Montres pour sportiFs

Chaussures aux pieds, montre au poignet

Désormais, le rituel de bien des coureurs commence par la même chose : ils enfoncent le bouton de leur montre afin d’enregistrer les données de leur performance. Alors que les ventes de ces appareils continuent d’augmenter, est-ce que les améliorations technologiques suivent le rythme ? Notre journaliste fait le point.

UN DOSSIER D'EVELYNE AUDET

« Des possibilités fantastiques »

Le marché des vêtements et accessoires connectés a connu une croissance considérable dans les dernières années et, selon plusieurs analyses, celle-ci se poursuivra. De récents sondages ont permis d’établir qu’à ce jour, 30 % des Américains possèdent au moins un bracelet sportif ou une montre sportive et que 44 % d’entre eux en font une utilisation quotidienne. Selon les projections de Statista, plus de 105 millions d’unités seront vendues en 2022, pour des revenus dépassant 4 milliards de dollars.

Si les ventes de montres sportives continuent d’augmenter à l’échelle mondiale, les petits détaillants ne profitent pas beaucoup de cette tendance. « C’est en croissance dans le monde, oui, mais pas pour un détaillant comme nous. L’offre est trop grande et les gens magasinent beaucoup », remarque Frédérick Viens, copropriétaire de la boutique Maison de la course.

Cette offre grandissante et le marché concurrentiel avantagent les consommateurs, qui ont constamment accès à de nouvelles technologies. Le nombre de fonctionnalités des montres sportives semble avoir légèrement plafonné, mais la précision de celles-ci s’améliore sans cesse. « C’est sûr qu’une lecture GPS, c’est une lecture GPS ! Par contre, celle-ci s’est beaucoup raffinée, observe M. Viens. Maintenant, certaines montres peuvent nous ramener à la maison. On peut même télécharger un trajet et suivre la trace de ce trajet. Donc, si je pars courir en montagne, par exemple, je télécharge à l’avance mon trajet et j’ai juste à suivre le chemin que la montre m’indique. » Il constate également une amélioration de la polyvalence des montres. « Auparavant, chaque modèle offrait sa spécialité. Un avait la musique intégrée, l’autre, la fréquence cardiaque au poignet, etc. Maintenant, les montres ont toutes ces fonctionnalités en même temps. »

Ce que réserve l’avenir

Selon Pascal Forget, vulgarisateur en technologie, les innovations des prochaines années vont permettre aux montres sportives de répondre à des besoins qui vont bien au-delà du simple gadget. Des fonctions qui n’ont pour l’instant qu’un objectif ludique pourraient devenir d’une importance capitale dans le suivi médical des utilisateurs.

« Apple Watch est un bon exemple. La montre mesure présentement la fréquence cardiaque, mais la compagnie est en train de développer un algorithme qui va analyser ces données et être capable de détecter si quelqu’un est sur le point d'avoir un malaise cardiaque. »

— Pascal Forget, vulgarisateur en technologie

« Et le but, ce serait que la personne puisse contacter son médecin, mais encore mieux, que la montre puisse le signaler automatiquement au médecin, explique M. Forget. L’autre grand rêve, c’est que ce type de données puisse détecter si quelqu’un est en dépression. Par exemple, quelqu’un qui, tout à coup, bougerait moins, ferait moins d’activité, sortirait moins de chez lui, cela pourrait signifier que quelque chose cloche et la montre le saurait. […] Ensuite, après une prise de médication, on pourrait voir avec le bracelet si la personne bouge plus, si son sommeil est meilleur, etc. »

Le vulgarisateur en technologie poursuit : « On va aussi en venir aux suivis postopératoires. Après une opération au cœur, on pourrait entre autres voir si le rythme cardiaque de la personne est plus stable ou meilleur qu’il était. Je crois que, bientôt, certains bracelets vont pouvoir évaluer le taux d’oxygène dans le sang et même le taux de sucre. Quelqu’un de diabétique pourrait avoir l’information sans avoir à se piquer ! Ce sont des possibilités fantastiques, sans être obligé d’aller chez le médecin », explique M. Forget.

Plus de fonctionnalités, moins d’autonomie

Parmi les critères les plus importants pour le consommateur sportif à la recherche d’une nouvelle montre, il y a le nombre d’applications avec lesquelles la montre est compatible pour transmettre ses données, la précision du GPS et, surtout, l’autonomie de la pile, un aspect qui mérite d’être travaillé davantage, selon Frédérick Viens. « Ce que je remarque, c’est que, tout comme les téléphones cellulaires, les montres ajoutent toujours plus de fonctions, mais une chose qui ne change pas, et qui régresse même, c’est l’autonomie de la pile », se désole-t-il.

Pascal Forget est aussi d’avis que l’autonomie de la pile est un critère très important dans le choix d’une montre et qu’il demeure le « plus gros bobo » de l’industrie. Selon lui, c’est d’ailleurs ce critère qui fait en sorte que les montres sportives ne sont pas remplaçables par de simples montres intelligentes. « Beaucoup de montres intelligentes ont aussi un GPS, mais dès que celui-ci est activé, la pile flanche au bout de quatre heures. On peut à peine faire un marathon avec ça ! Les montres sportives, elles, sont spécialisées pour faire certaines choses. Certaines sont capables d’offrir une autonomie de 20 heures avec le GPS. Et celles qui n’ont pas de GPS peuvent durer entre quatre jours et une semaine sur la même pile », précise-t-il. Il prévoit toutefois une amélioration de cet aspect avec la sortie prochaine de l’Apple Watch 4, qui sera plus grosse, donc qui aura probablement une meilleure autonomie.

Cinq modèles qui se démarquent

Parmi tous les modèles de montres sportives sur le marché, certains se démarquent, soit par leurs caractéristiques novatrices, soit pour leur grand nombre de fonctionnalités et leur accessibilité. En voici quelques-uns qui sortent du lot.

QardioCore

QardioCore est plus qu’un simple capteur de fréquence cardiaque, c’est un électrocardiogramme complet, qui est le premier au monde à être portatif et sans fil. Il capte, de façon continue, plus de 20 millions de points de données par jour, tels que l’activité cardiaque, la température cutanée, la fréquence cardiaque et sa variabilité, l’activité physique et le rythme respiratoire. Les résultats peuvent être consultés dans l’application, puis transmis directement à un médecin. Le design bien pensé (et plusieurs fois récompensé) de la ceinture pectorale est idéal autant pour les séances d’activité physique que pour le port au quotidien.

599 $, offerte depuis novembre

Gobe2 de Healbe

Les montres de sport calculent habituellement tout ce qui a trait à la dépense énergétique du corps. Mais ceux qui suivent de près leur consommation calorique et leur hydratation doivent effectuer ce calcul manuellement. L’entreprise Healbe est allée plus loin avec sa montre Gobe2, qui est la toute première à pouvoir calculer la consommation et l’hydratation. À l’aide de sa technologie de bio-impédance, les capteurs de la montre reconnaissent à travers la peau toute ingestion de nourriture ou d’eau, et ils parviennent à déterminer le nombre de calories qui y sont associées avec une précision de 84 à 93 %. En plus des ingestions caloriques, de la fréquence cardiaque et de la dépense énergétique, la montre calcule le niveau de stress et offre une analyse détaillée du sommeil.

255 $ (199 $US), frais de livraison de 32 $ (25 $US) en sus

PowerWatch X de Matrix

Cette montre sportive de la société Matrix Industries est la toute première au monde à ne jamais avoir besoin d’être rechargée. Grâce à sa technologie thermoélectrique, la simple chaleur du corps suffit à la faire fonctionner. Lorsqu’on la retire, elle se met en veille et mémorise les données enregistrées, puis elle reprend là où elle en était au moment où elle est portée de nouveau. Son écran affiche en tout temps la quantité d’énergie produite par la chaleur du corps. Elle mesure également le nombre de pas effectués, l’activité et les calories dépensées, en plus d’offrir une analyse complète du sommeil. Elle est résistance à l’eau jusqu’à une profondeur de 200 m, un record sur le marché. L’application qui y est reliée permet l’affichage des données détaillées.

360 $ (279 $US), frais de livraison de 38 $ (30 $US) en sus, offerte en vente en mai prochain

fēnix 5X de Garmin

Selon Frédérick Viens, copropriétaire de la boutique Maison de la course, la fēnix 5X de Garmin est la montre la plus avancée qu’on retrouve actuellement sur le marché. Robuste et conçue pour le sport extrême, cette montre comporte un GPS avec des cartes topographiques en couleurs destinées à la navigation en plein air, qui présentent un profil du dénivelé du trajet parcouru. La montre offre aussi la possibilité d’établir des itinéraires en fonction des distances souhaitées, et elle soumet des suggestions de parcours. En plus de mesurer la fréquence cardiaque au poignet, elle offre des fonctions très avancées, dont un odomètre d’ascension, le basculement automatique entre l’ascension et la course, ainsi que le WiFi, qui permet le téléchargement automatique des activités. Finalement, la montre est fabriquée d’un verre en saphir très résistant aux égratignures.

À partir de 849,99 $, dans la plupart des boutiques spécialisées en course à pied

Ionic de Fitbit

Pascal Forget, vulgarisateur en technologie, a un parti pris pour le modèle Ionic de la société Fitbit. Selon lui, « sans être parfaite, cette montre offre un excellent compromis entre la montre sportive et la montre intelligente et, surtout, elle a une très bonne autonomie ». Elle est munie d’un GPS d’une grande précision grâce à une antenne intégrée et à une connexion aux satellites mondiaux. Elle mesure la fréquence cardiaque au poignet de façon continue, en plus de reconnaître automatiquement l’activité physique pratiquée et de l’afficher à l’écran. Elle offre aussi une analyse complète du sommeil. La montre est assez étanche pour la natation, peut stocker de la musique, a une autonomie de plusieurs jours, en plus de fournir l’option de paiement sans portefeuille.

349,99 $, offerte chez plusieurs détaillants

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