Ça s’explique

Fido est mort, vive Fido 2.0 !

Chaque dimanche, l’équipe de Pause prend le temps d’expliquer aux jeunes une parcelle d’actualité. Cette semaine, on s’intéresse au clonage d’un animal de compagnie.

Voir mourir le chat ou le chien avec lequel on vit depuis des années peut être difficile à encaisser. Barbra Streisand, une célèbre chanteuse que tes grands-parents connaissent certainement, a eu tellement de peine quand sa chienne Samantha est morte qu’elle a décidé d’en faire fabriquer des copies presque parfaites. En chair et en os, oui. Grâce au clonage.

Fabriquer des jumeaux

Le clonage, c’est la technique qui permet de reproduire un être vivant en laboratoire, résume Lawrence C. Smith, du Centre de recherche en reproduction animale de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. Ainsi, en partant des cellules d’un chien (encore vivant ou mort depuis quelques jours), il est possible de concevoir un chiot qui en sera le jumeau identique.

Pour fabriquer un clone

Il faut d’abord des cellules dont on va retirer toutes les informations génétiques de l’animal. Elles peuvent provenir d’un échantillon de peau pris sur l’abdomen d’un chien, par exemple.

Des ovules sont ensuite prélevés dans les ovaires d’une femelle de l’espèce qu’on veut cloner. Une fois le noyau génétique de cet ovule retiré, il est possible d’y insérer celui de l’animal à cloner.

Un ovule qui n’est pas fécondé est « dormant », dit Lawrence C. Smith. Il est normalement « activé » par le spermatozoïde. Puisqu’aucun spermatozoïde n’est utilisé dans le clonage, les scientifiques activent l’ovule par différentes techniques, dont l’exposition au calcium ou de très courtes décharges électriques. Le processus de division cellulaire donnant naissance à l’embryon est alors lancé.

Une fois « fécondé », l’embryon cloné est implanté dans l’utérus d’une mère porteuse de la même espèce que l’embryon, mais pas obligatoirement de la même race. Une chienne doberman pourrait ainsi donner naissance à des clones de teckel…

Histoire des clones

Années 50

Grenouilles

Des amphibiens ont été clonés dès les années 50, rappelle Lawrence C. Smith.

1996

Dolly

La brebis Dolly est le premier mammifère né par le clonage de cellules adultes.

2000

Starbuck II

Ce clone de « l’hypermâle », un taureau reproducteur a permis la naissance de 200 000 vaches laitières, a été conçu à partir d’un morceau d’oreille.

2002

CopyCat

Après Dolly, les scientifiques ont entre autres cloné des souris, des vaches et des cochons. Un chat né en 2002 dans une université du Texas a ouvert la voie au clonage commercial d’animaux de compagnie.

Taux de mortalité élevé

La « grande majorité » des embryons clonés meurent au cours des premières semaines de gestation. Ce n’est pas tout : environ la moitié de ceux qui naîtront ne vivront pas plus d’une semaine. « Après cette période, s’il n’y a pas de problème, ils vont vivre une vie normale », dit Lawrence C. Smith.

Contre le clonage animal

PETA, une organisation de défense des animaux, considère le clonage comme une forme d’exploitation animale. L’organisme souligne entre autres que les mères porteuses sont soumises à des interventions chirurgicales lourdes : en plus d’être opérées pour recevoir les embryons dans leur utérus, elles sont bien souvent réopérées pour donner naissance par césarienne.

De 25 000 $ à 100 000 $

Faire cloner pitou ou minou n’est pas à la portée de toutes les bourses : une entreprise américaine demande 25 000 $ pour cloner un chat et 50 000 $ pour un chien. Un laboratoire coréen demande quant à lui 100 000 $ pour une copie de votre toutou.

Une copie parfaite ?

Un clone ressemble suffisamment à l’animal d’origine pour que l’illusion fonctionne. « Les probabilités qu’un clone ait le même comportement [que l’original] ne sont pas très élevées, juge toutefois Lawrence C. Smith. La personnalité et le comportement sont très affectés par l’environnement. » Barbra Streisand, qui voulait retrouver sa chère Samantha, l’a aussi constaté. « Chaque chiot est unique et a sa propre personnalité, a-t-elle écrit dans le New York Times, un quotidien américain. On peut cloner l’apparence d’un chien, mais on ne peut pas cloner son âme. »

Sources : New York Times, SOOAM BRF, Viagen Pets, CBC et PETA

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