Présentation spéciale Saint-Sauveur

Domaine à lucarnes dans la forêt

L’immobilier fait rêver. Chaque semaine, notre journaliste présente une propriété haut de gamme offerte sur le marché de la revente.

« Les cellulaires ne rentrent pas très bien ici, nous a prévenu tout de go Cathy Stanford. Mais vous pouvez vous servir de notre téléphone », a-t-elle ajouté en nous confiant son combiné.

Cela immédiatement après nous avoir offert une douzaine d’œufs frais soigneusement emballés, cadeau de ses poules pondeuses. La table était mise dans la cuisine et, visiblement, on nous attendait. La propriétaire de l’immense maison de Saint-Sauveur (12 000 pi2) avait tout prévu. Nous avions déjà mangé, mais, à l’évidence, Mme Stanford semble être une redoutable pâtissière.

« Nous avons acheté la maison il y a 13 ans, nous a-t-elle expliqué. Mon mari voulait du terrain ! » Combien de terrain ? Trente-huit acres et des poussières. Assez pour qu’une balade à pied d’un bout à l’autre prenne une bonne demi-heure. Le mari en question est né aux Pays-Bas, où la terre ferme est précieuse. « Pour lui, c’est un privilège de vivre avec autant d’espace. » Sur le terrain boisé, il y a aussi un bassin d’eau que la famille appelle un « lond », contraction de « lake » et « pond ». Effectivement, l’étendue d’eau pourrait être qualifiée de petit lac ou de grand étang.

La propriété, certains diraient le domaine, est installée dans la montagne, pas très loin de la colonie de vacances du YMCA, le mythique camp Kanawana fondé en 1894. Tout autour, c’est la forêt et le silence total. Vous sentez-vous isolés ? « Non, on est à 10 petites minutes du village de Saint-Sauveur. » Effectivement, nous l’avons mesuré. De la maison à la célèbre église du village et de la boulangerie Pagé, on compte une douzaine de minutes tout au plus.

La maison a été érigée pendant les années 50. Quand exactement ? On ne le sait pas. L’intention du premier propriétaire était assurément de voir sa création traverser les siècles : les murs de pierres font presque un mètre d’épaisseur. On comprend pourquoi les ondes hertziennes ont du mal à traverser les murs.

Une brochette de bâtiments

Sans connaître tout des origines de la maison, on croit comprendre que la partie de gauche a été la première à voir le jour. Les autres structures semblent avoir été ajoutées au fil des années. La façade présente une enfilade de bâtiments reliés qui s’allient harmonieusement autant par leur architecture que par le choix des matériaux qui les recouvrent. On a donc un premier bâtiment (à trois lucarnes) à gauche, un deuxième à droite qui abrite la cuisine ; le vestibule forme le trait d’union entre les parties communes et la grande piscine intérieure. Le garage à trois portes ferme l’alignement.

La propriété compte aussi une grange avec cinq stalles pour chevaux (maintenant occupée par les poules) et une maison de gardien (trois chambres, deux salles de bains) entièrement rénovée l’an dernier. C’est un grand domaine.

« Nous avons passé un an à restaurer la maison. Nous avons refait toutes les salles de bains [il y en a cinq, plus une salle d’eau], la cuisine, l’électricité, la plomberie, la toiture, la plupart des fenêtres, le terrassement… Bref, nous avons recommencé cette maison. »

Le résultat le plus impressionnant de ce vaste travail est sans doute le dégarnissement des poutres en bois qui traversent la maison à tous les étages. « Les plafonds étaient recouverts de gypse, mais je me doutais qu’il cachait quelque chose. J’ai demandé à l’entrepreneur de percer le plafond et ta-da ! Elles étaient là ! »

Et quelles poutres. D’immenses pièces en bois dont les teintes s’apparentent au parquet en acajou africain, un bois dur qui résiste aux deux bergers allemands de la maisonnée. Chaque pièce, ou presque, en est coiffée. L’atmosphère en est d’autant plus chaleureuse.

Au départ, la famille n’occupait la maison que les week-ends. Les enfants fréquentaient des écoles à Montréal, et l’entreprise du couple se trouvait dans l’Ouest-de-l’Île. La maison de campagne leur permettait de se reposer et de recevoir des amis. « Auparavant, nous avions une autre maison au domaine Valdurn [près de Saint-Faustin], mais c’était plus loin, ça nous prenait une heure de plus pour s’y rendre. » La maison de Saint-Sauveur avec son vaste terrain est devenue avec le temps la propriété principale du couple.

Les enfants sont maintenant partis et il est temps de déménager dans une autre maison qui sera, cette fois, un plain-pied. Finis les escaliers. Elle est déjà en rénovations. Mieux, elle est située tout près, ce qui gardera le couple dans son coin de pays préféré.

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