Le Canadien

en quête de solutions

Affichant le pire taux de réussite de la ligue après les trois premiers matchs de la saison, le Canadien a cruellement besoin d’aide aux mises en jeu. « On doit s’améliorer », a résumé Claude Julien.

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En bref

Le drôle de cas de Jacob de la Rose

Interrogé sur le statut de Jacob de la Rose, Claude Julien n’a pas bronché. « Même chose qu’hier. » Sa présence sur la liste des blessés est toutefois de plus en plus étrange. Il y avait été placé, rappelons-le, en raison de problèmes cardiaques. Or, de la Rose participait hier à un quatrième entraînement complet depuis son retour. Il a raté une seule semaine d’action. Et comme le soulignait un collègue sceptique, l’équipe ne l’aurait pas laissé s’entraîner si lesdits problèmes n’étaient pas réglés ! Ce n’est pas comme un joueur qui doit faire des tests sur glace après une blessure au dos… Rappelons le nœud dans cette histoire : quand de la Rose ne sera plus sur la liste des blessés, le Canadien aura un joueur de trop. L’équipe devra donc procéder à une transaction, ou céder un attaquant à Laval, avec le risque de le perdre au ballottage.

Patience pour Alzner

Comme ils sont sept défenseurs en santé, il y a beaucoup de rotation entre partenaires dans les exercices à l’entraînement. Il est donc difficile de se prononcer sur les chances d’un retour au jeu de Karl Alzner ce soir. Xavier Ouellet et Jordie Benn ont connu des difficultés jeudi, mais dans ses réponses, Julien a laissé entendre que le vétéran Alzner devrait continuer à prendre son mal en patience. « C’est un pro. Il connaît sa situation. Il doit vivre avec, a estimé l’entraîneur-chef. À mes yeux, que ce soit une blessure ou un joueur laissé de côté, c’est la même chose. Karl doit rester prêt. Quand on lui fera signe, il devra bien jouer. »

Murray y sera-t-il ?

Quand les Penguins ont annoncé lundi que Matt Murray souffrait d’une commotion cérébrale, on croyait bien qu’il ne serait pas remis à temps pour affronter le Canadien ce soir. Mais selon les médias de Pittsburgh, le gardien s’est entraîné avec ses coéquipiers hier et a fait le voyage avec eux. Mike Sullivan, l’entraîneur-chef, a refusé de confirmer l’identité de son gardien partant. En l’absence de Murray, Casey DeSmith a livré une performance du tonnerre jeudi, repoussant 35 tirs des Golden Knights de Vegas dans un gain de 4-2. Tristan Jarry était son auxiliaire. On devrait en savoir davantage à l’entraînement des Penguins ce midi au Centre Bell. Outre Murray, l’équipe affiche un bilan de santé impeccable.

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« Ça ne peut pas arriver »

Jeudi soir, Phillip Danault n’a remporté qu’un seul gain en 13 tentatives aux cercles de mises en jeu

Aucun doute, Phillip Danault a pris du galon depuis son arrivée à Montréal. De simple ailier de quatrième trio à ses débuts, il a grimpé la hiérarchie pour s’établir au centre, puis piloter un trio offensif.

Cette saison, il semble qu’il franchira une étape supplémentaire en devenant l’homme de confiance pour les mises en jeu, une mission qui vient généralement avec un temps d’utilisation bonifié. C’était jadis le rôle de Tomas Plekanec ; c’est désormais celui de Danault. À 25 ans, à l’approche des 200 matchs dans la LNH, avec un contrat de trois ans en poche, le Québécois a acquis un certain statut au sein de son groupe.

Évidemment, avec de telles responsabilités viennent des attentes plus élevées. Les entrevues qui ont suivi l’entraînement d’hier reflétaient cette nouvelle réalité.

Le numéro 24 a connu jeudi ce qu’il a qualifié de « pire match » de sa carrière. Aux mises en jeu : un seul gain en 13 engagements. Il a été l’unique joueur de son équipe à ne pas obtenir de tir sur le gardien Jack Campbell.

Autant Danault que Claude Julien, dans leurs commentaires hier, parlaient sur un ton qu’on n’avait jamais entendu auparavant au sujet du joueur. Un ton difficile à décrire, mais qui n’est clairement pas celui qu’on utilise à propos d’un employé de soutien. Jugez-en par vous-même.

« Je vais sortir méchant [ce soir], c’est sûr. Je vais répondre après le match que j’ai eu [jeudi] », a lancé Danault après l’entraînement d’hier.

« J’ai commencé à stresser après avoir perdu cinq, six mises en jeu de suite, je me posais des questions. Ça ne peut pas arriver. »

— Phillip Danault

« Je ne peux pas arrêter de croire en mes moyens. Ça me jouait dans la tête. Les meilleurs joueurs, mentalement, ils ne flanchent pas comme ça quand ça arrive. »

« C’est une attitude. Ça commence là, a ajouté Julien. Tu apprends à connaître les centres adverses. Tu dois aussi faire des ajustements pendant un match. Il y a la préparation. C’est là que nos joueurs doivent s’améliorer. Phillip est dans la Ligue nationale depuis quelques saisons. On veut qu’il gagne ses mises en jeu. [Jeudi], c’était très difficile pour lui. Il ne peut pas connaître trop de soirées comme ça. »

Plekanec à la rescousse ?

Du haut de ses quelque 15 ans d’expérience dans la LNH, Julien n’est pas du genre à paniquer après une simple défaite comme celle contre les Kings. À un collègue qui lui demandait s’il songeait à réaménager ses unités d’avantage numérique, l’entraîneur-chef a répondu par une boutade. « On a perdu, donc j’imagine que je dois tout détruire et recommencer à zéro ? »

Ainsi, malgré le match difficile de Danault, son trio est demeuré intact. Tomas Tatar, Brendan Gallagher et lui n’ont pratiquement jamais été séparés depuis le camp d’entraînement. Par contre, toutes les autres unités ont été modifiées hier, et si elles demeurent intactes ce matin, Danault devrait obtenir de l’aide au cercle des mises en jeu.

Plekanec pilotait en effet le quatrième trio, en remplacement de Matthew Peca, qui s’est exercé avec le réserviste Nikita Scherbak et le blessé Jacob de la Rose.

« On a de la difficulté au cercle des mises en jeu, on doit s’améliorer. Tomas pourrait nous aider », a dit Julien, tout en refusant de confirmer que le numéro 14 disputerait son premier match de la saison, et le 999e de sa carrière.

Car, oui, le Canadien a cruellement besoin d’aide aux mises en jeu. Les taux de succès : 41 % lors du premier match à Toronto, 40 % samedi dernier à Pittsburgh, 38 % jeudi contre les Kings. Au cumulatif, le CH affiche 39,8 %, ce qui le classe au 31e et dernier rang du circuit.

Peca avait bonne réputation aux mises en jeu dans la Ligue américaine, mais il a peiné dans ses rares occasions cette saison (6 en 18, 33 %). Plekanec, sans être un maître comme l’était Yanic Perreault, a affiché les meilleurs résultats de sa carrière la saison dernière, à 53,3 %.

Pas de corrélation

Curieusement, même en perdant six mises en jeu sur dix, le Tricolore n’a pas trop souffert en termes de possession de rondelle. À cinq contre cinq, l’équipe vient au 7e rang de la LNH pour le ratio de tentatives de tir (indice Corsi). L’hypothèse de Max Domi ?

« On est un groupe rapide, on peut créer beaucoup de revirements, nos ailiers sont capables d’enlever la rondelle aux défenseurs adverses », a dit le numéro 13.

« Imagine à quel point on va contrôler la rondelle quand on va commencer à gagner plus de mises en jeu ! Ça fait partie de notre croissance collective et il est encore tôt dans la saison. »

— Max Domi

Pour Danault, toutefois, ces chiffres de possession ne veulent pas dire grand-chose. Le jeune homme refuse de voir les mises en jeu pour ce qu’elles apportent – la possession de la rondelle – et les voit plutôt comme une autre phase du jeu où les joueurs doivent afficher de la hargne. Jeudi, les petits joueurs du Tricolore en ont arraché contre les colosses des Kings qui se présentaient au cercle des mises en jeu, principalement Anze Kopitar et Jeff Carter.

Les Penguins comptent un seul centre gros format, mais c’est Riley Sheahan, le moins utilisé du groupe. N’empêche, on devine que l’ancienne équipe de Phil Bourque sera plus affamée qu’elle ne l’était samedi dernier, et ce, dans tous les aspects du jeu.

« Il faut trouver un moyen d’être plus méchant, peu importe la grosseur du centre de l’autre côté, martèle Danault. Il faut que ça fasse mal, une mise en jeu. C’est une bataille de plus. Pour nous, les centres, ça nous donne la rondelle pendant 15 secondes, ou on passe 15 secondes à courir après. C’est une grosse différence dans le match et jeudi, ça nous a coûté cher. »

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