Revue boursière

Effrayées par le commerce et l’économie américaine, les Bourses plongent 

Après un répit de quelques séances ayant suivi des mois d’octobre et de novembre chaotiques, les turbulences ont refait surface, hier, à Wall Street, sous l’effet d’une flambée brutale des inquiétudes quant à un potentiel ralentissement de la croissance américaine.

À la clôture, le Dow Jones a perdu 3,1 %, ou près de 800 points, à 25 027,07 points ; le NASDAQ a de son côté abandonné 3,8 %, à 7158,43 points, et l’indice élargi S&P 500, 3,2 %, à 2700,06 points.

Au premier rang de ces inquiétudes : la guerre commerciale entre Pékin et Washington.

« L’incertitude refait surface sur la possibilité ou non d’un accord définitif » entre la Chine et les États-Unis, ont observé les analystes de Charles Schwab.

Après avoir réservé lundi un accueil très positif aux avancées entre le président Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping lors du sommet du G20 en Argentine, les courtiers semblaient beaucoup moins emballés devant l’ampleur des progrès à réaliser en moins de 90 jours, la durée de la trêve décidée entre les deux pays.

Le président américain lui-même, prompt à vanter ses talents de négociateur, et qui avait mis de l’avant lundi le « grand bond en avant » dans les relations avec son partenaire, s’est montré plus circonspect hier sur les chances de succès des négociations.

Pour la première fois, le locataire de la Maison-Blanche a évoqué la possibilité de prolonger la trêve en vigueur jusqu’au 1er mars, avant de faire passer de 10 à 25 % les taxes douanières sur 200 milliards US de produits chinois importés.

Inquiétudes

Plusieurs observateurs s’étaient inquiétés lundi du délai très court de trois mois pour parvenir à un accord commercial.

« Les gens commencent à disséquer les détails du cessez-le-feu et s’aperçoivent qu’il va être difficile de trouver un accord définitif dans les 90 jours », a résumé Nate Thooft, de Manulife AM.

Faute d’accord entre les deux pays, une nouvelle accélération des sanctions commerciales aggraverait la perspective d’affaiblissement de l’économie américaine et mondiale.

Chute des banques

Cette incertitude s’est traduite par un repli des indices dès l’ouverture et par un plongeon particulièrement élevé des deux multinationales considérées par les marchés comme un baromètre des relations Pékin-Washington, Boeing (- 4,9 %) et Caterpillar (- 6,9 %).

Cette inquiétude relativement à la croissance américaine a entraîné en outre la dégringolade des valeurs technologiques, très dépendantes de la bonne santé économique aux États-Unis et un peu partout dans le monde : Apple a perdu 4,4 %, Amazon, 5,9 % et Netflix, 5,2 %.

Les taux d’intérêt de la dette des États-Unis, dont les taux à long terme sont généralement le reflet des attentes des investisseurs en matière de croissance et d’inflation, ont de leur côté sonné l’alarme.

Le taux d’intérêt à 41 ans ont chuté nettement, à 2,907 %, et l’écart entre ce taux et celui des bons à deux ans est le plus faible depuis 2007.

Or, un passage du taux à 10 ans en dessous du taux à deux ans est considéré historiquement comme un signe avant-coureur de récession aux États-Unis, ce qui a notamment été observé lors des trois dernières récessions américaines.

Ralentissement en vue

« Bien qu’il soit beaucoup trop prématuré de parler de récession pour l’instant, le marché est clairement en train de nous dire que la croissance et l’inflation vont ralentir l’an prochain », a commenté Karl Haeling, de LBBW.

Ce rapprochement des taux a eu une autre conséquence directe sur le marché, celle d’affaiblir les entreprises du secteur bancaire, particulièrement sensibles à un rapprochement des taux à court et à long terme.

Goldman Sachs a abandonné 3,8 %, JPMorgan Chase, 4,5 %, et Bank of America, 5,4 %.

Signe de la nervosité qui a saisi à nouveau les investisseurs, l’indice de volatilité à Wall Street, le VIX, a retrouvé un sommet depuis 10 jours.

Au canada aussi

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a cédé 211,39 points (- 1,4 %) pour clôturer à 15 063,59 points.

Les banques TD, Scotia et RBC ont perdu entre 0,8 % et 1,7 % durant la séance.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 75,65 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 75,81 cents US de la veille.

Le profit de la BMO bondit 

La Banque de Montréal (BMO) a augmenté son dividende en dévoilant un bénéfice du quatrième trimestre en hausse de 38 % par rapport à la même période l’an dernier. L’institution financière, la dernière des cinq plus grandes banques du pays à publier ses résultats pour son quatrième trimestre et son exercice 2018, a imité ses consœurs en livrant des profits en hausse par rapport à l’an dernier. Mais la BMO a aussi surpassé les attentes des analystes, ce qui n’a pas été le cas de toutes ses concurrentes. La banque a affiché un bénéfice de 1,7 milliard, ou 2,57 $ par action, par rapport à celui de 1,23 milliard, ou 1,81 $ par action, à la même période en 2017. — La Presse canadienne

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