XFL ET ALLIANCE OF AMERICAN FOOTBALL

Assez de place pour deux nouvelles ligues ?

La XFL version 2.0 annoncera officiellement aujourd’hui les huit villes qui feront partie du circuit à sa saison inaugurale, en 2020. À moins d’une surprise, ces villes seront Dallas, Houston, Los Angeles, New York, St. Louis, Seattle, Tampa Bay et Washington.

Alors que la nouvelle ligue de Vince McMahon, le grand manitou de la WWE, amorcera ses activités dans plus d’un an, l’Alliance of American Football donnera quant à elle son coup d’envoi dès le dimanche qui suivra le prochain Super Bowl.

Plusieurs anciens joueurs de la NFL, dont Justin Tuck, Troy Polamalu, Hines Ward et Jared Allen, seront impliqués dans l’Alliance of American Football dans des rôles administratifs. C’est l’ancien directeur général Bill Polian (Bills de Buffalo, Panthers de la Caroline et Colts d’Indianapolis) et le producteur de télévision Charlie Ebersol qui ont créé la ligue.

Comme dans la XFL, il y aura huit équipes dans l’Alliance of American Football : Atlanta, Birmingham, Memphis, Orlando, Arizona, Salt Lake City, San Antonio et San Diego. Chaque équipe sera formée de 50 joueurs, soit 10 de plus que celles de la XFL.

On en connaît encore peu sur la structure salariale de la XFL, mais on sait déjà que les contrats dans l’Alliance of American Football seront d’une valeur de 250 000 $US pour une durée de trois saisons et que les joueurs auront la possibilité d’obtenir des bonis. Lorsqu’on compare ces chiffres au salaire minimum dans la LCF (54 000 $CAN en 2018), c’est à se demander si cette dernière sera capable d’attirer de bons joueurs américains.

Selon l’agent Sasha Ghavami, qui représente des dizaines de joueurs dans la LCF, le circuit canadien devra peut-être revoir sa façon de faire. « Ce sera une saine compétition, et je pense que ça va forcer la LCF à améliorer certains aspects », a-t-il estimé.

« Je pense que le salaire minimum pour les joueurs américains devrait être augmenté. Il y a un historique dans la LCF, et plus d’une dizaine de joueurs obtiennent leur chance dans la NFL toutes les années. Mais il faut quand même être compétitifs sur le plan salarial. Sans offrir les mêmes salaires, il faut au moins s’en approcher, selon moi. »

« En raison du taux de change, la plupart des recrues américaines ont gagné environ 40 000 $US la saison dernière. C’est beaucoup moins que le salaire dans l’Alliance [environ 83 000 $US par saison]. C’est un écart substantiel. »

Deux poids, deux mesures

Ghavami trouve notamment injuste que certains joueurs américains qui sont des partants dans la LCF doivent se contenter du même salaire que des recrues canadiennes – des joueurs qui ne jouent pratiquement pas ou seulement sur les unités spéciales.

« Ce n’est pas normal qu’un secondeur choisi en septième ronde du repêchage canadien et qui ne joue que sur les unités spéciales gagne autant d’argent qu’un receveur qui termine la saison avec plus de 1000 verges de gains », a noté Ghavami.

« La LCF est la seule de ces trois ligues qui a déjà fait ses preuves et qui a une structure qui est bien établie. Les choses que la ligue doit changer pour faire compétition aux nouvelles ligues sont corrigibles. »

— Sasha Ghavami, agent de joueurs

« La seule option pour les joueurs qui sortaient des universités américaines et qui ne parvenaient pas à se tailler une place dans la NFL auparavant, c’était la Ligue canadienne. La LCF n’aura toutefois plus le luxe d’être le seul plan B pour ces joueurs. »

Bon pour tout le monde

Plusieurs ligues ont tenté de se faire une place aux côtés du géant qu’est la NFL aux États-Unis – on n’a qu’à penser à la USFL dans les années 80 ou à la première version de la XFL. Or, aucune n’est parvenue à survivre, et la XFL aurait enregistré un déficit d’environ 70 millions à sa seule saison, en 2001.

L’intérêt pour le football professionnel aux États-Unis est-il assez grand pour soutenir non pas une, mais bien deux nouvelles ligues ? Ghavami a ses doutes.

« Je pense qu’il y a de la place pour une autre ligue, mais je ne sais pas s’il y en a assez pour deux. Mais j’imagine qu’il y a eu des études de marché et que ces gens sont arrivés à la conclusion que c’était viable. Je souhaite que ce soit le cas, parce que ce serait bon pour tout le monde. »

Si tout se déroule comme prévu, c’est un total de 720 joueurs qui seront employés par l’Alliance of American Football et la XFL. Ghavami croit que ce serait profitable pour tous les gens associés au football professionnel.

« Ça ouvrira des portes pour des joueurs canadiens, pas seulement les joueurs américains. Je pense que tout le monde en bénéficierait, que ce soit les joueurs, les équipes ou les agents. Et je pense que la compétition nous forcera tous à améliorer nos pratiques. »

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