Caisse de dépôt et placement

Michael Sabia veut miser sur l’intelligence artificielle

Le patron de la Caisse de dépôt, Michael Sabia, montre un enthousiasme contagieux à l’égard des perspectives de développement de l’intelligence artificielle à Montréal. L’institution entend jouer un rôle actif dans son essor. M. Sabia a répondu aux questions des journalistes à l’occasion du dévoilement des résultats de l’institution au premier semestre 2017. Résumé des échanges en cinq volets.

Des millions en intelligence artificielle

La Caisse veut devenir un agent de développement pour bâtir un pôle d’excellence à Montréal dans le secteur de l’intelligence artificielle. Elle veut y investir davantage. « Nous avons récemment fait une proposition à Ottawa pour un financement important », a laissé échapper M. Sabia, lors de la conférence téléphonique avec les journalistes. En complément d’information, le service des communications ajoute que « la Caisse appuie différents projets en intelligence artificielle qui ont été déposés et qui sont actuellement à l’étude à Ottawa ». Pour M. Sabia, « l’intelligence artificielle représente une occasion extrêmement importante pour l’avenir de Montréal, pour bien positionner Montréal dans ce secteur, qui présente tant d’occasions pour l’avenir ».

5 % au premier semestre

Le rendement moyen des déposants se chiffre à 5 % pour les six premiers mois de 2017. Le rendement obtenu excède de 20 points centésimaux le rendement de son portefeuille de référence. L’écart représente une valeur ajoutée de 800 millions. Les rendements des huit plus grands déposants de la Caisse se situent dans une fourchette de 5,8 à 4,3 % sur la période, selon leur propre politique de placement. Les marchés en croissance affichent le rendement le plus élevé du côté des actions, alors que le marché canadien ferme la marche parmi les économies développées. L’actif net de l’institution se chiffre désormais à 286,5 milliards, en hausse de 13,3 milliards en six mois.

Rendement 1er semestre

Revenu fixe : 2,7 %

Actifs réels : 3,6 %

Actions : 6,7 %

Caisse : 5 %

Prête à vendre ses parts dans Québecor Média ?

Jeudi matin, le patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, manifestait son désir de racheter les 18,47 % des actions que la Caisse possède encore dans Québecor Média. L’argent viendrait des fruits de la vente pour 640 millions de spectre pour le sans-fil. Si M. Péladeau est acheteur, M. Sabia est-il vendeur ? Dans sa réponse, le président du gestionnaire de l’avoir des Québécois a gardé la porte ouverte. « Nous sommes ouverts comme d’habitude à tenir des conversations avec nos partenaires pour essayer de répondre à leurs besoins et également à nos besoins. »

L’échéancier du REM repose sur la loi 137

Les dirigeants de la Caisse l’ont dit clairement, hier : si le Québec veut voir le train électrique se réaliser dans les délais prévus, l’Assemblée nationale a intérêt à adopter le projet de loi 137 le plus rapidement possible à la rentrée parlementaire. « Le projet de loi est important puisqu’il met en place les conditions essentielles aux succès et à la réalisation efficace du projet, dit Macky Tall, président de CDPQ Infra, filiale responsable de la construction du Réseau électrique métropolitain. Nous prévoyons justement démarrer les travaux cet automne. C’est la raison pour laquelle il faut que le projet de loi soit adopté le plus rapidement possible. Il est important sur le respect du calendrier du projet. »

Favorable à une banque de l’infrastructure aux États-Unis

En réponse à une question de l’agence Reuters, M. Sabia a fait l’apologie de la Banque de l’infrastructure du Canada, qui sera établie à Toronto. Il appelle de tous ses vœux la création d’une telle institution financière aux États-Unis pour appuyer le plan ambitieux du président Trump en matière d’infrastructures. « Je suis fier que le Canada ait pris une longueur d’avance à ce chapitre en créant la Banque. Le pays manifeste l’esprit novateur requis pour relever le défi de la mise à niveau des infrastructures auquel font face tous les pays développés. Alors oui, ça serait une foutue de bonne idée que les États-Unis créent leur propre banque d’investissement compte tenu de l’ampleur du défi qu’ils ont à relever en matière de renouvellement des infrastructures. »

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