Un regard vers le ciel qui veut dire beaucoup

Michael McNiven ne passe pas une journée sur la glace sans penser à son grand-père, qui l’a élevé. Avant chaque match, Michael McNiven dépose un baiser sur son gant et pointe ensuite vers le ciel. Ce petit geste, il le fait pour saluer son grand-père, qui n’est malheureusement plus là pour assister aux prouesses du jeune homme qu’il a élevé.

C’est que McNiven a grandi chez ses grands-parents, qui ont pris soin de lui dès un très jeune âge.

« Ç’a été incroyable de grandir avec eux. Ils avaient déjà eu une tonne d’enfants. Mes parents avaient leurs propres choses à vivre et c’était mieux pour moi. J’ai été vraiment chanceux et aujourd’hui, j’en suis très reconnaissant », a-t-il dit.

Puisque son grand-père était retraité, il avait tout son temps pour l’accompagner à ses entraînements et même en gymnase. En fait, il était presque toujours là. Le hockey était son sport – sa grand-mère préférait le soccer et prenait la relève en été.

« Il était littéralement à chaque entraînement au gym. Il s’assoyait pour regarder et s’assurer que je travaillais fort. Entraînements, matchs, tout au long, il était toujours là, a raconté McNiven. Il y a peut-être quelques fois lorsqu’il se battait contre son cancer que ma grand-mère ou des amis de l’équipe me conduisaient à mes entraînements. Mais même quand il était malade, mais assez en forme pour être à la maison, il me conduisait partout pour être certain que j’arrivais à temps et que je pratiquais assez fort. C’était un bon mentor et un modèle pour moi. Sans mes grands-parents, je ne serais pas où je suis aujourd’hui. »

Mais il y a un peu plus de quatre ans, son modèle s’est éteint. Il avait 70 ans

« Il était encore jeune à 70 ans. C’était juste avant Noël, ce qui rend cette fête plus difficile pour moi. Il avait combattu le cancer pendant quelques années et s’en était sorti, mais on croit qu’il était revenu, mais qu’il ne l’avait pas dit à personne. Personne ne sait vraiment », a expliqué le gardien de 20 ans. On dit parfois que la vie fait bien les choses et dans le cas de McNiven, un de ces moments difficiles lui a permis de passer du temps de qualité avec son être cher.

« Je suis en fait très reconnaissant d’avoir été coupé à ma première année junior, après une dizaine de matchs. On m’a renvoyé à la maison. Il y avait quelques endroits où je pouvais aller jouer Junior A, mais j’ai décidé de rester à la maison et de jouer pour les Raiders de Georgetown, puisque l’aréna était à deux minutes de la maison et que mon grand-père y était, a dit l’espoir des Canadiens.

« Personne n’avait vraiment noté qu’il était si malade à ce moment-là. C’est plutôt vers le mois de novembre, début décembre qu’il a commencé à être très malade et à faire des allers-retours à l’hôpital presque tous les jours. Il est décédé à l’hôpital après avoir été très, très malade pendant quelques jours. C’était donc très bien d’avoir pu passer du temps avec lui. »

Soudainement, c’est comme si l’épreuve vécue au hockey avait pris tout son sens.

« J’ai vraiment eu l’impression que c’était dû pour arriver, que tout ça était prévu. Je suis content d’avoir pu le faire. Plus jeune, j’étais un gros fan des Raiders. Mon gardien préféré de tous les temps jouait là et mon grand-père travaillait pour l’équipe ; il était leur gérant d’équipement, un adjoint. Je connaissais tous les employés du temps où il y travaillait. J’assistais à tous les matchs jusqu’à ce que le hockey prenne trop de mon temps. Tout le monde était content de me revoir et moi, j’étais à la maison et mon grand-père n’avait que deux minutes de route à faire pour venir me voir jouer », s’est remémoré le jeune homme.

Lorsque Jim McNiven est décédé, Michael a recommencé à voir son père plus fréquemment. Il a d’ailleurs assisté à la majorité de ses matchs avec l’Attack.

« Mon père a commencé à se remettre sur pied quand je suis devenu un peu plus vieux et il accompagnait mon grand-père à mes matchs. Ce n’est pas le cas de ma mère. Elle n’a pas été dans le portrait après mes quatre ou cinq ans. Quand mon grand-père est mort, on m’a donné le choix de reprendre contact avec elle, ce que j’ai fait », a-t-il révélé.

Mais il n’a malheureusement pas eu droit à une histoire à la conte de fées.

« Je ne cherchais pas tant à la retrouver. J’étais très occupé avec le hockey et j’essayais de voir ce que je voulais faire de ma vie. Quand j’ai commencé à lui parler, c’était bien et c’était quelque chose de gros pour moi, n’ayant pas pu lui parler en grandissant. Elle aurait voulu m’avoir dans sa vie, mais si elle n’avait pas vraiment de temps à y mettre pour ça, pourquoi j’aurais dû en avoir ? » a-t-il admis.

Les retrouvailles n’ont duré que trois ans, puisqu’elle est décédée à son tour il y a un peu plus d’un an. La blessure est toutefois moins profonde que celle causée par le départ de son patriarche.

« Je la connaissais très peu, honnêtement. Elle me contactait dès qu’elle avait accès à Internet pour me saluer. Je prévoyais la rencontrer dans les prochaines années, mais ça n’a pas marché. J’étais trop pris par le hockey et j’avais déjà eu de durs moments avec la mort de mon grand-père. C’est triste, car je voulais en faire une priorité de la rencontrer », a-t-il laissé tomber.

Ces départs l’ont forcé à devenir plus mature, plus rapidement. Et le rôle que son grand-père Jim a joué dans sa carrière de hockey est bien plus grand qu’il ne l’aurait jamais imaginé. Il est et sera toujours sa plus grande source de motivation.

« Chaque jour, quand je viens à l’aréna, je le fais en pensant à lui. C’est mon état d’esprit. Je ne joue pas juste pour moi, mais pour lui aussi maintenant. Quand les temps sont plus durs et que les choses ne vont pas en ma faveur, c’est quelque chose qui m’aide à rester sur terre, de penser à lui. Je sais exactement ce qu’il me dirait dans ces situations. Dans les moments difficiles, je pense toujours à lui. Juste ça m’aide à passer à travers », a conclu le gardien du Rocket.

Un texte de Joanie Godin

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