Maisons de jeunes

Le secret pour durer

Quel est le secret des maisons des jeunes pour rester populaires au fil des années ? Elles ont su s’adapter au fil du temps. Entrevue avec Nicholas Legault, président du Regroupement des maisons des jeunes (MDJ) du Québec depuis huit ans.

Comment expliquez-vous qu’il y a encore des adolescents dans les MDJ malgré la compétition directe des nouvelles technologies ?

Parce que, justement, on utilise la technologie pour aller les rejoindre. On utilise Facebook et Instagram. La programmation des MDJ est affichée sur l’internet. Il y a des projets qui se développent sur l’utilisation des nouvelles technologies. On entre en contact directement avec les jeunes pour les accompagner. C’est vraiment le moyen le plus efficace. On entend souvent que les jeunes sont toujours sur leur cellulaire, toujours derrière leurs écrans. C’est vrai, mais on a décidé d’utiliser ça comme un moyen pour entrer en contact avec eux. Ça permet d’avoir des interactions plus humaines, plus directes par la suite. La maison des jeunes s’adapte beaucoup aux différentes réalités des jeunes au fil du temps : c’est le reflet à petite échelle de la communauté.

Est-ce que les adolescents en 2019 sont différents de ceux qui ont grandi avant l’arrivée massive des technologies ?

Non. Que ce soit aujourd’hui ou il y a 10 ans, les adolescents vont encore passer par les mêmes stades, les mêmes questionnements. C’est une époque où l’on s’éloigne de nos parents pour forger notre identité avec nos amis. On fait de premières expériences, on veut tirer un peu plus sur l’élastique.

Qu’arriverait-il si les maisons des jeunes fermaient du jour au lendemain ?

Le nombre de problèmes sociaux monterait en flèche. Les urgences seraient plus pleines qu’avant. On verrait plus de gens à la rue. Plus de nos jeunes adolescents se retrouveraient dans la délinquance. On verrait plus de pauvreté aussi.

Qu’est-ce que les jeunes viennent chercher ?

Ça dépend. Il y a des jeunes qui sont là tous les jours du début jusqu’à la fin et d’autres qui ne sont que de passage 15 minutes pour jaser. L’important, c’est le lien significatif entre l’animateur et le jeune. Tu ne retrouves pas ce lien ailleurs. On n’est ni un parent ni un professeur. On est là pour accompagner les jeunes sans jugement.

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