Climat

Dernière manifestation pour l’environnement à Montréal d’ici la fin des classes

Pancartes à la main, maquillage vert sur le visage, tambours autour du cou : ils étaient quelques milliers d’élèves, ainsi que des retraités, dans les rues de Montréal, hier, pour cette dernière manifestation d’ici l’été.

« On est plus chauds, plus chauds, plus chauds que le climat », criaient-ils à s’en rompre la voix. Emplis d’énergie et d’espoir, les étudiants ont parcouru les trois kilomètres séparant le parc Jeanne-Mance de la cathédrale-basilique Marie-Reine-du-Monde-et-Saint-Jacques, où s’est achevée la marche.

C’était la 14e et dernière manifestation pour l’environnement de l’année scolaire. Depuis trois mois, les élèves envahissent les rues chaque vendredi pour crier leur inquiétude et demander au gouvernement d’agir. « Il faut sauver la planète ! La planète est brisée, alors je crie pour que le gouvernement m’aide », a expliqué Charly, 5 ans, qui manifestait avec sa mère et son grand frère.

« Il faut y croire ! »

Pour certains, cette dernière action de l’année scolaire était l’occasion de marquer le coup. Georgia, 16 ans, élève au cégep, a pris part à toutes les manifestations depuis le 22 février. « Pour la dernière, j’ai voulu me déguiser en abeille parce qu’elles meurent petit à petit chaque jour, alors qu’elles sont essentielles pour l’environnement. »

Malgré le peu de réactions des autorités, les jeunes ne perdent pas espoir. Vêtue d’une robe verte, Leïla, 17 ans, arborant un cercle vert sur son sac en signe d’engagement, danse et chante dans la rue. C’est la troisième fois qu’elle participe à une manifestation pour l’environnement. « J’étais désespérée à l’idée de voir ma planète mourir, mais, quand je vois tous ces jeunes dans la rue, j’y crois. Il faut y croire ! »

Claude est retraitée depuis quatre ans. Cette habitante de Québec en séjour à Montréal a décidé de se joindre au mouvement. « J’ai organisé de nombreuses manifestations quand j’étais jeune et je n’ai jamais arrêté. Aujourd’hui, je comprends l’urgence et la peur de la jeunesse. Il faut la soutenir. »

Et du soutien, les jeunes en réclament. Mais ce qu’ils attendent plus que tout, ce sont des réponses. Les porte-parole de La planète s’invite à l’université ont interpellé les autorités. « J’ai honte de ceux qui fuient le présent en dépit du futur. Vous nous menez à l’autodestruction. »

Les élèves espèrent un « changement immédiat » de la part du gouvernement. « La bataille prend fin, mais le combat n’est pas terminé », a conclu Sarah Montpetit, porte-parole de Pour le futur Montréal.

Actualités

Sainte-Marthe ne veut pas être classée en zone inondable

La partie riveraine de la municipalité de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, sur laquelle s’est portée l’attention de tout le Québec après la rupture de sa digue, le mois dernier, devrait être considérée comme une zone inondable.

C’est la recommandation des experts chargés de réévaluer les cartes du secteur, recommandation formulée à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), selon Radio-Canada. Leurs nouvelles cartes font simplement abstraction de la digue construite sur la rive du Saint-Laurent.

Ce changement pourrait chambouler la vie des résidants du secteur, notamment en bloquant la reconstruction de maisons sinistrées et en en rendant d’autres impossibles à assurer.

La mairesse de la municipalité, Sonia Paulus, s’oppose de façon ferme à cette proposition.

« C’est certain que ma position n’est pas du tout en ce sens », a-t-elle déclaré hier à la télévision publique. « J’ai quand même 1500 maisons, j’ai des citoyens qui vont être déplacés, c’est un drame humain, ça n’a pas de sens. Je ne crois pas que notre gouvernement ne soit pas à l’écoute. »

Toujours hier, Statistique Canada a rendu publique une analyse avançant que près de 10 000 logements avaient été inondés ou menacés d’inondation au Québec ce printemps.

« Des satellites ont relevé plus de 600 kilomètres carrés de terres inondées, les régions de l’est du Canada étant les plus touchées », a indiqué Statistique Canada. « Les zones inondées comprenaient 153 kilomètres carrés de terres agricoles où les inondations pourraient retarder l’ensemencement du printemps ou entraîner la perte de terres productives pour la saison de végétation de 2019. » 

Conflit opposant Grenville-sur-la-Rouge à une société minière

La Cour d’appel refuse de se prononcer

La Cour d’appel du Québec a refusé hier matin de se prononcer sur la cause opposant la société minière Canada Carbon à la municipalité de Grenville-sur-la-Rouge.

La petite municipalité des Laurentides tente de faire invalider la poursuite en dommages-intérêts de 96 millions de dollars intentée par l’entreprise de Vancouver.

Elle a porté en appel la décision de la Cour supérieure du Québec, qui avait estimé en novembre qu’il était prématuré de qualifier l’action de « poursuite-bâillon ».

La Cour d’appel, qui entendait cette requête hier matin, à Montréal, se demande toutefois s’il est de sa compétence de se prononcer sur la décision d’un tribunal inférieur portant sur une « requête en rejet ».

Elle a donc invité les parties à soumettre leur argumentaire sur la question d’ici deux semaines.

« Ce n’est pas une décision sur le fond, on parle d’une demande de permission d’appeler et il faut faire le débat », a expliqué à La Presse Me Marc-André LeChasseur, avocat de la municipalité.

Si la Cour d’appel ne parvient pas à déterminer si elle a compétence pour trancher la question, les parties en débattront lors d’une audience en août, si bien que l’appel sur le fond ne pourrait être entendu qu’à l’automne.

Poursuite-bâillon ?

L’étirement du processus « démontre qu’il y a un problème dans les lois actuelles, qui ne sont pas assez claires, pas assez fortes, pour protéger les municipalités dans des situations semblables », a déclaré à La Presse Ugo Lapointe, coordonnateur de Mining Watch Canada et membre de la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine.

Grenville-sur-la-Rouge « doit se défendre depuis près d’un an et elle en a encore facilement pour une autre année, sinon deux », dit-il.

Si les grandes municipalités ont les ressources humaines et financières pour faire face à de telles procédures, c’est « extrêmement difficile » pour les plus petites qui n’ont pas les mêmes moyens, souligne M. Lapointe, qui rappelle que Grenville-sur-la-Rouge vient de subir des inondations.

« Ils ont d’autres chats à fouetter ! », s’exclame-t-il.

Canada Carbon reproche à Grenville-sur-la-Rouge de lui faire perdre des revenus potentiels en bloquant son projet de carrière de marbre et de mine de graphite à ciel ouvert.

Le montant de sa poursuite, 96 millions, équivaut à 16 fois le budget annuel de la municipalité de près de 2800 habitants.

Grenville-sur-la-Rouge estime qu’il s’agit d’une poursuite stratégique et souhaite la faire rejeter par les tribunaux.

Circulation

Entraves limitées pour le long week-end

Il y aura peu d’entraves majeures à la circulation sur le réseau autoroutier de la région métropolitaine durant la longue fin de semaine qui s’amorce aujourd’hui. Plusieurs des bretelles de l’échangeur Turcot seront toutefois fermées, et l’autoroute 40 sera complètement fermée dans les deux directions, le temps d’une nuit, à la hauteur de l’autoroute 13.

Échangeur Turcot

Les autoroutes qui traversent l’échangeur Turcot seront à peu près complètement libres de toute entrave, hormis l’autoroute Décarie (A15), juste au nord de l’échangeur Turcot, où une voie a été retranchée, jusqu’à 5 h lundi matin.

Les bretelles alimentant l’A15 Nord sont, en conséquence, fermées pour réduire le volume de circulation. Ainsi, les bretelles vers l’A15 Nord en provenance du centre-ville de Montréal, via la route 136 Ouest, ou de l’ouest de Montréal, via l’autoroute 20 Est, ne seront pas accessibles non plus jusqu’à lundi matin.

Les automobilistes qui utilisent l’autoroute Décarie en direction sud devront aussi emprunter des déviations pour se rendre vers le centre-ville ou dans l’ouest de l’île de Montréal. Les bretelles de l’A15 Sud en direction de la route 136 Est ou vers l’autoroute 20 Ouest sont fermées toute la fin de semaine, jusqu’à 5 h mardi.

Enfin, le trafic en provenance de l’ouest de l’île n’aura pas accès à l’autoroute 15 Sud pour prendre la direction du pont Champlain et de la Rive-Sud. La bretelle reliant l’autoroute 20 Est à l’autoroute 15 Sud est fermée jusqu’à mardi matin.

Échangeur 13/40

L’autoroute 40 sera aussi complètement fermée à la circulation, et ce, dans les deux directions, sous l’échangeur de l’autoroute 13, mais pour quelques heures seulement, dans la nuit de demain à lundi.

L’A40 sera fermée dans les deux directions à partir de 23 h demain soir, jusqu’à 5 h lundi matin, et s’étendra de la sortie 60 de l’autoroute, jusqu’à l’entrée suivante, de l’autre côté de l’échangeur. Les automobilistes pourront contourner les entraves en empruntant les voies de desserte, de part et d’autre de l’A40.

Pont Champlain/Rive-Sud

De leur côté, les usagers du réseau routier de la Rive-Sud de Montréal doivent prendre note que les bretelles reliant le boulevard Marie-Victorin à l’autoroute 10 Ouest et au pont Champlain, en direction de Montréal, seront fermées pour toute la longue fin de semaine. La circulation n’y sera rétablie qu’à 5 h, mardi matin.

Commission spéciale sur la protection de la jeunesse

François Legault choisit Régine Laurent

Régine Laurent, ancienne leader de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, présidera la future commission spéciale sur la protection de la jeunesse, a annoncé hier le premier ministre François Legault sur Twitter. « Elle saura identifier les solutions pour mieux accompagner notre jeunesse », a-t-il écrit. Les partis de l’opposition avaient fait savoir, cette semaine, qu’ils n’étaient pas informés par le gouvernement du processus de mise sur pied de la commission et avaient manifesté leur souhait d’y participer. Hier après-midi, le Parti libéral, Québec solidaire et le Parti québécois ont diffusé un communiqué commun pour exprimer leur déception. Dans son tweet, M. Legault affirme que « tous les détails seront annoncés prochainement » et précise que la démarche sera accomplie « en collaboration » avec les partis de l’opposition. — La Presse canadienne

Meurtre dans un restaurant de brossard

Le crime pourrait être lié aux motards

Le meurtre d’Eric Francis De Souza, survenu le 10 mai dans un restaurant de Brossard, serait « lié à des activités des motards », selon une source policière. La Sûreté du Québec (SQ) a précisé qu’aucun élément pour l’instant ne laissait croire que le meurtre avait un lien avec les homicides des dernières semaines. M. De Souza a été atteint par balle à l’intérieur du restaurant Sofia, dans le quartier DIX30, la semaine dernière. L’homme de 24 ans est mort dans la nuit à l’hôpital. Aucun suspect n’a encore été arrêté. Une arme de poing avait été retrouvée non loin du lieu du crime peu après les événements. Le service d’enquête des crimes contre la personne de la SQ, en collaboration avec le Service de police de l’agglomération de Longueuil, s’occupe maintenant du dossier.

— Janie Gosselin et Daniel Renaud, La Presse

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