Résultats

Dur séance boursière pour Mediagrif

Mediagrif a traversé mercredi une des pires séances boursières de son histoire après la présentation de ses plus récents résultats trimestriels. L’entreprise de Longueuil spécialisée en commerce électronique a perdu en une seule journée 20 % de sa valeur restante.

« C’est exagéré », lance le gestionnaire de portefeuille Stephen Takacsy, chez Gestion Lester.

Nick Corcoran, de la firme Acumen Capital, abonde dans son sens. Toutefois, si cet analyste s’attendait à ce que les marges bénéficiaires se retrouvent sous pression, il ne s’attendait pas à ce que ça survienne aussi rapidement. Et de façon aussi prononcée, pourrait-on ajouter.

Le chiffre d’affaires de Mediagrif a reculé de 14 %, à 18 millions, durant les mois d’octobre, novembre et décembre. Une perte nette de 13 cents par action est enregistrée, alors que le consensus des analystes s’articulait autour d’un profit par action de 12 cents. Mais surtout, le bénéfice d’exploitation a chuté de 71 %, à 1,6 million. Nick Corcoran croyait qu’il allait plutôt atteindre 2,6 millions.

Les résultats présentés sont dans leur ensemble néanmoins relativement conformes aux attentes du gestionnaire de portefeuille, Philippe Hynes, de la firme Tonus Capital.

« À première vue, la rentabilité semble faible, mais certains éléments non récurrents ont eu un impact négatif sur le trimestre. Notamment les coûts liés aux départs de certains cadres. »

— Philippe Hynes, de la firme Tonus Capital, au sujet de Mediagrif

Philippe Hynes souligne que le nouveau PDG, Luc Filiatreault – en poste depuis septembre – vient notamment de placer ses « personnes de confiance dans les postes clés ».

Il rappelle qu’avec son nouveau plan stratégique, Mediagrif passe d’un « focus » de rentabilité à court terme à un « focus » de croissance et de plus haute rentabilité à long terme.

« Cette transition ne s’effectuera pas en trois mois, dit-il. Il faut donner du temps au nouveau PDG de démontrer la croissance des ventes que nous attendons. Il a parlé de l’automne mercredi matin en conférence téléphonique, ce qui est bien respectable, selon moi. »

Lorsque la croissance sera au rendez-vous, ajoute Philippe Hynes, le multiple d’évaluation accordé au titre va considérablement changer.

L’action de Mediagrif a perdu 20 % mercredi pour clôturer à 5,75 $ à Toronto. L’action a touché durant la séance son plus bas niveau depuis 2009. Elle valait une vingtaine de dollars en 2016.

« Le titre est de retour au niveau observé à la fin de l’été dernier, alors que Mediagrif n’avait pas encore de PDG et avant l’acquisition de la prometteuse entreprise k-eCommerce », souligne Phillipe Hynes.

Nick Corcoran croit que la communauté financière de Bay Street a été prise de court par la nouvelle stratégie et le niveau de réinvestissement dans l’entreprise (notamment en technologie, marketing et ventes).

Son collègue Amr Ezzat, chez Gestion de patrimoine Echelon, soutient que les dépenses encourues sont nécessaires pour espérer dégager de la valeur à long terme. « La direction s’attend à une augmentation des revenus au terme de la période de transition (12 à 18 mois). »

S’il est permis de croire, selon la direction, que les marges bénéficiaires ne reculeront pas tellement plus loin qu’à leur niveau actuel d’environ 9 %, Amr Ezzat s’attend à ce que d’ici un an et demi, les marges s’approchent de la barre des 20 %.

Mediagrif recentre ses opérations vers ses activités B2B et tente toujours de se défaire du reste de ses plateformes grand public B2C que sont Jobboom et Réseau Contact. La faible croissance des revenus de Mediagrif est attribuable à ces plateformes B2C, selon Amr Ezzat. Mediagrif a annoncé la suspension de son dividende à l’automne afin d’économiser pour investir dans sa stratégie de croissance.

Revue boursière

Les indices font fi du COVID-19

Les principaux indices de la Bourse new-yorkaise ont atteint des niveaux inédits, mercredi, les acteurs du marché se montrant moins inquiets des conséquences économiques du nouveau coronavirus. Le bilan de l’épidémie de pneumonie virale dépasse désormais les 1100 morts. Mais le nombre de nouveaux cas quotidiens a diminué depuis trois jours. « Si le taux de contagion ralentit, c’est positif pour les marchés », observe Gregori Volokhine, de Meeschaert Financial Services. — D’après l’Agence France-Presse

Résultats

Lassonde manque de jus en Bourse

Le déclin boursier de Lassonde Industries, connue pour ses jus Oasis, Everfresh et Sun-Rype, continue de s’accentuer. En baisse de 1 % mercredi à la Bourse de Toronto, l’action a atteint un creux de cinq ans, à 136 $. Pour les actionnaires, l’atteinte d’un tel creux représente une perte de valeur de 12 % depuis le début de 2020, et de près d’un tiers (32 %) depuis un an. De l’avis d’analystes, cette dépréciation boursière serait surtout attribuable à une série de résultats trimestriels décevants. Et cette déception pourrait se répéter dans un mois lors de la publication des résultats trimestriels de fin d’exercice 2019.

— Martin Vallières, La Presse

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.