À mi-chemin entre Caméra 89 et L’arbitre !

La productrice de la nouvelle émission de médiation Goldwater à l’écoute, Sophie Ferron, le jure : aucun des participants que vous verrez en découdre avec la « colorée » Anne-France Goldwater ne pratique le métier d’acteur.

C’est très important à savoir. Après avoir visionné le premier épisode, que Canal Vie relaie lundi à 21 h, j’aurais juré que les couples à la dérive que Me Goldwater tente de rabibocher jouaient un rôle puisé dans l’intrigue la plus flyée de la télésérie Ruptures.

C’est hautement divertissant, mais ça frôle le « freak show ». On y navigue entre Caméra 89 de TQS et L’arbitre

Jugez-en par vous-mêmes. Valérie, 46 ans, et Véronique, 36 ans, forment le premier couple qui consulte la spécialiste en droit familial Anne-France Goldwater et le psychologue Paul Simard pour sauver sa relation.

Peintre en bâtiment, Valérie souffre d’un trouble de la personnalité limite qui l’empêche de travailler. Sans en piper mot à sa conjointe, Véronique a couché avec un gars sur la banquette arrière de son auto, à 3 h du matin, pour tomber enceinte. Le bébé a aujourd’hui 5 mois.

Les deux femmes se disputent maintenant les prestations du Régime québécois d’assurance parentale. Ah ! oui, en 17 ans de vie commune, Valérie et Véronique ont rompu tous les trois mois – donc plus de 60 fois – à la suite de crises violentes et de l’intervention de la police. Et avant de rencontrer Véronique, Valérie a eu deux filles, qu’elle a placées chez sa mère et son ex-conjoint.

Pour rendre cette histoire encore plus lourde, sachez qu’au baptême de son garçon, Véronique, elle-même une enfant de la DPJ, lui a enfilé des bas qu’elle avait volés dans un magasin. Essayez maintenant de réconcilier tout ce beau monde.

Ce n’est cependant pas le cas le plus bizarre. Voici Narcissé, un designer de 31 ans à la sexualité non définie, qui consulte Me Goldwater pour un problème de jalousie. Sa conjointe, pardon, sa muse s’appelle Mariposa et travaille comme mannequin. Rapidement, on comprend que Mariposa est transgenre.

Me Goldwater cuisine Mariposa sur son âge (qu’elle estime à plus de 40 ans) et sur ses capacités biologiques à porter des enfants, ce que souhaite son copain Narcissé. Rien à faire, Mariposa se ferme comme une huître et se borne à répéter qu’elle a 29 ans. Bonne chance pour les rapprocher. D’autant plus que Narcissé et Mariposa n’ont jamais couché ensemble.

En 13 épisodes d’une heure, Anne-France Goldwater et le psy Paul Simard rencontreront 25 couples en difficulté, dont 15 qui compléteront leur séparation.

Le premier épisode montre également le cas d’un père suicidaire, insolvable et cocaïnomane qui a accumulé un retard de 25 000 $ dans ses paiements de pension alimentaire. Ce couple se lançait des couches remplies de caca en période de crise. De bord en bord de la pièce.

Dans un autre dossier, un papa de six enfants confie à la caméra que son amour des jeux vidéo passait avant sa progéniture. Ce même père, pour se défouler, « faisait des trous dans le mur avec sa tête ».

Seigneur que je suis content de mener une vie relativement calme si je me compare aux cas extrêmes qui défilent à Goldwater à l’écoute.

Personnellement, je préfère voir Anne-France Goldwater à la télévision, dans un format bien encadré, que de l’entendre commenter l’actualité à l’emporte-pièce.

En rencontre de presse jeudi matin, Me Goldwater a décrété que les transgenres ne devraient pas avoir le droit de se faire « couper les couilles » avant 10 ans de thérapie.

Pour l’avocate qui facture 735 $ l’heure, pas question non plus de prescrire des bloqueurs d’hormones aux ados en transition, car ils risquent « de changer d’idée ». Allô la compassion.

Sa défense acharnée des pitbulls me dépasse tout autant. 

Il y a deux ans, Me Goldwater a également déclaré à Tout le monde en parle qu’elle piratait plusieurs émissions de télévision. Pour une avocate sensibilisée à la question des droits d’auteur et qui travaille elle-même en télé, c’est pas fort, fort.

XOXO se stabilise

L’arrivée des jumeaux un peu nonos de XOXO a freiné la chute de la téléréalité de TVA dans les cotes d’écoute. Le dernier épisode a été visionné par 390 000 courageux, toujours derrière L’épicerie (658 000) et Les enfants de la télé (792 000) de Radio-Canada.

Mardi soir, Unité 9 (1 100 000) a repris de l’avance sur O’ (906 000). Il faut souligner que depuis que les intrigues sont revenues entre les murs de Lietteville, la série de Danielle Trottier est vraiment plus intéressante.

L’heure bleue (907 000) reste loin devant Faits divers (378 000), et la popularité de District 31 (1 303 000) ne dérougit pas. En heure de grande écoute, c’est Occupation double qui procure à V ses meilleurs chiffres d’audience.

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