Science

Archéologues des sept mers

Grâce aux progrès des radars et des drones, l’archéologie maritime connaît depuis la dernière décennie un boum sans précédent. Des cimetières marins des guerres aux graffitis préhistoriques maltais ou thaïlandais, voici un florilège des dernières découvertes.

Les pêcheurs du néolithique

Les Bretons préhistoriques fabriquaient des trappes à poissons en pierre, selon des chercheurs de l’Université de Rennes. Il y a 4000 à 7000 ans, les rives de l’archipel de Molène étaient fréquemment submergées par la marée haute. Les pêcheurs ont donc fabriqué des digues pour emprisonner des poissons dans des mares à marée basse.

Les premiers Maltais

Des graffitis de bateaux mis au jour dans les années 50 dans un temple de l’île de Malte remontent probablement à un premier lieu de culte préhistorique, selon une nouvelle analyse de dessins de l’archéologue britannique ayant découvert les temples de Tarxien il y a un siècle. Les graffitis ont depuis été érodés par l’air libre et la lumière et ne sont plus visibles. Les dessins sont ceux de navires semblables à d’autres graffitis en Sicile montrant des radeaux primitifs qui ont probablement servi à la colonisation de Malte par les Siciliens, il y a 5000 ans.

Touché-coulé

L’équipage du premier sous-marin à avoir coulé un navire, en 1864, est probablement mort en même temps que les marins de sa proie. Le Hunley sudiste, qui a coulé le Housatonic, un navire assurant le blocus maritime du Sud par le Nord, a été localisé en 1995 dans le canal menant au port de Charleston, en Caroline du Sud, et remonté en 2000. Depuis, des historiens de l’Université de Clemson le nettoient et ont annoncé l’an dernier que, selon leurs calculs, les dommages subis par le Hunley lors de l’explosion de sa torpille, située au bout d’un bélier fixé au sous-marin, étaient tels que les huit membres d’équipage sont probablement morts sur le coup. Les autres dommages à l’épave, qui laissaient penser qu’elle avait heurté un autre navire, ont été causés par les marées.

La bataille du Jutland

Le cimetière marin de la bataille du Jutland, qui a opposé les marines britannique et allemande le 31 mai 1916 en mer du Nord, a été pillé à répétition par des récupérateurs de métal, selon des archéologues de l’Université de Bournemouth, en Angleterre. Ces derniers examinent l’emplacement et l’état de chaque navire coulé, pour vérifier si les rapports de l’époque étaient exacts. Ils ont ainsi récemment découvert que le croiseur Indefatigable a subi une seconde explosion qui l’a brisé en deux, et a coulé plus lentement que les autres navires britanniques ne l’avaient rapporté. La dernière épave du cimetière, qui est situé en eaux peu profondes (50 m) près du Danemark, a été identifiée en 2016. L’épave de l’Indefatigable a été découverte en 2001.

Du bois de 2000 ans

Un vaste projet d’archéologie sous-marine au port antique de Léchaion, dans le golfe de Corinthe, en Grèce, vient de publier ses nouvelles découvertes : la première preuve physique d’un tremblement de terre qui a frappé la région en 70 après Jésus-Christ, de même que l’évolution des techniques de construction des ports du VIIe siècle avant Jésus-Christ jusqu’à l’époque byzantine, dans la deuxième moitié du premier millénaire. Les archéologues danois et grecs travaillant sur le port depuis 2013 ont récemment mis au jour un pieu de bois d’un quai bâti il y a 2000 ans en parfait état.

Pas de Vikings en Thaïlande

La caverne des Vikings à Tham Phrayanaga, près de Phuket, en Thaïlande, n’a probablement pas eu de visite de la Scandinavie, selon une nouvelle étude publiée dans le Journal of Nautical Archeology. Des chercheurs des universités de Bangkok, de Malaisie et de Griffith, en Australie, ont analysé des graffitis vieux de 300 à 600 ans qui attirent les touristes dans cette caverne, et ont conclu qu’ils représentaient des navires arabes, portugais, néerlandais et britanniques.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.