100 idées pour améliorer le Québec Nécessaire immigration

TÉMOIGNAGE
Chaque jour plus amoureux du Québec !

Je suis né en Colombie et je voulais vivre dans un autre pays depuis que j’étais enfant. Je cherchais des informations sur le sujet tout le temps. Le destin s’est chargé de me montrer où j’irais en lisant les journaux locaux : c’était une invitation à vivre au Canada.

Au Canada ?

J’ai alors vu une superbe vidéo montrant l’oratoire Saint-Joseph, la Gaspésie, les Rocheuses, les chutes du Niagara, des gens savourant du pain avec du miel (je ne savais pas que c’était en fait du sirop d’érable).

On y montrait la neige, les ours et d’autres animaux que j’avais seulement vus dans des documentaires sur Discovery. Je vous assure qu’après avoir vu cette vidéo, vous voulez faire vos valises et vous lancer dans ce long voyage, vers cet endroit le plus au nord que vous connaissez.

Une fois la première émotion passée devant tant de beauté, il faut penser à l’aspect pratique : sera-t-il facile de me trouver un emploi ? Dans quelle ville migrer ? Avec autant de diversité dans un si grand pays, comment choisir ?

Pour un latino, parler français est un défi. Il y a peu d’écoles en Colombie qui offrent une formation en français et elles sont réservées aux classes sociales les plus privilégiées. Serai-je capable d’apprendre le français ? Aurai-je de l’aide pour l’apprendre ? Celui qui immigre par choix est quelqu’un qui n’a pas peur des défis. Heureusement, les Québécois sont prêts à nous accueillir et, à Montréal, plusieurs parlent l’espagnol.

Le processus d’immigration a été long : quatre ans ! Mais quelle joie d’apprendre que j’étais accepté ! Puis, petit à petit, on s’habitue à l’idée de quitter son pays et chaque adieu aux amis et aux membres de la famille est plus profond et plus significatif.

En sol québécois

Arrivé à l’aéroport, le 1er février 2014, le premier « bonjour » m’attendait à la douane. Je n’ai rien compris, mais le douanier très attentif a bien vu mon air perdu et m’a parlé en anglais. C’était le premier indice pour moi que tout irait bien dans ce nouveau pays.

Comme j’avais déjà vécu à Londres pendant deux ans, j’avais connu l’hiver. C’est du moins ce que je croyais !

J’avais vu la neige et je pouvais gérer le froid (températures de -1,-2 °C). Mais arriver à Montréal à minuit le 1er février est une autre histoire. Je n’avais jamais vu autant de neige de ma vie ! J’ai pris quantité de photos et, à 38 ans, j’ai fait mon premier ange dans la neige. Trop heureux d’être enfin arrivé au Canada, je n’ai pas ressenti le froid durant le premier mois.

Comme il y a une grande communauté colombienne à Montréal, ces connaissances et ces amis sont une grande source d’information pour commencer son adaptation (francisation, logement, taxes). Continuer à vivre au sein de cette communauté est facile, et à court terme c’est pratique et efficace, mais comme j’ai décidé de vivre toute ma vie au Québec, c’est au sein d’une nouvelle société que j’ai voulu m’intégrer. 

Ainsi, modifier certaines habitudes devient nécessaire : être ponctuel, goûter de nouveaux aliments, revoir certains codes sociaux. J’ai donc commencé à me préparer une nourriture différente, une façon différente d’être avec les gens… c’était tout un défi !

Pour moi, tout était nouveau ! Mes premiers contacts avec le Québec ont été très formels et manquaient de chaleur humaine (remplir des formulaires, présenter mes diplômes, suivre les dédales des démarches administratives), alors que c’est exactement ce côté humain que je cherchais pour m’aider à apprivoiser mon nouvel environnement.

Quand le contact humain fait défaut, on le cherche et, forcément, on le retrouve chez nos compatriotes. Un conseil à mes amis immigrants : une fois ici, saisissez chaque occasion de parler avec tous les gens.

J’ai trouvé mes premiers échanges déstabilisants, car les Québécois sont très directs et vont droit au but. J’ai rapidement constaté qu’ils sont authentiques et qu’ils partagent beaucoup de valeurs similaires aux nôtres.

La culture québécoise est belle et les Québécois traitent l’étranger avec gentillesse et respect. Il suffit de nous ouvrir à eux en provoquant des contacts afin de connaître leur culture et la vivre au jour le jour. C’est cet exercice quotidien enrichissant qui nous fait aimer le Québec et les Québécois.

J’aime cette merveilleuse culture québécoise ! Je suis ici depuis quatre ans et quand je la vois avec mes yeux latino-américains, je comprends ses différences, les raisons de ses différences et finalement, je m’identifie beaucoup à elle.

Mon histoire d’immigration heureuse se poursuit, car c’est ici que j’ai rencontré l’amour de ma vie.

Une Québécoise qui m’a conquis par son sourire, son cœur généreux, son ouverture d’esprit et sa façon de voir la vie. Des valeurs que je retrouve tous les jours dans la culture québécoise.

Chaque jour, je suis donc plus amoureux d’elle et du Québec. Merci de m’avoir accueilli !

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