RUE SAINTE-CATHERINE

Le début des travaux repoussé à 2018

Le début des travaux dans la rue Sainte-Catherine a été reporté au 1er janvier 2018. Au départ, Montréal souhaitait entreprendre le chantier au printemps prochain, mais des imprévus ont retardé cet échéancier, si bien qu’il est impossible de commencer avant l’automne 2017. L’administration Coderre vient finalement de décider de laisser passer la saison des Fêtes pour éviter de nuire aux commerçants durant une période importante de l’année pour leurs affaires. Cette décision s’inscrit aussi dans la volonté de libérer le centre-ville de travaux en 2017 alors que la métropole célébrera son 375e anniversaire tout au long de l’année.

Un projet de 3,8 millions

Le coût total du projet de structures gonflables se chiffre à 3,8 millions. Le concours de design a coûté 170 000 $, tandis que le contrat de la firme Kanva atteint 800 000 $ pour la conception des modules. L’achat des structures ainsi que les frais pour les mettre en place et les déplacer lors du chantier sont évalués à environ 2,8 millions. Comme pour la terrasse rouge de la rue Saint-Denis actuellement en chantier, la facture peut sembler élevée, mais Pierre Desrochers estime que Montréal ne doit pas laisser sa principale artère commerciale mourir.

Pas d’inquiétude

La Ville de Montréal affirme avoir été rassurée sur la qualité et la résistance des structures gonflables que Kanva compte aménager. Leur matériau a été éprouvé, puisqu’il a déjà servi pour certains chantiers en Europe. Des structures de ce type ont également été aménagées durant les Jeux panaméricains de Toronto en 2015 afin de servir d’amphithéâtre temporaire. « On sait que le matériau est résistant, on n’a pas d’inquiétude », assure Pierre Desrochers, élu responsable du chantier de la rue Sainte-Catherine. Même si elles devaient être vandalisées et percées, les structures sont conçues de telle sorte qu’elles ne s’effondreront pas. La durée de vie est de 10 ans, soit bien au-delà de la durée prévue du chantier. Elles pourraient d’ailleurs être réutilisées par la suite pour d’autres travaux.

Un chantier « 24/7 »

Les Montréalais devront s’armer de patience avec le chantier de la rue Sainte-Catherine Ouest. Les travaux se dérouleront dans l’artère pendant deux ans, entre De Bleury et Mansfield. Deux autres années seront ensuite nécessaires pour refaire le secteur du square Phillips. Une fois ces deux étapes franchies, la Ville compte ensuite lancer une autre phase pour refaire la rue Sainte-Catherine entre Mansfield et Atwater. Au-delà de la structure gonflable, Montréal entend donc convaincre l’entrepreneur responsable des travaux de travailler jour et nuit, même si cela coûtera probablement plus cher. « Ça va rouler 24 heures par jour, sept jours par semaine. On sait que ça va avoir une incidence sur les coûts, mais je pense que la rue Sainte-Catherine ne peut pas souffrir de délais, qu’on allonge indûment les travaux », a dit Pierre Desrochers.

« Effet wow » recherché

Séances de yoga en plein air. Braderies. Illuminations. Les structures gonflables serviront de toile de fond pour animer la rue Sainte-Catherine tout au long des travaux. Montréal espère ainsi créer un « effet wow » pour maintenir la fréquentation pendant le chantier et encourager les gens à continuer de magasiner dans les commerces malgré les travaux. Un comité sera mis sur pied afin de prévoir les activités qui seront organisées. La Ville a prévu un budget de 4,9 millions dans lequel le comité pourra puiser pour financer les activités.

De 20 à 30 millions pour des trottoirs chauffants

Au-delà de l’habillage du chantier, Montréal continue à plancher sur l’aménagement futur de la rue Sainte-Catherine Ouest, notamment l’ajout de trottoirs chauffants. Les plus récentes évaluations chiffrent la facture entre 20 et 30 millions pour implanter un dispositif visant à faire fondre automatiquement la neige. Ce volet n’ayant pas été prévu au départ, cette somme devra être ajoutée au budget de 95 millions prévu pour refaire l’artère commerciale. Malgré l’augmentation des coûts, l’administration Coderre dit qu’elle tient aux trottoirs chauffants. « Le bénéfice qu’on va en retirer pour Montréal et la rue Sainte-Catherine va être énorme. Ça va la différencier en Amérique du Nord comme une rue particulière », a souligné Pierre Desrochers.

LE RÉSULTAT D’UN CONCOURS DE DESIGN

Les commerçants ayant encore en tête les ratés du chantier du boulevard Saint-Laurent, l’annonce de travaux majeurs dans la rue Sainte-Catherine avait soulevé d’importantes inquiétudes. La Ville de Montréal a ainsi lancé un concours de design afin de trouver des solutions pour en réduire l’impact. C’est la firme montréalaise Kanva qui a remporté le contrat avec sa proposition d’aménager une immense structure gonflable au-dessus de la rue. Ces modules de 11 mètres de haut seront facilement déplaçables pour éviter de nuire aux travaux. La structure sera conçue de telle sorte que les travaux pourront parfois se dérouler sous celle-ci, tandis qu’à d’autres moments, ce seront les piétons qui pourront circuler sous son couvert.

Le chantier caché sous un corridor gonflable

Après la terrasse rouge de la rue Saint-Denis, la Ville de Montréal misera sur une immense structure gonflable pour recouvrir la rue Sainte-Catherine Ouest durant l’important chantier visant à refaire de fond en comble la principale artère commerciale de la métropole, a appris La Presse. L’administration Coderre espère ainsi maintenir la fréquentation dans les commerces, alors que les travaux se dérouleront 24 heures par jour, sept jours par semaine, pour les quatre prochaines années.

Bon pour 10 cm

Après avoir étudié plusieurs technologies de trottoirs chauffants, dont la géothermie et le gaz naturel, Montréal pense miser sur un système de petites conduites à l’intérieur desquelles circule un liquide à base de glycol chauffé à l’électricité. Un tel système devrait permettre de faire fondre jusqu’à 10 cm de neige. Lors des tempêtes plus importantes, il faudra sortir les chenillettes pour dégager les trottoirs. Cette technologie est plus chère que d’autres options étudiées, reconnaît Pierre Desrochers, mais elle a été jugée plus écologique.

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