à une léthargie de huit matchs sans but en inscrivant un tour du chapeau contre le Wild du Minnesota.

15 septembre 2014

Le Canadien annonce qu’il passera la saison sans capitaine, à la suite du départ de Brian Gionta. Pacioretty est nommé assistant, en compagnie de P.K. Subban, Andrei Markov et Tomas Plekanec.

18 septembre 2015

Au terme d’un vote tenu parmi les joueurs, Pacioretty est nommé le 29e capitaine de l’histoire. Il se montrera très ému en conférence de presse.

9 janvier 2016

Le Canadien traverse une période difficile et la tension monte. Après un revers contre les Penguins de Pittsburgh, P.K. Subban lève le ton pendant une entrevue dans le vestiaire et lance quelques jurons. Pacioretty, alors en train de parler devant les caméras, se tourne vers Subban, un regard qui sera perçu par plusieurs comme un indice de la tension entre les deux coéquipiers.

2 mars 2018

Pacioretty se blesse à un genou et la saison la plus difficile de sa carrière est terminée. Il est limité à 17 buts et 20 aides en 64 matchs, ce qui met un terme à sa séquence de 4 campagnes de suite d’au moins 30 buts et 60 points.

23 juin 2018

Les rumeurs de transaction entourant Pacioretty foisonnent lors du repêchage. Puis, au moment où la séance tire à sa fin, le samedi, l’agent Allan Walsh largue une bombe : il annonce sur Twitter qu’il est le nouveau représentant de Pacioretty, prenant ainsi la place du réputé Pat Brisson.

30 août 2018

Walsh confirme sur Twitter que le Canadien et les Kings de Los Angeles s’étaient entendus sur une transaction impliquant Pacioretty, transaction qui a avorté quand Pacioretty a été incapable de s’entendre avec les Kings. Deux jours plus tôt, Bergevin et son capitaine s’étaient donné la poignée-de-main-vue-aux-quatre-coins-du-monde, lors du tournoi de golf annuel de Pacioretty.

— Guillaume Lefrançois, La Presse

Développer Suzuki, relancer Tatar

Aucun doute, c’est avec Nick Suzuki que le Canadien a le plus de chances de gagner la transaction qui a envoyé Max Pacioretty à Vegas. D’abord, parce que l’attaquant est bourré de talent. Ensuite, parce qu’il peut à la fois jouer au centre et à l’aile. Regard en quatre temps sur cet échange.

1. La question qui tue

Sur HockeyDB, Suzuki est identifié comme un centre. Par contre, il y a lieu de croire que son avenir passe davantage par l’aile, pour l’heure. Dans le Las Vegas Review-Journal de dimanche, on rapporte que l’entraîneur-chef du club-école des Golden Knights, Rocky Thompson, a refusé de répondre quand il s’est fait demander s’il voyait Suzuki au centre à long terme. « L’année de son repêchage, on a vu un joueur qui pouvait jouer au centre ou à l’aile, a expliqué le directeur général Marc Bergevin. Nous savons qu’il a joué beaucoup à l’aile l’an dernier, mais c’est au niveau junior. Nous savons qu’au tournoi des recrues, il jouait à l’aile. Je ne vais pas vous dire : “Oui, il jouera au centre”, parce que je ne le sais pas. […] Chez les jeunes, même des centres qui jouent des saisons à cette position deviennent des ailiers chez les pros. Mais nous avons de bons jeunes centres qui s’en viennent. Il y a aussi de la place à l’aile avec le départ de Max. »

2. Un talent indéniable

Chez le Canadien, Victor Mete est sans doute celui qui connaît le mieux Suzuki. Pendant les deux saisons où les deux se sont affrontés dans la Ligue junior de l’Ontario, il y a eu 17 duels (incluant les séries éliminatoires) entre les Knights de London de Mete et l’Attack d’Owen Sound de Suzuki. Mete se souvient particulièrement du match du 17 février 2017, une défaite de 6-1 des Knights. « Je me souviens d’un match où il avait eu six points ! C’était un joueur très solide, a expliqué Mete au tournoi de golf du Canadien, hier. Il est tout en finesse, il a un bon tir, il peut marquer, il a amassé 100 points l’an passé. Il était dur à contenir. Il deviendra un bon joueur dans la LNH. »

3. Encore un an ou deux ?

Suzuki devrait se rapporter au camp d’entraînement du Canadien plus tard cette semaine. L’entraîneur-chef Claude Julien pourra donc se faire une tête à son sujet. Pourrait-il causer la surprise comme Mete l’an passé ? « Pourquoi pas ? On a fait de la place pour Mete l’an passé parce qu’il l’a méritée. Ça ne change pas de notre côté : si un joueur mérite d’être ici, on va lui faire de la place. Victor devait retourner dans le junior, mais il n’était pas question de le retourner, de la façon qu’il jouait. » Par contre, si on se fie aux propos de George McPhee, directeur général des Golden Knights, il ne faut pas s’attendre à voir le joueur de 19 ans enflammer le Centre Bell dès cette saison. « Il est à un an ou deux de jouer », a estimé McPhee, hier, aux médias de Las Vegas. Suzuki a terminé 5e de la Ligue junior de l’Ontario l’an dernier avec 100 points. Il pourrait toutefois ajouter le Mondial junior à son CV cette saison, après avoir été invité au tournoi estival d’Équipe Canada.

4. Et Tatar ?

Tatar, 27 ans, vient de connaître une saison couci-couça avec 20 buts et 14 aides pour 34 points en 82 matchs, avec Detroit et Vegas. C’était sa quatrième saison de suite de 20 buts ou plus. Il a connu sa meilleure campagne en 2014-2015, établissant des sommets personnels pour les buts (29), les aides (27) et les points (56), mais sa production a chuté depuis. À la date limite des transactions, les Red Wings ont vu l’occasion de larguer un lourd contrat tout en obtenant trois choix au repêchage, dont un de premier tour. Tout ça pour un joueur qui n’a finalement pas rempli les promesses vues en lui il y a trois ans. « C’est un joueur capable d’amener un aspect offensif, et avec le départ de Max, on devait remplacer ça », a dit Bergevin.

La transaction en chiffres

10

Avec l’acquisition du choix de 2e tour des Golden Knights (qui est en fait le choix des Blue Jackets de Columbus), le Canadien compte maintenant 10 choix en vue du repêchage de 2019, selon CapFriendly. L’équipe a deux droits de parole aux 2e, 4e et 5e tours.

3

De tous les joueurs qui étaient dans l’organisation du Canadien lors de l’embauche de Marc Bergevin comme directeur général en 2012, il n’en reste plus que trois avec l’équipe : Carey Price, Brendan Gallagher et Tomas Plekanec. Ce dernier a toutefois été membre des Maple Leafs de Toronto pendant quatre mois la saison dernière.

4

Jaroslav Halak et, dans une moindre mesure, Peter Budaj ont fait leur marque lors de leur passage à Montréal. Mais le Tricolore n’a pas une grande tradition de joueurs slovaques dans ses rangs. Tatar sera seulement le quatrième patineur de l’histoire du Canadien originaire de ce pays. Les trois autres ? Richard Zednik et les très éphémères Marcel Hossa et Jozef Balej.

4,8

C’est l’impact, en millions de dollars, du contrat de Tomas Tatar sous le plafond salarial, une entente bonne jusqu’en 2021. Dans les faits, l’entente de Tatar a une valeur moyenne de 5,3 millions, mais les Knights ont accepté de retenir 500 000 $ de son salaire. Cette économie sera toutefois nulle cette saison, puisque le Tricolore retient 450 000 $ de la dernière année de contrat de Pacioretty.

5

Nick Suzuki (13e, 2017) est le cinquième ancien choix de premier tour que Bergevin obtient cet été, après Max Domi (12e, 2013), Joel Armia (16e, 2011), Hunter Shinkaruk (24e, 2013) et Simon Després (30e, 2009, seulement à l’essai pour le moment). Évidemment, le potentiel d’un coup de circuit est plus élevé avec Suzuki, puisqu’on connaît moins les limites de son potentiel que celles des quatre autres.

69

À eux deux, Max Pacioretty et Alex Galchenyuk ont marqué 69 buts en avantage numérique pour le Canadien depuis 2013. Ce chiffre passe à 83 si on additionne les buts de Shea Weber, qui ratera les premiers mois de la saison. Ce sera donc tout un trou à combler pour Kirk Muller.

10.11.2018

C’est dans deux mois, le 10 novembre, que Max Pacioretty renouera avec les partisans du Canadien, lors de la visite des Golden Knights au Centre Bell. De quoi reléguer au second plan le retour tant attendu de Daniel Carr à Montréal.

Pensons succession

Qui sera le prochain capitaine du Tricolore ?

À 1 h du matin hier, le Canadien de Montréal avait encore un capitaine. Il est encore tôt pour parler de la suite, mais n’empêche, il faut commencer à y penser. On peut au moins s’amuser un peu en établissant la liste des successeurs potentiels à Max Pacioretty.

Marc Bergevin, dans tous les cas, n’est vraiment pas pressé de le faire. « La transaction est arrivée hier soir tard. On va s’asseoir dans les prochaines semaines et en discuter. Pour l’instant, je n’ai pas pensé à ça. »

Est-ce que ce sera un vote des joueurs ou une décision de la direction ? Il ne le sait pas. Est-ce que le Canadien aura un capitaine avant le début de la saison ? Bergevin assure qu’il n’a pas d’échéancier sur la question.

« On vient de faire un échange hier soir, il y a un élément respect, a dit pour sa part Claude Julien. Regarde les Islanders, ils ne se sont pas tournés de bord pour nommer un capitaine tout de suite [après le départ de John Tavares]. Ça ne presse pas. On doit prendre le temps de bien y penser. »

Justement, amorçons donc la réflexion avec les trois joueurs, pour l’instant, qui sont au-devant dans la course.

Brendan Gallagher

Certainement l’un des choix les plus populaires parmi les partisans et sans l’ombre d’un doute une candidature qui va de soi. Il revient d’une saison de 31 buts, obtenus à la pioche et à la pelle. Il est charismatique, connaît bien Montréal et ses aléas et s’exprime avec éloquence devant les médias. En plus, il a été capitaine avec les Giants de Vancouver, au niveau junior, et porte déjà le A.

« C’était un honneur d’être capitaine avec les Giants, mais ça n’a pas changé qui j’étais. Ça ne change pas ta manière d’aborder les matchs, tu dois faire ton travail. Si tu es capable d’être un leader, que tu possèdes ces impondérables, la lettre ne change rien. C’est surtout un honneur. »

Du même coup, Gallagher juge qu’il serait tout à fait capable de remplir l’exigeante fonction, mais « comme plusieurs autres aussi ». Peut-être, mais il n’y a pas tant de ces « plusieurs autres » qui sont allés au front soir après soir dans des causes souvent désespérées. Puis qui sont allés faire face aux journalistes quelques minutes plus tard pour expliquer la défaite.

Gallagher est un joueur passionné. À preuve sa « règle des deux heures », période durant laquelle il laisse libre cours à sa colère après une défaite. Gallagher a aussi pris un plus grand rôle dans sa communauté la saison dernière, notamment comme ambassadeur de l’hôpital Shriners pour enfants. Juge-t-il être à un moment de sa carrière où il pourrait accepter les responsabilités qui incomberont au 30e capitaine de l’histoire du Canadien ?

« Chaque année, j’ai ajouté des aspects de leadership à mon jeu, et c’est parce que j’étais à côté de bons leaders. Je ne crois pas que le C importe tant que ça, je veux seulement faire tout ce que je peux pour aider l’équipe. Une grande partie de mon jeu est de mener par l’exemple et de ne pas prendre de congé. Si tu le fais, les qualités de leadership vont venir d’elles-mêmes. »

Par contre, on peut se demander si Gallagher a la réputation et la maîtrise de soi nécessaires pour argumenter avec les arbitres comme doit le faire un capitaine. Aussi, pourra-t-il encore longtemps tenir le coup s’il continue à jouer à ce rythme ?

Shea Weber

Shea Weber est le leadership fait homme. Il inspire le respect dès qu’il entre dans un vestiaire, et nombreux sont ses anciens coéquipiers à le confirmer. Il a été durant six ans capitaine des Predators de Nashville. Il a été adjoint au capitaine pour le Canada notamment aux Jeux olympiques de Sotchi et à la Coupe du monde, et dans les deux cas, il a gagné l’or.

Weber est un monstre sur la glace, à 6 pi 4 po et plus de 230 lb. La plupart du temps, les rivaux vont éviter son côté en entrée de zone, pour leur propre santé. Ce qui peut devenir complexe parce que Weber passe pratiquement la moitié du match sur la glace.

L’entraîneur des Maple Leafs de Toronto, Mike Babcock, a le mieux résumé l’impact de Weber quand il s’est fait demander ce qu’il pensait de l’apport du défenseur au Canadien. « Si vous ne le voulez pas, on va le prendre. » « Je crois fermement qu’il a été le joueur le plus important de l’histoire de la franchise et qu’il le restera toujours », avait dit son ancien DG chez les Predators de Nashville, David Poile.

Évidemment, à titre de co-favori pour la succession de Pacioretty, on lui a demandé ce qu’il penserait de l’offre. « Par respect pour Max, j’aimerais mieux ne pas toucher à ce sujet. Il vient d’être échangé. L’équipe va composer avec ça en temps et lieu. »

Voilà exactement le point négatif de Weber. Il s’exprime rarement aux médias, et quand il le fait, c’est généralement plutôt bref. Or, c’est une des responsabilités du capitaine du Canadien de rencontrer presque quotidiennement les médias. Cela dit, Brian Gionta n’était pas non plus le plus loquace, et il a fini par bien s’acquitter de cette tâche.

Tomas Plekanec

Par respect, ajoutons donc le nom de Tomas Plekanec dans la discussion. En cours de saison, il atteindra le cinquième rang des joueurs de l’histoire qui ont disputé le plus de matchs dans l’uniforme du Canadien, derrière Henri Richard, Larry Robinson, Bob Gainey et Jean Béliveau. Toutes ces légendes ont d’ailleurs porté le C, bien que dans le cas de Robinson, il ait été promu pendant une blessure à Gainey.

Plekanec lui-même n’est pas étranger à ce rôle puisqu’il a été capitaine de la République tchèque aux Jeux olympiques et à la Coupe du monde.

Sans oublier que Plekanec connaît Montréal. Il aime tellement la ville qu’il a accepté de revenir le 1er juillet dernier après avoir été échangé à la date limite des transactions. Il a une réputation enviable et il est l’exemple à suivre pour chaque jeune qui veut apprendre les rudiments du jeu défensif.

Il y a un seul problème, et c’en est un gros : il ne veut rien savoir de ce rôle…

« Le C ? Moi ? Elle est bonne ! Prochaine question. Évidemment ça serait un honneur. Mais mon rôle est d’être ici un an ou deux, peu importe, et aider les jeunes à progresser et trouver des joueurs qui seront des meneurs pendant plusieurs années, et ramener la Coupe Stanley. »

Puis un journaliste lui a demandé si c’était parce qu’il ne voulait pas avoir à parler aux journalistes chaque jour. Son visage s’est illuminé d’un large sourire.

« Tu réponds à ta question ! »

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