« NOUS LA REBÂTIRONS »

Impuissants, les Parisiens ont assisté hier à l’agonie de la mythique cathédrale Notre-Dame de Paris, ravagée par un violent incendie. Le brasier a emporté la flèche, mais a épargné la structure et les clochers. Notre-Dame renaîtra de ses cendres, a promis le président Emmanuel Macron.

INCENDIE À Notre-Dame de Paris

paris pleure sa cathédrale

Elle a vu défiler huit siècles et demi, a survécu à deux guerres mondiales. Mais jamais n’avait-elle affronté un assaut d’une telle violence.

Un incendie a ravagé la mythique cathédrale Notre-Dame de Paris, hier, plongeant la France dans un mélange d’incrédulité et de deuil. Les Parisiens se sont réunis par milliers pour assister, impuissants, à l’agonie de l’un des symboles européens les plus puissants.

On a cru pendant un moment que le feu était incontrôlable et que le monument ne pourrait être sauvé, mais les autorités ont finalement révélé que la structure avait tenu le coup, tout comme les deux immenses clochers. La toiture a pour sa part été ravagée aux deux tiers, selon le chef des pompiers.

« Notre priorité, c’était de sauver les deux beffrois (partie qui supporte les tours), et les deux beffrois ont été sauvés. Imaginez : la charpente des beffrois fragilisée, les cloches qui s’effondrent, c’était vraiment notre crainte ! », a dit le lieutenant-colonel Gabriel Plus, porte-parole des pompiers. 

L’événement n’a fait aucun mort, mais un blessé grave parmi les pompiers.

Au moment de publier, personne ne savait avec certitude dans quelles circonstances l’incendie s’est allumé – il aurait pris naissance aux alentours d’échafaudages installés sur le toit de l’édifice. Les premières hypothèses ont pointé vers les rénovations majeures dont faisait l’objet le bâtiment. Le parquet parisien a déjà annoncé le déclenchement d’une enquête à ce sujet. Jusqu’à preuve du contraire, l’événement est considéré comme accidentel. La thèse d’un incendie criminel a déjà été écartée.

« Le pire a été évité, même si la bataille n’est pas encore totalement gagnée », a dit le président de la République Emmanuel Macron, au moment où les flammes étaient maîtrisées.

L’incendie s’est déclaré vers 18 h 50 (heure locale), amorçant un long combat de quelque 400 pompiers contre un brasier infernal quasi impossible d’accès.

Dans l’heure qui a suivi, les badauds médusés ont vu la flèche de la cathédrale s’effondrer, provoquant des « oh, non ! » partout dans la foule de curieux qui, les yeux dans l’eau, brandissaient leurs cellulaires pour immortaliser l’inimaginable.

« C’était la consternation », a résumé Isabelle Bombardier, résidante de Nicolet, en Mauricie, en vacances à Paris avec trois amies.

Le groupe de Québécoises avait visité l’église moins de deux heures avant que l’incendie se déclare. Elles avaient quitté les lieux pour aller prendre l’apéro, mais ont rebroussé chemin lorsqu’elles ont entendu la rumeur que Notre-Dame brûlait.

« On se disait que c’était impossible », a raconté Isabelle Bombardier. L’épais panache de fumée visible à des kilomètres à la ronde a toutefois ramené tout le monde à la réalité.

« On touchait aux pierres quelques heures avant et ça nous émouvait, mais on ne se doutait pas qu’on touchait à quelque chose qui disparaîtrait peut-être à jamais », a poursuivi la Québécoise.

Reconstruction

Le brasier était loin d’être éteint que, déjà, Emmanuel Macron annonçait que Notre-Dame renaîtrait de ses cendres.

« Cette cathédrale que nous avons su édifier et faire grandir, nous la rebâtirons, a déclaré le président en point de presse. C’est le projet que nous aurons pour les années à venir. Je m’y engage. »

Déjà, des collectes de fonds s’organisent pour amorcer la reconstruction ; la richissime famille Pinault a, à elle seule, promis d’allonger 100 millions d’euros par l’entremise d’Artemis, sa société d’investissement.

« Nous ferons appel aux plus grands talents et nous rebâtirons Notre-Dame, parce que c’est ce que les Français attendent, parce que c’est notre histoire, notre destin profond. »

— Emmanuel Macron, président de la République française

« Je veux avoir un mot d’espérance, a encore dit le président. Cette espérance, c’est la fierté que nous devons avoir, la fierté des soldats du feu qui se sont battus. »

M. Macron devait initialement s’adresser à la nation à propos de la crise des gilets jaunes qui secoue la France depuis plusieurs semaines. L’incendie de Notre-Dame s’est toutefois déclaré quelques minutes avant l’allocution, qui a été prestement annulée.

Cette tragédie a marqué un changement de ton autant pour la classe politique que dans la population, estime Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada dans l’Hexagone.

Mme Hudon tenait un dîner à sa résidence de fonction, à Paris, lorsque la nouvelle de l’incendie a été diffusée.

« On attendait la déclaration du président, mais tout d’un coup, il y a eu un revirement d’émotion. Tout le politique a fait place à la solidarité, à l’entraide. C’était vraiment spécial. »

— Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada en France, à La Presse

Deuil collectif

Québécois étudiant à la Sorbonne, Orso Girard-Thibodeau a lui aussi constaté l’émotion qui s’est emparée des Français, alors que ceux-ci voyaient un pan de leur histoire en proie aux flammes.

« C’est un bâtiment que je vois tous les jours, que je ne remarque plus, dit-il. Je me suis surpris à verser quelques larmes : je ne m’attendais pas à avoir cette réaction-là ! »

« J’ai passé quatre heures à regarder Notre-Dame brûler, comme tout le monde autour de moi, en silence. Les Parisiens sont attachés à leur histoire, en sont fiers. C’est un élément de leur identité qui est touché. »

— Orso Girard-Thibodeau, Québécois étudiant à la Sorbonne

Au plus fort du brasier, et dans les heures qui ont suivi, des rassemblements se sont spontanément formés. Des prières et des chants ont rompu le silence.

Anne Hidalgo, maire de Paris, a pour sa part salué la « chaîne humaine qui s’est mise en place » et les « appels reçus du monde entier ».

« Nous allons nous relever de cette épreuve », a-t-elle promis.

Mme Hidalgo a en outre salué le sauvetage d’œuvres majeures qui se trouvaient dans la cathédrale (voir autre texte). « La couronne d’épines, la tunique de saint Louis et plusieurs autres œuvres majeures sont à présent en lieu sûr », a-t-elle écrit sur Twitter.

Le porte-parole des pompiers de Paris a annoncé vers 3 h 30 du matin que l’incendie était « maîtrisé » et « partiellement éteint ».

Les premières images de l’intérieur de la cathédrale ont aussitôt été diffusées, laissant entrevoir un amas de débris et de cendre, sous une pluie de tisons tombant du brasier encore bien vivant du toit.

Les pompiers devaient encore travailler jusqu’au matin pour refroidir la structure avant de pouvoir évaluer l’ampleur réelle des dégâts. Et de penser, déjà, à une longue et complexe restauration.

— Avec Associated Press, Agence France-Presse et Le Figaro

Les conseils du président

L’incendie ne faisait rage que depuis quelques minutes, mais Donald Trump avait déjà trouvé une solution pour le combattre. « Peut-être des avions-citernes devraient-ils être utilisés. Il faut agir vite ! », a-t-il écrit sur Twitter. « Tous les moyens sont engagés à l’exception des avions Canadair techniquement inadaptés pour éteindre ce type d’incendie », s’est empressée de rétorquer la Sécurité civile de France par l’entremise du même réseau social. « Le largage d’eau par avion sur ce type d’édifice pourrait en effet entraîner l’effondrement de l’intégralité de la structure. […] Le poids de l’eau et l’intensité du largage à basse altitude pourraient fragiliser la structure de Notre-Dame et entraîner des dommages collatéraux sur les immeubles aux alentours », a-t-on ajouté. Dossier clos. 

— Simon-Olivier Lorange, La Presse

Un souvenir de Paul Claudel

L’évêque auxiliaire de Montréal, Alain Faubert, était en congé hier. Il a passé toute la journée le cœur serré, à regarder avec ses parents les images de l’incendie à Notre-Dame de Paris. « J’ai 54 ans, je me dis que je ne reverrai peut-être pas de mon vivant Notre-Dame restaurée, comme je l’ai connue lors de mes études à Paris », a dit Mgr Faubert avec des sanglots dans la voix. « Notre-Dame, ce n’est pas un édifice, c’est une personne. J’ai le motton, je la salue comme une personne chaque fois que je vais à Paris. On est devant des siècles d’histoire qui nous contemplent, comme disait Napoléon, qui nous disent qui nous sommes. Même si chez nous les églises sont plus jeunes, ce sont nos racines, et dans un arbre les racines ne sont pas seulement du passé, mais aussi le présent caché de l’arbre. Je n’ai pas connu les travers de l’Église comme mes parents, mais je pense que ces églises nous ont été léguées par des gens qui nous aimaient. »

— Mathieu Perreault, La Presse

La tragédie dans les journaux

Plusieurs quotidiens européens ont sans surprise consacré leur manchette à l’incendie de Notre-Dame. En voici une sélection. 

— La Presse

Incendie de Notre-Dame de Paris

Tisons sur la ville

Notre collaborateur se trouvait à Paris pendant que brûlait la cathédrale Notre-Dame. Il nous raconte ce qu’il a vu et entendu au cours de cette journée marquante dans l’histoire récente de la France.

Au début, il n’y a que de la fumée dans le ciel de Paris. Les gens s’échangent des photos et des vidéos par téléphone. « Notre-Dame de Paris brûle-t-elle ? »

Les gens sont curieux, attentifs. Petit à petit, on sent l’inquiétude monter. Ce n’est plus que de la fumée, mais des flammes.

L’odeur de brûlé envahit les alentours. Toutes les artères sont bloquées par les passants qui filment l’événement. Les serveurs des restaurants ramassent leurs tables et leurs chaises, instinctivement : ils savent qu’ils devront libérer le passage.

Même pour ceux qui ne verraient pas la cathédrale, celle-ci leur rappelle sa douleur : il pleut des petits tisons sur la capitale.

La foule est encadrée par les cordons de sécurité, rapidement déployés par la police. Certains sont en larmes en voyant le monument le plus visité en Europe sous les flammes. « C’est pas vrai, c’est pas vrai… », entend-on. Ils attendent, tous, dépités.

« C’est quand même l’histoire de France qui est en train de brûler », dit un vieil homme à voix haute, comme pour rappeler à la foule la gravité de la chose.

Il a raison. C’est ici que se trouve la Sainte Couronne, que Napoléon a été sacré empereur, que s’est chanté un Magnificat lors de la libération de Paris en 1944.

Une jeune femme exprime son désarroi : « Je n’ai même pas eu la chance d’y rentrer. »

La cathédrale continue toujours de brûler. La fumée est tantôt grise, tantôt noire, tantôt jaunâtre. Le feu semble se jouer de son audience, il se calme, reprend de l’ampleur, puis se calme à nouveau.

Soudain, la flèche s’effondre dans une immense boule de feu. C’est à ce moment que les spectateurs commencent à croire ce qui relevait avant de l’impossible : Notre-Dame de Paris pourrait véritablement disparaître sous les flammes.

Les pompiers emploient les grands moyens, qui semblent minuscules face à l’ampleur des flammes. Les quelques boyaux d’incendie peuvent-ils lutter contre le feu ravageur ?

Flammes dans la nuit

La nuit commence à tomber, mais la cathédrale illumine Paris. Le président Emmanuel Macron, accompagné de sa femme Brigitte et de son premier ministre, arrive sur place. Eux aussi regardent la façade noircie et sont sans mots. Ils repartent une quinzaine de minutes plus tard : le président ne fera pas de déclaration publique tout de suite.

Parmi les 400 pompiers sur place, trois sont en train de câliner un chien par terre. À première vue, on croirait qu’ils sont en train de le sauver. En réalité, ils le préparent à entrer à l’intérieur de l’église pour vérifier si des personnes blessées s’y trouvent.

On saura par la suite qu’aucune victime n’était à déplorer – seul un pompier a été blessé.

Il fait nuit. Le feu a l’air d’être stabilisé. Mais qui sait quand il peut reprendre de plus belle…

Des fidèles sont agenouillés face à leur lieu de culte. Des jeunes, des vieux, des femmes, des hommes. Tous récitent, ensemble et en boucle, des « Je vous salue Marie ».

Quelques mètres plus loin, une dame récite des extraits de La tapisserie de Notre-Dame du poète Charles Péguy.

Chacun salue à sa façon la cathédrale, symbole de ses croyances, de sa ville, de son pays, de ses voyages.

Incendie de Notre-Dame de Paris

Un choc planétaire

Les messages de sympathie ont afflué de partout dans le monde pendant que la cathédrale Notre-Dame de Paris était ravagée par un terrible incendie. Survol.

La Presse

« Cela nous brise le cœur de voir la cathédrale Notre-Dame de Paris en proie aux flammes. Nous pensons à nos amis français qui combattent cet incendie dévastateur. »

— Justin Trudeau, premier ministre du Canada

« Les terribles images qui nous proviennent de Paris me touchent profondément. Notre-Dame de Paris est un joyau ! J’ai une pensée pour les Parisiens aujourd’hui et pour les pompiers qui combattent les flammes. »

— François Legault, premier ministre du Québec

« Quelles images tristes et foudroyantes. Je suis peinée de voir les flammes qui ravagent un tel joyau du patrimoine mondial. De tout cœur avec les Parisien.nes et les Français.es. »

— Valérie Plante, mairesse de Montréal

« Le temps est à la Parole de Dieu qui a le pouvoir de pacifier nos cœurs et à la solidarité qui nous rapproche. En mon nom personnel et au nom de tout l’archidiocèse de Montréal, je tiens à assurer aux fidèles et aux concitoyens et concitoyennes de Paris l’expression de nos prières et de nos sentiments les plus cordiaux dans cette épreuve qu’ils vivent si durement. »

— Christian Lépine, archevêque de Montréal

« Nous nous rappelons que le 22 décembre 1922, c’était la cathédrale Notre-Dame de Québec qui avait été la proie des flammes. […] En cette Semaine sainte où nous célébrerons la victoire de la Vie sur la mort, nous porterons au cœur l’Église catholique de Paris que l’histoire unit à celle de Québec. »

— Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec

« Le Saint-Siège a appris avec incrédulité et tristesse la nouvelle du terrible incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, symbole de la chrétienté, en France et dans le monde. Nous exprimons notre proximité avec les catholiques français et avec la population parisienne. Nous prions pour les pompiers et pour tous ceux qui font leur possible pour faire face à cette situation dramatique. »

— Un porte-parole du Vatican

« Que Dieu bénisse le peuple de France ! »

— Donald Trump, président des États-Unis

« Notre-Dame est l’un des plus importants trésors du monde. Nos pensées accompagnent les Français en cette période de deuil. Il est dans notre nature de pleurer quand nous accusons des pertes historiques, mais c’est aussi dans notre nature de reconstruire pour demain, en restant aussi forts qu’on le peut. »

— Barack Obama, ex-président des États-Unis

« Mes pensées sont ce soir avec la population française et avec les services d’urgence qui combattent le terrible incendie de la cathédrale Notre-Dame. »

— Theresa May, première ministre du Royaume-Uni

« Ces horribles images de Notre-Dame en feu font mal. Notre-Dame est un symbole de la France et de notre culture européenne. Nous sommes en pensées avec les amis français. »

— Angela Merkel, chancelière de l’Allemagne, par l’entremise d’un porte-parole

« Immense émotion devant le dramatique incendie à la cathédrale Notre-Dame de Paris, inscrite au Patrimoine mondial depuis 1991. L’UNESCO suit de près la situation et se tient aux côtés de la France pour sauvegarder et réhabiliter ce patrimoine inestimable. »

— Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO

« Notre-Dame de Paris appartient à l’humanité tout entière. Elle a inspiré tant d’écrivains, tant de peintres, tant de philosophes, tant de visiteurs venant de partout. »

— Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne

« Horrifié par les images de l’incendie qui dévaste la cathédrale Notre-Dame – un joyau unique du patrimoine mondial qui règne sur Paris depuis le 14e siècle. Mes pensées vont au peuple et au gouvernement français. »

— António Guterres, secrétaire général de l’ONU

INCENDIE DE NOTRE-DAME DE PARIS

Un trésor d’œuvres d’art

Véritable symbole planétaire autant de l’art religieux que de l’histoire occidentale, la cathédrale Notre-Dame de Paris est un bijou architectural et l’écrin d’un nombre important d’œuvres d’art, dont un certain nombre ont pu, heureusement, être sauvées hier.

Jamais ravagée par le feu

D’architecture gothique, dotée dès le début d’un équilibre sobre de lignes horizontales et verticales, la cathédrale Notre-Dame n’avait jamais été ravagée par le feu. Hier, le brasier a détruit sa partie centrale, qui abritait un grand nombre d’œuvres d’art, et sa célèbre flèche, qui faisait l’objet de la première phase de la restauration de la cathédrale, d’un coût total de 150 millions d’euros. « C’est une tragédie insupportable, car c’est un pan entier de l’histoire française qui a disparu », a dit à ce sujet hier, à la radio France Info, le journaliste et défenseur du patrimoine français Stéphane Bern.

Les voûtes ET LES VITRAUX emportés

Les voûtes sexpartites de sa nef ont disparu dans les flammes, tout comme bien des vitraux et l’irremplaçable charpente en poutres de chêne du XIIIe siècle, une charpente qui était l’une des plus anciennes de Paris. 

La sainte couronne retirée à temps

Des médias français rapportaient hier que bien des œuvres d’art dispersées dans la cathédrale ont pu être sauvées. Notamment des éléments importants du trésor religieux. « La tunique de saint Louis et la sainte couronne d’épines ont pu être enlevées, a dit à La Presse Nicolas Delesalle, journaliste à Paris Match. Ç’a été plutôt rocambolesque, car ils n’avaient pas le code du coffre qui contenait la couronne, mais ils ont réussi à la sauver. » 

La flèche s’effondre

Une intervention des pompiers et de spécialistes du Musée du Louvre a permis de sauver des œuvres, même pendant que le feu s’attaquait à l’église. Toutefois, la flèche de Notre-Dame de Paris, haute de 96 mètres, s’est effondrée une heure après le début de l’incendie. Datant de 1860, elle comportait à sa base les statues en cuivre des 12 apôtres. Heureusement, ces statues avaient été retirées jeudi dernier, à cause des rénovations. Par contre, le coq qui coiffait la flèche et qui contenait trois précieuses reliques, dont une de saint Denis et une autre de sainte Geneviève, est tombé dans les flammes…

Les orgues MENACÉS

À l’intérieur de la cathédrale, des chefs-d’œuvre étaient en danger. Au moment de publier, aucun recensement officiel des pièces détruites n’était disponible. On s’inquiétait notamment des trois orgues, dont le grand orgue (le deuxième en importance de France, après celui de l’église Saint-Eustache) et ses 8000 tuyaux et l’orgue de chœur.

Treize grands tableaux

Ensuite, on s’interrogeait sur le sort des peintures, une des grandes richesses de l’édifice religieux, notamment les mays de Notre-Dame de Paris, 13 grands tableaux commémorant un acte des apôtres. Offerts en l’honneur de la Vierge Marie par la Corporation des orfèvres parisiens, de 1630 à 1707, ces toiles peintes par Charles Le Brun, Louis Chéron, Sébastien Bourdin, Aubin Vouet ou encore Laurent de la Hyre se trouvaient accrochées dans les arcades de la nef, mais aussi dans celles du chœur et dans les petites chapelles.

La Visitation, pièce maîtresse

Autre œuvre emblématique de la cathédrale, La Visitation, toile peinte en 1716 par Jean Jouvenet et suspendue au mur occidental de la chapelle Saint-Guillaume, avec sa Vierge Marie, les bras ouverts et implorant le Ciel. Au mur oriental de cette chapelle se trouve le Mausolée du comte d’Harcourt, une œuvre en marbre de Jean-Baptiste Pigalle datant de 1776.

Un cadeau pour les 700 ans

Autre peinture impressionnante de la cathédrale, le Saint Thomas d’Aquin, fontaine de sagesse, peint en 1648 par Antoine Nicolas. Une toile offerte par un couvent dominicain en 1974 à l’occasion des 700 ans de la mort de saint Thomas.

La Vierge, SOURCE D’INSPIRATION

Il y a aussi une importante statuaire à Notre-Dame de Paris, avec 37 représentations de la Vierge Marie, dont une Vierge à l’enfant du XIVsiècle installée dans la cathédrale en 1818 et qui est la statue désignée comme étant « Notre Dame de Paris ».

un mur richement sculpté endommagé ?

Près du chœur, un mur richement sculpté en bois de 1300 à 1350 par Pierre de Chelle, Jean Ravy et Jean Le Bouteiller, a-t-il été touché par le sinistre ? « J’en ai bien peur, lâche Nicolas Delesalle. Seules les œuvres qui étaient transportables ont pu être déplacées. » 

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