Des permanences dans la haute fonction publique pour deux libéraux de longue date

Deux libéraux de longue date ont reçu une permanence dans la haute fonction publique du Québec pendant la pause des Fêtes, alors qu’ils occupaient déjà leur poste sur la base de contrats qui ne venaient pas à échéance avant plusieurs mois.

Pietro Perrino et Georges Farrah, tous deux secrétaires généraux associés, ont reçu leur décret de nomination juste à temps pour Noël, le 16 décembre.

Les nouveaux hauts fonctionnaires permanents avaient été nommés au ministère du Conseil exécutif – le ministère du premier ministre – dans les mois suivant la victoire libérale de 2014, sur la base de contrats.

Le contrat s’étendait jusqu’en juillet 2016 pour M. Perrino et jusqu’en mai 2017 pour M. Farrah. Mais « sur la recommandation du premier ministre », ils jouissent maintenant d’un poste permanent d’« administrateur d’État ».

Leur poste les place au deuxième palier de l’appareil d’État, juste sous le secrétaire général Juan Roberto Iglesias, premier fonctionnaire du Québec. Ils touchent chacun 180 000 $ par année. Une allocation mensuelle de 1225 $ « pour ses frais de séjour à Québec » continuera à être versée à Pietro Perrino jusqu’à la fin de l’année.

Ce dernier est responsable du « comité ministériel de l’économie, de la création d’emplois et du développement durable », alors que son collègue se concentre sur les « affaires maritimes ».

Hier, le bureau du premier ministre n’a pas voulu commenter le dossier. L’attribution des permanences est une question « administrative », s’est limité à dire Harold Fortin, porte-parole de Philippe Couillard.

MM. Perrino et Farrah n’ont pas répondu au courriel de La Presse.

DES LIBÉRAUX DE LONGUE DATE

Les deux hommes évoluent depuis longtemps dans les cercles libéraux.

Le Madelinot Georges Farrah a siégé à l’Assemblée nationale de 1985 à 1994 avec Robert Bourassa – dont il a été le ministre délégué à l’Industrie – puis de 2000 à 2004 à la Chambre des communes avec Jean Chrétien et Paul Martin.

Avant d’entrer au ministère du Conseil exécutif, il a présidé la Société des traversiers du Québec, nommé par le gouvernement de Jean Charest.

Pietro Perrino, pour sa part, a confirmé le sérieux de son engagement politique en prenant la tête de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ) au milieu des années 80. Il a ensuite travaillé au sein de cabinets ministériels et comme conseiller spécial de Daniel Johnson, avant de créer une firme de consultation.

M. Perrino avait été mêlé au scandale des Fonds d’intervention économique régionaux (FIER) en 2009, lorsque l’opposition avait révélé que lui et d’autres gens d’affaires dirigeaient du capital de risque public vers des entreprises dans lesquelles ils avaient des intérêts. Des fonds destinés à certaines régions du Québec avaient même abouti dans des entreprises montréalaises liées à M. Perrino.

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