Flyers–Canadien

« un pas vers l’avant »

Malgré une performance plus convaincante, le Tricolore subit sa septième défaite d’affilée. Analyse et réactions.

Analyse

À la recherche d’une étincelle

On peut probablement commencer avec le bout plate : si ça continue comme ça, le Canadien conclura sa saison avec une récolte de 88 points et, dans la LNH d’aujourd’hui, est-ce bien assez, 88 points, pour se faire une place en séries ?

La réponse est un gros non.

Remarquez, le Canadien n’a pas si mal joué face aux Flyers de Philadelphie, samedi après-midi au Centre Bell. Mais cette défaite de 4-3 en prolongation s’ajoute aux six précédentes, et c’est bien ça le problème : de manière générale, les longues séries de défaite, ça ne pardonne pas.

« On a mieux joué, avec plus de confiance cette fois », a fait remarquer Tomas Tatar dans le vestiaire. « Il y avait quelque chose de plus urgent cette fois dans notre jeu. Mais le fait de pouvoir sortir de là avec seulement un point récolté, ça fait mal. »

L’attaquant a bien raison : ça fait mal, en effet. Parce que le Canadien n’a obtenu que trois points en sept matchs et, pendant ce temps, la compétition commence à se mettre en marche. Et, de grâce, évitons de ramener dans cette conversation les Blues de St. Louis et leur saison magique de l’an passé, eux qui se sont sortis de l’enfer des bas fonds pour grimper au zénith. C’est arrivé une fois, et on s’entend, ça n’arrivera pas chaque année.

Ce qui coule le Canadien, c’est encore un peu la même chose : des trous en défense et un deuxième gardien qui n’inspire pas confiance.

En défense, on va se le dire, c’était déjà difficile, et ça pourrait le devenir encore plus si jamais Victor Mete, blessé à une jambe à cause d’une collision avec un joueur des Flyers samedi, est absent pour un bout. Pour le moment, tout ce qui a été confirmé, c’est qu’il ne sera pas de la rencontre de dimanche soir, à Boston.

Il ne sert à rien de s’attarder aux gaffes du passé, mais on le fera pareil : depuis le départ d’Andreï Markov, en 2017, combien de défenseurs ont été amenés au Centre Bell par la direction du Canadien, souvent à titre de solutions rapides ? On n’a sans doute pas assez de doigts pour les compter. 

De Karl Alzner à David Schlemko, en passant par Mark Streit et Jakub Jerabek, on ne compte plus le nombre de décisions douteuses qui ont été prises à cette position ô combien importante, des décisions qui ont des répercussions sur ce que vous avez sous les yeux présentement.

Souvent, quand on se trompe ainsi, on demande à d’autres d’en faire plus, et c’est cette surcharge de travail qui peut nuire au jeu des vétérans, comme Shea Weber et Jeff Petry.

Qui se lèvera ?

C’est un peu la même chose concernant le réserviste derrière Carey Price. Quel est le dernier gardien numéro deux à avoir vraiment inspiré confiance par ici ? Trop souvent, le Canadien se retrouve avec un gardien en fin de carrière… qui joue comme un gardien en fin de carrière. Ben Scrivens. Antti Niemi. 

Cette saison, c’est Keith Kinkaid qui devrait être capable d’arrêter un tir comme celui d’Ivan Provorov en prolongation.

Ça paraît encore pire quand Carey Price traverse une période difficile, comme c’est le cas ces jours-ci. Tout le monde s’entend que Price n’a plus 25 ans et qu’il devrait avoir une charge de travail plus modeste, mais le jeu de Kinkaid ne permet pas d’établir une telle stratégie.

Il n’y a pas de défenseur de premier plan à Laval. Il y a un jeune gardien, Cayden Primeau, qui est bourré de potentiel, mais veut-on vraiment l’amener ici dans ces circonstances ? Bien sûr que cette équipe aurait besoin d’une étincelle, mais on ne peut demander ça à Primeau, qui vient à peine d’avoir 20 ans.

Alors la solution devra venir de la formation actuelle. Mais qui, dans ce vestiaire, se lèvera ?

Vous admettrez qu’il s’agit d’une excellente question.

Ils ont dit

« J'aurais pu faire un arrêt de plus »

« Les Flyers ont disputé un bon match et ils ne nous ont pas donné grand-chose. Mais j’aurais pu faire un arrêt de plus à la fin. » — Keith Kinkaid

« C’est un résultat qui est très décevant parce qu’on a bien joué, on a fait du meilleur travail dans la zone neutre, entre autres. On a disputé un match solide qui aurait pu aller d’un bord comme de l’autre. Je dirais qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction. » — Nick Cousins

« Je m’attendais un peu à être rappelé parce que je savais que ça n’allait pas si bien ici. Ça ressemble un peu à la situation du Rocket à Laval avec les blessures, et puis quand Victor Mete est tombé au combat, ce sont les cinq autres défenseurs qui ont pris le relais de belle manière. » — Gustav Olofsson

« J’ai trouvé qu’on a joué un bon match dans l’ensemble. Il n’y a pas grand-chose que l’on pouvait faire de différent, et on a quand même perdu. » — Tomas Tatar

« Je ne dirais pas que je suis satisfait, mais ce fut beaucoup mieux que dernièrement. On a fait du bien meilleur travail défensivement. C’est une équipe dangereuse offensivement. On a limité les chances de marquer, surtout les chances de qualité. C’est un pas vers l’avant. On va chercher un point, c’est mieux qu’aucun. On peut bâtir là-dessus, on va essayer de rebondir à Boston. » — Claude Julien

Propos recueillis par Richard Labbé et Guilaume Lefrançois, La Presse

Dans le détail

Revoici les Finlandais

En troisième période, Claude Julien a réuni Artturi Lehkonen, Jesperi Kotkaniemi et Joel Armia au sein d’un même trio. Les trois Finlandais avaient formé une unité pendant plusieurs matchs l’an passé, mais l’entraîneur-chef ne les avait toujours pas réunis cette saison. Les résultats ont été probants. Armia, qui a été incandescent tout au long du match, a bien failli donner la victoire à son équipe alors qu’il restait six secondes à jouer en troisième période. Lehkonen connaît de bons moments, avec quatre buts à ses six derniers matchs. Et Kotkaniemi joue mieux depuis quelques matchs. Ce changement a valu à Nick Cousins une promotion à la gauche de Max Domi. On verra si, en jouant avec son bon ami, Domi renouera avec le succès. Une autre sortie discrète pour le numéro 13, samedi.

Une première pour Olofsson

Gustav Olofsson disputait samedi son premier match en LNH depuis le 29 mars 2018. Blessé pendant la quasi-totalité de la saison dernière, le Suédois revient donc de loin. Et la blessure de Victor Mete (reste à voir la durée de son absence) pourrait lui ouvrir la porte, puisque les deux sont gauchers. Cela dit, il a disputé un premier match sans grand éclat. Il était sur la patinoire pour deux buts des Flyers et a paru hypnotisé – comme ses coéquipiers, d’ailleurs – sur le but de Kevin Hayes. En 11 minutes, il a obtenu un tir au but et bloqué trois tirs. À sa défense, il a été rappelé de Laval la veille du match et ne s’est toujours pas entraîné avec ses coéquipiers. « Ç’a été vite comme revirement de situation, mais je suis content de revenir à ce niveau. C’est un pas dans la bonne direction. Je ne dirais pas que je suis super satisfait du résultat, mais je vais regarder ce que je peux améliorer. » Julien a aussi évoqué les circonstances atténuantes. « Philadelphie est une des meilleures équipes en novembre. Ce n’est pas un match facile pour revenir. »

Toute une promotion !

Au centre du premier trio des Flyers : un certain Morgan Frost, choix de premier tour en 2017 (27e au total). Frost ne disputait qu’un septième match dans la LNH, et les sept, il les a joués comme centre de Claude Giroux ! Le joueur de 20 ans a eu droit à un rappel après seulement 16 matchs dans la Ligue américaine, signe d’une progression rapide. En troisième période, par contre, Michael Raffl a eu droit à quelques présences à sa place au sein du premier trio. Frost a obtenu une belle occasion en première période, mais a ensuite été plutôt effacé. À 170 lb, il semble encore un peu frêle pour jouer avec des hommes, et ça a paru sur quelques présences. Mais il est promis à une belle carrière.

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