Courrier des lecteurs

Ne glissez pas dans la marge

« Notre courtier financier nous dit que ça vaudrait la peine de prendre une marge de crédit hypothécaire, car nous dormons sur la valeur de notre maison. Nous pourrions vivre plus aisément. Est-ce une bonne chose ? De plus, il existe deux sortes de marges de crédit. Laquelle est la meilleure ? »

— André

Si vous voulez mon humble avis, les marges de crédit hypothécaire peuvent être une dangereuse incitation à vivre au-dessus de nos moyens. Depuis une quinzaine d’années, la popularité des marges de crédit a grandement contribué à la hausse de l’endettement des ménages canadiens.

Il est vrai que la marge de crédit hypothécaire est un mode de crédit souple, abordable et flexible. Mais ces avantages ont leur revers.

Abordable ? Puisqu’elle est garantie par la maison, la marge de crédit hypothécaire offre un taux d’intérêt plus faible qu’une marge de crédit traditionnelle. Mais comme il s’agit d’un taux variable, les emprunteurs écopent chaque fois que la Banque du Canada relève son taux directeur, comme c’est le cas en ce moment. Le taux a déjà grimpé de 125 points de base et on est probablement juste à mi-chemin du cycle de resserrement monétaire.

Flexible ? Il est vrai que les propriétaires peuvent rembourser uniquement les intérêts, pas le capital. Mais les nombreux propriétaires qui n’ont aucun plan de remboursement auront ainsi des dettes pour l’éternité.

Souple ? La marge permet aux propriétaires d’utiliser le crédit disponible à leur guise, sans avoir à refaire une demande chaque fois. Mais cela peut les encourager à surconsommer. Rénovations, auto, voyage, meubles… ça s’accumule vite !

Réfléchissez-y à deux fois avant d’utiliser la valeur de votre maison comme un guichet automatique.

Courrier des lecteurs

Vos dollars sous le soleil

« Mon mari et moi passerons deux mois dans le sud de l’Espagne, cet hiver, comme de nombreux Québécois. Pourriez-vous nous informer de la façon la plus économique de payer nos achats sur place ? Est-ce avec notre carte de crédit ou comptant ? Est-ce que les cartes de crédit facturent des frais chaque fois ? » — Pierrette

Les frais de conversion de devise sont une mine d’or pour les institutions financières. Ni vu ni connu, elles ajoutent des frais de 2,5 % chaque fois que vous payez avec une carte de débit ou de crédit à l’étranger.

Heureusement, quelques rares cartes de crédit n’imposent pas ces frais fantômes. C’est le cas de la carte Visa Infinite Passeport Banque Scotia (frais annuels de 139 $) et de la carte MasterCard HSBC Premier World Elite (149 $). Voilà donc de bons outils de paiement pour ceux qui passent une partie de l’hiver sous un ciel plus clément.

Les snowbirds qui s’installent aux États-Unis optent souvent pour une carte de crédit en dollars américains. Pour payer leur carte, ils peuvent transférer une somme substantielle en billets verts lorsque le taux de change est plus avantageux.

Au lieu de faire le transfert par l’entremise de leur banque dont les taux de change sont peu avantageux, ils peuvent alors faire appel à une entreprise spécialisée dans la conversion de devises comme TransferWise ou Knightsbridge Foreign Exchange.

Courrier des lecteurs

Huard ou dollar US ?

« À la télé, durant les pauses publicitaires, on annonce divers “cossins”. Comment se fait-il que la charmante voix qui débite le texte de vente ne mentionne pas que les prix sont affichés discrètement en argent américain ? Je me demande combien de personnes se font avoir lors de la réception de la facture… Est-ce légal ? »

— André

Sur le web, à la télé, beaucoup de commerçants affichent des prix en dollars américains, même s’ils s’adressent à une clientèle canadienne. Malheureusement, rien dans la loi ne les oblige à présenter des prix en dollars canadiens.

Mais encore faut-il que leur publicité soit claire.

Une entreprise qui affiche des prix en dollars américains, sans le préciser, pourrait contrevenir à la Loi sur la protection du consommateur (LPC), qui interdit de « passer sous silence un fait important ». Dans un tel cas, le client est en droit d’exiger l’annulation de la transaction.

Pour les achats en ligne, la LPC est encore plus précise. Avant la transaction, le commerçant a l’obligation de divulguer « la devise dans laquelle les montants exigibles sont payables, lorsque cette devise est autre que canadienne ». L’information doit aussi se retrouver dans le contrat.

Si ce n’est pas le cas, les internautes bernés peuvent demander une « rétrofacturation » à l’émetteur de leur carte de crédit qui ira reprendre l’argent dans le compte du commerçant. Malheureusement, les clients doivent souvent se battre avec leur institution financière pour qu’elle procède à la rétrofacturation.

Courrier des lecteurs

Supplément de revenu garanti 101

« Vous serait-il possible d’écrire un article sur le Supplément de revenu garanti ? Quelles sont les conditions pour l’obtenir ? J’ai téléphoné au gouvernement et je me suis fait répondre qu’il fallait faire une demande pour savoir si on était admissible. »

— Jo Anne

« Qu’est-ce que cette allocation complémentaire pour les plus pauvres ? Je n’ai jamais entendu parler de ça. Une explication serait appréciée. »

— Louise

Le Supplément de revenu garanti (SRG) est versé aux Canadiens de 65 ans et plus qui reçoivent déjà la pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV).

Le montant maximal de la PSV s’élève à 7200 $ par année. Les gens qui gagnent plus de 75 000 $ environ doivent rembourser graduellement cette somme qui disparaît entièrement lorsque l’aîné a des revenus supérieurs à environ 123 000 $.

Quant au paiement maximal de SRG, il est d’environ 10 800 $ par année pour une personne seule. Mais ce montant fond de 50 cents pour chaque dollar de revenus autonomes dont la personne dispose – revenus d’intérêt, retraits d’un REER ou d’un FERR, Régime de rentes du Québec (RRQ), rente d’un employeur, par exemple.

Il y a toutefois une exemption de 3500 $ pour des revenus d’emploi qu’un prestataire peut gagner sans qu’il y ait d’impact sur son SRG. Mais cela est valide pour un salaire, pas pour des revenus de travailleur autonome, comme je le déplorais dans des chroniques récentes.

Tout ça pour dire qu’une personne seule n’a plus droit du tout au SRG à partir du moment où elle dispose de revenus d’environ 18 000 $ par année (sans compter la PSV, donc 25 000 $ au total).

Parlons maintenant du complément du SRG, qui représente environ 1600 $ par année, mais qui est très difficile à discerner pour le commun des retraités. Introduit en 2011, ce montant a été intégré au SRG en 2016. Désormais, Ottawa publie un seul montant de prestation combiné, ce qui n’aide pas les gens à comprendre la méthode de calcul.

Mais sachez que le complément fond de 25 cents pour chaque dollar de revenus excédant 2000 $ par année (cette exemption s’applique à toutes les formes de revenus). À ce rythme, le complément disparaît entièrement quand l’aîné a des revenus d’environ 7000 $ (excluant la PSV et le SRG).

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