OPINION

PARTI LIBÉRAL DU QUÉBEC Analyse d’une dure défaite électorale 

C’est un exercice délicat que de faire un post mortem si vite après l’élection. Je suis fier de la campagne que nous avons menée et de nos quatre années au gouvernement, mais tous conviendront cependant qu’avec le résultat du 1er octobre, le Parti libéral du Québec doit entamer une profonde réflexion. 

Notre défaite résulte d’abord d’une volonté de changement de la part des Québécoises et Québécois. Mais cela ne doit pas nous épargner de faire un examen de conscience et d’admettre nos erreurs avec lucidité, afin de revenir plus forts avec une offre politique renouvelée dans quatre ans. 

Il faut d’abord reconnaître que les électeurs ont préféré le discours de nos opposants contre l’austérité à notre objectif de bonne gestion des finances publiques. Les finances du Québec étaient certes en très mauvais état en 2014 ; c’était donc une obligation de s’attaquer aux déficits chroniques et de réduire notre dette. Mais en ne tenant pas suffisamment compte de la perception négative à l’égard de ces mesures, on s’est graduellement privés de l’appui de la population. 

Montréal et le reste du Québec

Ce qui m’apparaît toutefois le plus inquiétant, c’est la division politique qui se fait entre Montréal et le reste du Québec. Avec environ 15 % du vote francophone, nous avons terminé quatrièmes dans pas moins de 33 circonscriptions. Cette donnée devrait nous obséder et orienter notre réflexion au cours des mois à venir. Le constat est net : le PLQ n’a pas rejoint l’électorat francophone et a ainsi perdu ses appuis en région.

Si le Parti libéral veut redevenir le parti de tous les Québécois, il doit reconnaître cette situation et faire de la reconquête du vote francophone son objectif principal. 

Il ne faut pas céder au discours de la peur, car oui, nos petits-enfants vont toujours parler français quoi qu’en disent certains. Nous devons toutefois défendre plus vigoureusement le français au Québec. On ne peut minimiser l’inquiétude légitime des citoyens quant à l’avenir de notre langue. Celle-ci fait partie de notre identité ; elle doit rester au centre de nos préoccupations et de nos actions. Nous devons la protéger et répandre son utilisation par tous. 

L’absence de la question nationale a également amené une nouvelle dynamique que nous avons peut-être mal évaluée. Les Québécois souhaitent majoritairement faire partie du Canada, mais ils n’en veulent pas moins un gouvernement québécois qui va toujours défendre le Québec avant tout. 

Ce n’était pas le cas cette année, mais l’environnement sera sans aucun doute le thème central des années à venir et des prochaines élections. Il faudra absolument avoir de grandes ambitions environnementales. Notre succès, notamment chez les plus jeunes électeurs, dépendra de nos positions en ce domaine. On a beaucoup déploré le manque de projet de société au cours de cette campagne électorale : l’environnement et l’avenir de notre planète constituent un incontournable. 

Le gouvernement Couillard n’a jamais bénéficié du crédit qui lui revient pour la performance économique extraordinaire du Québec des quatre dernières années.

La situation financière actuelle du Québec nous permet toutefois de faire face à l’avenir avec optimisme. 

Le visage social du PLQ

Ce qui a fait la force du Parti libéral du Québec depuis 150 ans, c’est cette capacité à conjuguer développement économique et justice sociale. Il faut désormais mettre davantage de l’avant ce visage plus social du PLQ. Il nous faut renouer avec l’électorat francophone. Il nous faut proposer un projet collectif qui fera rêver les Québécois à nouveau. Le Parti libéral est un grand parti, nous serons une opposition efficace et constructive, et surtout, nous saurons rebondir pour regagner la confiance des Québécois dans quatre ans. Je serai présent et d’ici là, je participerai à cet exercice qui attend tous les militants pour renouveler le Parti libéral du Québec.

* L’auteur est également ex-directeur de cabinet dans le gouvernement Couillard.

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