Aéronautique

Bombardier rebondit de 10 % à Toronto

L’action de Bombardier a repris un peu d’altitude, hier, après la forte chute de 24 % subie la veille après la publication de résultats trimestriels qui prévoyaient une révision à la baisse de ses prochains résultats, l’élimination de 5000 emplois et la vente d’actifs dans sa division aéronautique.

Malgré ce regain de 10 %, à 2,65 $ par action, à la Bourse de Toronto, la valeur boursière de Bombardier demeure encore déficitaire de 11 % par rapport à sa cote de 3,00 $ par action au début de 2018.

Cette valeur demeure aussi en énorme correction de 51 % par rapport au sommet de 5,43 $ par action atteint le 11 juillet dernier. Ce sommet quinquennal avait été atteint peu après la conclusion du transfert d’actifs liés aux avions C Series dans le nouveau partenariat entre Airbus (majoritaire), Bombardier et Investissement Québec (comme actionnaires minoritaires).

Baisse de valeur pour les dirigeants

Avec ces soubresauts, quelles sont les perspectives de regain de valeur boursière pour les actionnaires de Bombardier ? Et parmi eux, les dirigeants dont une part importante de la rémunération et des bonus est constituée d’actions et d’options d’achat d’actions ?

Dans le cas du président et chef de la direction, Alain Bellemarre, la valeur de son portefeuille de 14,1 millions d’options et de 615 731 actions de Bombardier se situait hier autour de 8,6 millions de dollars, un montant inférieur de presque moitié à son niveau de 15,3 millions en tout début d’année.

C’est aussi une valeur très dépréciée par rapport aux 49,5 millions atteints en juillet dernier, alors que les actions de Bombardier culminaient à 5,43 $ à la Bourse de Toronto.

Quant au président du conseil d’administration de Bombardier, Pierre Beaudoin, qui est son ex-chef de la direction et un membre de la famille fondatrice, la valeur de son avoir direct de 9,1 millions d’options non échues et de 1,32 million d’actions se situait hier autour de 4,8 millions.

Cette valeur est inférieure de 15 % à son niveau mesurable en tout début d’année 2018. Mais aussi à une fraction (environ 14 %) de sa valeur de 33,8 millions en juillet dernier.

Calculs de valeur

Ces valeurs d’avoirs en option et en actions ont été calculées par La Presse à partir des informations publiées dans la circulaire de la haute direction de Bombardier, en mai dernier, en préparation de son assemblée des actionnaires.

La valeur des avoirs en actions se calcule directement selon leur prix en Bourse à un moment déterminé.

Quant à la valeur des options d’achat d’actions, elle se calcule avec la différence entre le prix d’exercice de ces options (le coût d’obtention des actions, déterminé lors de leur allocation en bonus au dirigeant concerné) et la valeur courante de ces actions en Bourse.

Par conséquent, la valeur potentielle de ces options peut être réduite à zéro si la cote des actions en Bourse demeure à un niveau égal ou inférieur au prix d’exercice des options.

En contrepartie, la valeur potentielle de telles options augmente rapidement et de façon considérable dès que le prix des actions en Bourse s’élève au-delà du prix d’exercice des options.

Réglementation des valeurs mobilières

Ottawa a le feu vert pour son projet pancanadien

Ottawa — Le gouvernement fédéral a entièrement le pouvoir de mettre sur pied un régime de réglementation pancanadien des valeurs mobilières selon un modèle s’appuyant sur le fédéralisme coopératif, estime la Cour suprême du Canada, dans une décision qui constitue un revers juridique pour le Québec.

Dans une décision unanime du plus haut tribunal du pays, hier, les huit magistrats qui ont entendu la cause soutiennent qu’un tel régime coopératif ne minerait nullement la souveraineté des provinces, qui ont des pouvoirs en matière de la plupart des aspects de la réglementation des valeurs mobilières.

Toutefois, les juges sont d’avis qu’on ne peut forcer une province à y participer, soulignant qu’une telle participation est davantage un choix politique et n’est donc pas du ressort des tribunaux.

Résultat : la Cour suprême du Canada juge constitutionnel le projet d’accord entre le gouvernement fédéral et l’Ontario, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et le Yukon visant à créer le régime pancanadien de réglementation des marchés des capitaux.

Québec n’a pas l’intention de participer

Par voie de communiqué, le ministre québécois des Finances, Éric Girard, a fait savoir que le gouvernement du Québec n’avait toujours pas l’intention de participer à l’initiative fédérale, malgré le jugement de la Cour suprême.

« Nous comprenons la décision rendue par la Cour suprême du Canada, mais nous entendons garder notre autonomie et notre expertise au Québec », a affirmé M. Girard, prenant soin de souligner qu’il juge le secteur de la finance « hautement stratégique » pour le Québec.

Le Québec s’est toujours opposé à une telle initiative du gouvernement fédéral en faisant valoir qu’Ottawa tentait ainsi de s’immiscer dans un champ de compétence provinciales. Il a ainsi contesté la dernière mouture du projet fédéral devant les tribunaux en soumettant un renvoi à deux questions à la Cour d’appel du Québec. Le gouvernement du Québec a eu gain de cause devant cette cour, mais le gouvernement fédéral a décidé d’en appeler de ce jugement devant la Cour suprême.

Le PDG de la Banque Nationale, Louis Vachon, a insisté sur l’importance de l’autonomie de l’Autorité des marchés financiers (AMF), lors d’un déjeuner-causerie organisé par CFA Montréal. « La décision ne change pas le fait que l’AMF doit continuer d’exister et d’être basée au Québec. Le défi est de coordonner l’agence fédérale avec l’AMF au niveau des enquêtes et de la conformité. Ce n’est pas mission impossible. Ça se fait avec de la bonne volonté. »

Ottawa souhaite une collaboration

Au bureau du ministre des Finances Bill Morneau, un porte-parole, Pierre-Olivier Herbert, a soutenu qu’Ottawa souhaitait continuer à collaborer avec les provinces dans ce dossier.

« Notre gouvernement continuera de collaborer avec les provinces et territoires participants afin de mettre au point un régime coopératif qui protégera mieux les investisseurs, qui favorisera l’efficience et l’innovation, et qui permettra au système réglementaire de mieux contrer les risques systémiques sur les marchés des capitaux. Dans un esprit de collaboration, le gouvernement fédéral ainsi que les provinces participantes maintiendront également un dialogue continu avec les provinces et territoires non participants en vue de s’assurer que leurs points de vue et leurs préoccupations continueront d’être écoutés et pris en compte », a-t-il dit dans un courriel à La Presse.

« Il est primordial d’entretenir un dialogue constructif, le régime coopératif se limitant à une participation volontaire, et nous continuerons de respecter les pouvoirs des organismes de réglementation existants des provinces et territoires où le régime coopératif ne s’appliquera pas », a-t-il ajouté.

Le Canada est l’un des seuls pays développés à ne pas avoir d’organisme national de réglementation des valeurs mobilières. Le gouvernement fédéral a donc le feu vert pour aller de l’avant avec le régime pancanadien de concert avec les provinces qui souhaitent y participer.

— Avec Richard Dufour, La Presse

Commerce de détail

En difficulté, Saks OFF 5TH n’ira pas au Centre Eaton

Annoncée à la fin de 2015, la venue Saks Fifth Avenue OFF 5TH dans l’ancien Complexe Les Ailes (devenu le Centre Eaton) ne se concrétisera pas. L’enseigne qui appartient à HBC n’obtient pas le succès escompté.

La nouvelle a été confirmée à La Presse par HBC, propriétaire de cette chaîne de magasins qui liquide des vêtements et des accessoires de marques haut de gamme.

« En raison de plusieurs facteurs, Saks OFF 5TH et Ivanhoé Cambridge [propriétaire des lieux] ont convenu que le développement du Centre Eaton de Montréal se poursuivra sans Saks OFF 5TH », nous a écrit la porte-parole de la société mère HBC, Tiffany Bourré.

Il n’a pas été possible d’en apprendre davantage sur les raisons ayant mené les deux parties  à convenir de cette entente. Au cours d’un bref entretien téléphonique, Mme Bourré n’a pas voulu dire si l’idée d’ouvrir au centre-ville de Montréal avait été abandonnée ou si un autre local avait été préféré.

Saks OFF 5TH devait occuper un vaste espace de 45 000 pi2 donnant sur le boulevard De Maisonneuve, au rez-de-chaussée et au 1er étage du Centre Eaton. L’ouverture était prévue avant la fin de 2018.

Ivanhoé Cambridge a corroboré la version des faits de HBC, sans vouloir préciser les raisons ayant mené au désistement.

« Nous sommes en discussions très avancées avec un locataire et nous espérons être en mesure de confirmer son identité bientôt », nous a cependant indiqué par courriel le porte-parole Sébastien Théberge.

Résultats financiers décevants

Les affaires de l’enseigne Saks OFF 5TH ne sont pas très bonnes. Au plus récent trimestre clos le 4 août, les ventes comparables de la chaîne (une donnée clé dans l’industrie) ont reculé de 7,6 %.

« Même si les profits se sont stabilisés, il y a encore beaucoup de travail à faire pour améliorer les ventes de Lord & Taylor et de Saks OFF 5TH, qui ne répondent pas aux attentes », a d’ailleurs déclaré la présidente et chef de la direction de HBC, Helena Foulkes, lors de la divulgation des résultats financiers, à la mi-septembre.

La performance du segment liquidation de HBC (Saks OFF 5TH et Gilt) suscite la déception depuis un certain temps. Au cours de l’exercice 2017, les ventes comparables ont diminué de 6,2 %.

Selon Poonam Goyal, expert de la vente au détail chez Bloomberg cité début septembre dans un reportage, le « problème de Saks OFF 5TH est sa marchandise. Ils doivent le résoudre en trouvant un assortiment plus alléchant et en améliorant les prix ».

Saks OFF 5TH exploite quatre magasins en Alberta, deux en Colombie-Britannique, un au Manitoba, neuf en Ontario et deux au Québec (Galeries d’Anjou et Place Ste-Foy).

Au total, la chaîne compte 132 points de vente. HBC exploite aussi 89 magasins La Baie d’Hudson et 39 Déco Découverte. En Bourse, le titre du détaillant est passé depuis un an de 11,75 $ à 8,61 $ hier.

Immobilier

Le tout-bois attire Oxford dans Griffintown

Les immeubles de hauteur moyenne à ossature de bois ont reçu un vote de confiance avec l’achat, passé inaperçu, de deux immeubles d’appartements locatifs du quartier Griffintown à Montréal par une des plus grandes caisses de retraite du pays.

D’après l’acte notarié, Oxford, division immobilière de la caisse de retraite des employés municipaux de l’Ontario (OMERS), a payé 45,8 millions pour l’immeuble Arbora de huit étages de 130 logements, situé au 305, rue de la Montagne. Un bâtiment doté d’une structure en bois massif : dalles en lamellé-croisé et poutres et colonnes en lamellé-collé.

Selon le site internet du Centre d’expertise sur la construction commerciale en bois (Cecobois), « les panneaux de bois lamellé-croisé (cross-laminated timber, CLT) consistent en des couches de planches de bois d’œuvre empilées perpendiculairement (à 90°) et reliées entre elles à l’aide d’adhésifs structuraux ».

D’après cette même référence, les poutres en lamellé-collé sont composées « d’un empilage de pièces de bois en 2 x 3 à 2 x 12, rabotées et préjointées, puis collées sous presse ».

La transaction porte également sur un deuxième bâtiment de 142 appartements, actuellement en construction, de même que sur le stationnement souterrain commercial qui comptera au final 390 cases. Au total, Oxford paie 57,8 millions pour les trois propriétés. Sa maison mère, OMERS, gère un actif net de 95 milliards.

« Clairement, ça vient bâtir la crédibilité du bois massif pour un projet à grand déploiement de plus de 400 logements comme Arbora », dit Frédéric Verreault, porte-parole de Nordic structures, filiale de Chantiers Chibougamau qui produit les produits en bois comme des panneaux CLT. « On se réjouit, poursuit M. Verreault, qu’Oxford ne fait de différence entre un bâtiment de moyenne hauteur construit en bois massif plutôt qu’en acier et en béton quand vient le temps d’investir. C’est une bonne nouvelle pour nous qui cherchons à implanter le matériau dans l’industrie de la construction. »

Arbora a été conçu par le promoteur LSR GesDev, dont la présidente est Annie Lemieux, en collaboration avec Sotramont. Leur partenaire financier, Aldo Bensadoun, est le fondateur de la chaîne de boutiques de souliers Aldo.

Le projet Arbora propose 440 logements : 272 appartements locatifs, maintenant la propriété d’Oxford, et 168 logements en copropriété. Les deux immeubles locatifs proposent des locaux commerciaux de 35 000 pieds carrés au rez-de-chaussée. La superficie totale du projet s’élève à 600 000 pieds carrés.

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