Webinaire

Y a-t-il trop de biographies de vedettes au Québec ?

Mego. Michel Courtemanche. Josée Boudreault. Étienne Boulay. Béatrice Picard. Jérémy Demay. Ces personnalités ont toutes publié récemment un livre portant sur leur vie. Au Québec, l’autobiographie et la biographie de personnalités publiques sont des genres particulièrement prisés. Pourquoi ? 

Participez à notre webinaire gratuit aujourd’hui, entre midi et 13 h. 

Mario Girard animera la discussion en compagnie de Véronique Lauzon, journaliste de la section Arts de La Presse, Chantal Guy, journaliste et critique de la section Arts lectures de La Presse, et Pierre Cayouette, ancien journaliste, auteur et éditeur aux Éditions La Presse.

Prix littéraires

Nicolas Mathieu remporte le Goncourt

Paris — Nicolas Mathieu a remporté hier le prix Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone, avec Leurs enfants après eux (Actes Sud), fresque politique et sociale, roman d’apprentissage sur l’adolescence.

Le prix Renaudot a été attribué à Valérie Manteau pour Le sillon (Le Tripode), qui évoque la figure du journaliste et écrivain Hrant Dink, militant de la cause arménienne assassiné par un nationaliste turc. Elle ne figurait pas dans la liste des finalistes du prix.

Les jurés du prix Renaudot ont en outre attribué un « prix spécial » à Philippe Lançon pour Le lambeau, qui a remporté lundi le prix Femina, et décerné le Renaudot essai à Olivia de Lamberterie pour Avec toutes mes sympathies (Stock), récit bouleversant dans lequel la journaliste d’Elle relate le suicide de son frère Alex.

« J’ai passé 18 mois enfermé dans une pièce seul, et là, je suis tout d’un coup comme un lapin devant les phares d’une voiture », a lancé Nicolas Mathieu devant une nuée de micros au restaurant Drouant.

« Ce prix va changer forcément ma vie. Je pense à mon fils Oscar. Dans ces cas-là, on revient aux fondamentaux, je pense à ma famille, mes parents, la ville où je suis né [Épinal], aux gens dont je parle dans le livre. Tout ça, ça remonte », a-t-il déclaré.

Leurs enfants après eux est le deuxième livre de Nicolas Mathieu, 40 ans. Comment se faire une vie quand à 14 ans on habite Heillange, une ville fictive, mais qui ressemble à tant d’autres villes saignées par la mondialisation, avec ses hauts-fourneaux muets et l’ennui pour seul horizon ?

« Un roman d’apprentissage, c’est un roman de désillusion », a récemment souligné l’écrivain interrogé par une journaliste de l’AFP.

Nicolas Mathieu suit une poignée d’adolescents, au cours de quatre étés (1992, 1994, 1996 et 1998). Tous ces gamins rêvent de « foutre le camp », mais que faire d’ici là ? Dans la torpeur de l’été, on tente de tuer l’ennui en matant les filles rassemblées au bord du lac. Il y a l’espoir que « quelque chose arrive » même si les eaux du lac « ont la lourdeur de pétrole ».

Les adultes ne sont pas mieux lotis. Le père d’Anthony, ancien métallo, vivote en faisant de l’entretien de jardins et s’épuise dans l’alcool et la rancœur.

Malgré leurs rêves, les adolescents sont condamnés à vivre la vie étriquée de leurs parents. Les désirs demeurent inassouvis, même la rage de vivre s’étiole.

« J’ai voulu raconter le monde d’où je viens. C’est une tentative littéraire et politique. Dès qu’on parle des gens, de la façon dont ils vivent, dont ils s’aiment, c’est un acte politique. Il y a un peu de moi forcément. Mon effort a été de restituer le temps présent, comprendre comment marchent nos vies. Ça passe par des détails, un ancrage maximum dans le réel. Le réel, c’est mon souci », a encore dit Nicolas Mathieu hier.

L’an dernier, le Goncourt avait été attribué à Éric Vuillard pour L’ordre du jour (Actes Sud).

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