Olaf Kolzig : 
Le grand frère est fier de son petit frère

Quatorze années se sont écoulées depuis qu’Olaf Kolzig est entré en contact avec un jeune Carey Price dans l’État de Washington pour rester en forme durant le lock-out de la LNH.

Price avait seulement 17 ans et en était à sa deuxième saison avec les Américans de Tri-City de la WHL, endroit où Kolzig a également joué son hockey junior avant de devenir professionnel et d’évoluer dans les plus grandes ligues.

Price n’a pas tardé à impressionner le vétéran gardien âgé alors de 34 ans, qui avait déjà disputé pas moins de 542 matchs dans la LNH et qui avait remporté le trophée Vezina en tant que membre des Capitals de Washington.

« On pouvait vraiment voir qu’il allait être un gardien spécial. Il n’avait pas encore été repêché par Montréal, mais je ne crois pas qu’il existe un gardien avec une attitude aussi calme que lui à avoir enfilé le chandail des Canadiens. Avec toute la pression, il est très décontracté et ne semble jamais être mal pris. En fait, il était tout à fait approprié que Montréal l’ait sélectionné », a déclaré Kolzig à propos de ses séances d’entraînement avec l’éventuel choix de première ronde en 2005 (5e au total). « Je me mets dans ses souliers à l’âge de 18 ans et j’étais loin d’être aussi complet que lui, autant physiquement que mentalement, alors qu’il était encore dans le junior. »

Les deux hommes se sont bien entendus dès le début, Kolzig jouant en quelque sorte le rôle de grand frère à Price, qui en était encore à ses débuts à Kennewick, dans l’état de Washington.

Il n’était pas vraiment un entraîneur de gardien de but, car il pensait que Price était déjà bien au-delà de lui sur le plan technique.

« À l’époque, c’était soit le style papillon ou debout. Nous n’utilisions pas le style de jeu que les gardiens préconisent de nos jours, c’est-à-dire avec le V-H inversé et les glissades de gauche à droite sur les jambières. Il était déjà prêt pour la LNH à ce moment-là », a souligné Kolzig, qui est actuellement entraîneur du développement professionnel des Capitals et également un des propriétaires des Americans. « J’étais juste là pour l’aider à se préparer et pour répondre à ces questions. »

Cela ne veut cependant pas dire que c’était comme une promenade dans le parc lors du passage de Price avec les Americans.

Selon Kolzig, Price aimait le mettre à l’épreuve de temps en temps.

« Il aimait bien me confronter parfois, comme le font souvent les petits et grands frères. Il voulait parfois s’en prendre au grand frère et se chamailler un peu avec. C’est un joueur très dur envers lui », a expliqué Kolzig en riant. « À l’époque, j’étais l’un des plus grands gardiens de but. J’avais également un tempérament bouillant. Il voulait juste me confronter, et nous avions quelques altercations amusantes après la pratique. »

Et, malgré son jeune âge, Price a réussi à lui donner du fil à retordre.

« C’était un jeune solide », a mentionné Kolzig. « La seule chose dont je me souviens était la taille de ses jambes. Il était gros. »

Les réalisations de Price :  une source de fierté

Bien que Kolzig n’ait pas trop l’opportunité de regarder les matchs de Price ces derniers temps compte tenu de son travail avec les Capitals, il sait que son "petit frère" aura gravé son nom dans le livre des records des Canadiens, une sortie à la fois.

Grâce à une victoire le 23 octobre dernier contre les Flames de Calgary, Price a rejoint le gardien du Temple de la renommée Patrick Roy au second rang dans l’histoire des Canadiens pour le plus de victoires.

Il a également surpassé Jacques Plante, membre du Temple de la renommée, pour la première place dans l’histoire des Canadiens pour le plus de minutes devant la cage.

Kolzig ne pouvait être plus fier.

« C’est incroyable », a déclaré Kolzig, à propos de Price rejoignant Roy dans le département des victoires. « Tout d’abord, le faire avec la franchise la plus gagnante de tous les temps dans la LNH et en rejoignant l’une des légendes de tous les temps. C’est monumental. »

Price devrait égaler la fiche de son ancien mentor au niveau des victoires dès cette saison.

Alors, que pense Kolzig à ce sujet ?

« Je sais que ce n’est qu’une question de temps », a déclaré Kolzig. « Il a évidemment la capacité d’atteindre le plateau des 400. »

Qu’est-ce qui sépare Price du reste de la meute ?

Ce qui fait la particularité de Price entre les poteaux, a déclaré Kolzig, est son approche.

« Quelle que soit l’envergure du match, il semble toujours inébranlable. Il joue de la même manière, qu’il s’agisse d’un match pour la médaille d’or ou d’un match régulier de saison », a expliqué Kolzig, qui a terminé sa carrière dans la LNH avec 719 matchs à son actif, avec une moyenne de buts alloués de 2,71 et un pourcentage d’arrêt de,906. « Donc, quand la pression est forte, il joue comme il l’a fait tout le temps. On dirait juste qu’il est à la hauteur, alors qu’en réalité, il joue de la même façon et ne cède pas à la pression. »

Pas seulement un bon joueur, mais également un bon homme

Price a toujours été un fervent supporteur de la Fondation Carson Kolzig, une organisation à but non lucratif située à Kennewick, qui se consacre à l’éducation et aux ressources pour les personnes atteintes de troubles du spectre autistique et leurs familles.

Nommée en l’honneur du fils de Kolzig, atteint d’autisme, la fondation a été créée en 2004.

« Carey a toujours été l’un des grands donateurs. Il aide toujours, que ce soit si nous avons besoin d’un chandail, de masques et ou donation », a déclaré Kolzig. « Cela montre simplement le type de personne qu’il est. Même si Tri-Cities n’est pas son véritable chez-soi, il y a rencontré sa femme et c’est là où sa carrière de pro a été lancée parce qu’il a été repêché. Il fait toujours partie de la communauté et il aide à soutenir quelque chose qui me tient à cœur. Cela signifie beaucoup. Nous sommes toujours reconnaissants pour son implication. »

Un texte de Matt Cudzinowski, traduit par Pierre-Antoine Mercier

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