Médias

Québec ne renflouera pas les régimes de retraite de Groupe Capitales Médias

Québec — Le gouvernement Legault a indiqué hier qu’il n’épongerait pas le déficit des caisses de retraite de Groupe Capitales Médias (GCM), et il n’exigera pas non plus qu’un éventuel acheteur le fasse. Une décision qui a déçu certains retraités de l’entreprise.

« On ne peut pas garantir des fonds de pension », a résumé le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, hier, en marge du caucus des députés caquistes à Rivière-du-Loup.

GCM s’est placé à l’abri de ses créanciers, le mois dernier. Québec lui a accordé un prêt de 5 millions pour maintenir ses activités jusqu’à la fin de l’année. Le groupe qui exploite Le Soleil, Le Droit, Le Nouvelliste, La Tribune, La Voix de l’Est et Le Quotidien est donc à vendre.

L’état des régimes de retraite de la société a été un point important au cours des dernières semaines. Ils soutiennent environ 1000 retraités, mais seulement 400 employés actifs y contribuent.

Le déficit actuariel des différents régimes de GCM s’élevait à 65 millions le 31 décembre dernier. Les taux de solvabilité variaient entre 75 % et 78 % d’un quotidien à l’autre.

Mauvaise surprise pour les retraités du Soleil

La situation du régime des employés du Soleil s’est dégradée encore davantage dans les premiers mois de 2019, ont appris les travailleurs à l’occasion d’une réunion qui s’est tenue à Québec hier après-midi.

« Les gens réalisent aujourd’hui qu’on se retrouve avec des possibilités de perte de rente de 27 % et ça fait mal, a indiqué le journaliste retraité Pierre Pelchat au terme de la rencontre. Il y a des gens chez nous qui ont de très petites rentes, qui sont ici depuis plusieurs années et dont les rentes ne sont pas indexées non plus. »

« Il y a beaucoup de frustration », a-t-il ajouté.

Le déficit des régimes de retraite pourrait devenir une charge importante pour le prochain propriétaire.

Or, a indiqué M. Fitzgibbon, ce ne sera pas un obstacle à la vente du groupe.

« Il y a de l’argent dans la caisse de retraite, 225 millions, je pense, a-t-il dit. Ce n’est pas un trou sans fond. »

Si l’entreprise poursuit ses activités, des travailleurs actifs continueront à cotiser aux régimes, a souligné le ministre. Cela leur permettra de rester à flot, voire de réaliser un surplus.

En revanche, le gouvernement ne forcera pas un repreneur à prendre les régimes à sa charge.

« S’il y a deux acheteurs pour Le Soleil, on va prendre l’offre qui est la plus pertinente pour nous autres, a dit M. Fitzgibbon. S’il y a seulement une offre, il faudra négocier avec les employés. »

Déception et amertume

Ces commentaires ont été accueillis avec déception par certains artisans du quotidien Le Soleil rencontrés hier après-midi. La colère était palpable à la réunion d’information.

« J’ai mis 40 ans de ma vie au Soleil, j’ai mis de l’argent là-dedans, j’ai accepté de mettre plus d’argent dans le régime de retraite pour avoir un revenu différé, a déploré l’ancien journaliste Yves Therrien. S’il ne comprend pas ça, M. Fitzgibbon, c’est parce qu’il a manqué quelques cours de mathématiques. »

« Dans plusieurs cas, ils ont accepté des réductions actuarielles avant de partir à la retraite de façon à donner une chance au Soleil de survivre, a pour sa part indiqué Louis Tanguay. Il y avait des coupures de postes et elles se faisaient souvent par attrition ou par départs volontaires. »

Ces travailleurs risquent d’être doublement pénalisés, a-t-il relevé. Non seulement ils ont accepté de diminuer leur rente dans le cadre de programmes de mises à pied, mais leurs revenus risquent maintenant d’être amputés du quart si l’entreprise cesse ses activités.

Un groupe de retraités souhaite que Power Corporation prenne à sa charge les régimes de retraite puisque cette société a longtemps été propriétaire des six quotidiens de GCM. Ils font valoir qu’elle a déjà assumé la responsabilité de celui des employés de La Presse au moment de sa transformation en organisme à but non lucratif (OBNL) l’an dernier.

« Cette dette, en réalité, elle devrait appartenir aux frères Desmarais, à Power Corporation », a résumé Robert Fleury, ancien journaliste du Soleil.

Non seulement une telle mesure permettrait de sauver la rente des travailleurs, mais elle faciliterait aussi la vente de GCM, a noté M. Fleury.

« On imagine bien qu’il n’y a pas un repreneur qui va vouloir relancer Le Soleil ou Groupe Capitales Médias avec une dette globale de 65 millions dans les fonds de pension », a-t-il convenu.

Le porte-parole de Power Corporation, Stéphane Lemay, a souligné que la cession des quotidiens de Gesca à GCM en 2015 était une transaction privée, dont les termes sont confidentiels.

« Je peux par contre confirmer que Power n’a aucune obligation, qu’elle soit légale, contractuelle ou autre, quant aux régimes de retraite de GCM », a indiqué M. Lemay.

— Avec la collaboration de Tommy Chouinard, La Presse

Nouveau rôle d’évaluation 2020-2021-2022

Un conseiller demande à Montréal d’épargner les locataires

Un vétéran de la scène municipale demande à l’administration Plante-Dorais de baisser le taux de taxation des conciergeries des quartiers centraux dans le prochain budget.

Marvin Rotrand, conseiller du district Snowdon depuis 37 ans, a expliqué à La Presse que la valeur des tours résidentielles a augmenté de façon plus importante que celle des condos, des plex ou des maisons dans le rôle d’évaluation qui a été déposé mercredi. En conséquence, seule une baisse de taux de taxation de la catégorie des immeubles de six logements et plus évitera aux propriétaires et à leurs locataires de devoir supporter un fardeau fiscal additionnel.

« Si la Ville ne le fait pas, il va y avoir un déplacement des taxes, a-t-il dit. Déjà, depuis deux ans, il y a des pressions sur les locataires à cause du précédent rôle dans cette catégorie [six logements et plus] qui avait aussi connu une hausse de valeur supérieure à la moyenne », a indiqué le conseiller indépendant à La Presse au cours d’un entretien téléphonique.

Le règlement sur la fixation des loyers permet aux propriétaires d’éponger la hausse de taxes par le truchement d’une augmentation de loyer à leurs locataires. M. Rotrand souligne que les locataires dans ce type d’immeubles ont souvent des moyens financiers limités.

Forte hausse

Les immeubles de six logements ont connu la plus forte hausse dans la catégorie résidentielle. Leur valeur a bondi de 21,7 % à l’échelle de l’île. Dans l’arrondissement du conseiller de Snowdon, dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, la hausse de valeur des immeubles résidentiels atteint 25,6 %.

La loi sur la fiscalité municipale donne en effet le pouvoir aux villes d’imposer un taux différencié selon les diverses catégories du secteur résidentiel.

En théorie, donc, les propriétaires et les locataires des conciergeries peuvent éviter une hausse de taxe lors du prochain budget. Il suffit que la Ville abaisse le taux de taxation s’appliquant à la catégorie des immeubles de six logements et plus dans la même proportion que la hausse de leur valeur (22 %).

En pratique, toutefois, les taux de taxation des deux catégories sont pratiquement identiques. Par exemple, dans l’arrondissement de M. Rotrand, le taux de taxation de la catégorie des cinq logements et moins est de 0,8494 $ par 100 $ d’évaluation, tandis que celui s’appliquant aux six logements et plus est de 0,8438 $.

Si le passé est garant de l’avenir, M. Rotrand craint que l’équipe de Projet Montréal ne se refuse à utiliser cet outil à son plein potentiel.

Mercredi, le président du comité exécutif Benoit Dorais a répété que la hausse des taxes des contribuables du secteur résidentiel serait limitée à 2 %, en moyenne.

Dollarama

Bénéfice et ventes en hausse

Il pourrait devenir plus difficile pour Dollarama de trouver de nouveaux produits intéressants pour les chasseurs d’aubaines de sa clientèle en raison de la guerre commerciale qui perdure entre les États-Unis et la Chine, a indiqué hier le chef de la direction du détaillant à bas prix.

Des usines chinoises sont en veille et ne créent pas de nouveaux moules, ou n’investissent plus dans la recherche et le développement de produits destinés au marché américain en raison de l’instabilité, a souligné Neil Rossy lors d’une conférence téléphonique au sujet des résultats du deuxième trimestre du détaillant.

« Et cela a un impact sur les détaillants du reste du monde, que ce soit en Europe, au Canada ou ailleurs, car nous bénéficions tous de la créativité et de la productivité des autres », a-t-il affirmé.

« Lorsque les marchés mondiaux traversent une période difficile, il y a moins de créativité, ce qui complique la tâche des acheteurs en matière d’approvisionnement, que ce soit sur le marché national ou étranger. »

M. Rossy a indiqué que les détaillants préféraient un environnement stable, mais qu’ils pourraient se débrouiller si l’impasse ne s’étirait pas trop longtemps.

« C’est toujours très stable et je ne prévois pas de grosse difficulté à moins que cela dure plus d’un an. »

Hausse des ventes

Dollarama a affiché un bénéfice de 143,2 millions au plus récent trimestre, ses ventes ayant augmenté de 9 % par rapport à l’année dernière.

Son bénéfice s’est élevé à 45 cents par action pour le trimestre terminé le 4 août, comparativement à un profit de 140,4 millions, ou 42 cents par action, il y a un an.

Les ventes ont totalisé 946,4 millions, en hausse par rapport à 868,5 millions.

Les ventes dans les magasins ouverts depuis au moins un an ont augmenté de 4,7 % sur un an. Cela a dépassé la croissance des ventes de 2,6 % enregistrée l’an dernier à ce chapitre, alors que la société axait ses stratégies de marchandise sur l’amélioration des revenus, a indiqué M. Rossy aux analystes.

« Nous sommes très concentrés sur la stimulation de l’achalandage et l’augmentation de la taille du panier et nous sommes satisfaits de la réponse du consommateur à ce jour », a-t-il poursuivi, ajoutant que les sondages auprès des consommateurs confirmaient que son offre et son concept faisaient mouche.

M. Rossy a ajouté que Dollarama élargissait son offre de produits dans la mesure du possible et mettait à jour sa sélection en permanence. Elle propose plus de 4000 produits toute l’année et plus de 700 produits saisonniers.

Empire

De meilleurs résultats au dernier trimestre

La chaîne Empire a engrangé un profit de 130,6 millions au plus récent trimestre, comparativement à 95,6 millions au même moment l’an dernier. La société mère de l’épicier Sobeys indique que cela correspond à un bénéfice de 48 cents par action pour la période de 13 semaines qui s’est terminée le 3 août, contre 35 cents par action l’an dernier. Le bénéfice ajusté d’Empire s’est établi à 49 cents par action, comparativement à 37 cents il y a un an. Les analystes interrogés par Refinitiv attendaient un profit de 48 cents par action. Les revenus trimestriels d’Empire ont totalisé 6,74 milliards, contre 6,46 milliards l’an dernier. Les ventes des magasins comparables, exception faite du carburant, ont avancé de 2,4 %.

— La Presse canadienne

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.