OPINION

Un parcours inintéressant

Peut-on souhaiter qu’un deuxième marathon bénéficie d’un parcours plus attrayant, ou que l’actuel marathon puisse bonifier son parcours ?

C’était en 2010. J’ai trouvé Montréal belle. C’était la première fois. Je courais le marathon et je souhaitais réaliser cet exploit dans ma ville.

J’étais dans le Vieux-Montréal et je pouvais observer l’architecture de la ville d’un point de vue unique, sans voiture, au milieu de la rue. Quelques kilomètres plus tard, je courais dans la rue des Carrières, entre une voie ferrée et des édifices industriels abandonnés et vandalisés. C’était laid, c’était sale et il n’y avait personne. Jolie carte postale de la ville pour les coureurs de l’extérieur, et même pour les Montréalais !

Les années suivantes, la deuxième partie du parcours du marathon a changé légèrement, mais on est toujours loin de faire découvrir ce que Montréal a de plus beau. Une quinzaine de kilomètres sur l’avenue Christophe-Colomb, la rue De La Roche et le boulevard Saint-Joseph, trois artères de Montréal qui sont reconnues comme des hauts lieux touristiques de la métropole québécoise.

En comparaison, le marathon d’Ottawa commence pratiquement devant le parlement, longe le canal Rideau et offre par la suite de très belles vues de la région avant de se conclure dans le quartier des ambassades en passant devant la résidence du premier ministre du Canada.

Même chose pour le marathon de Québec qui permet de courir des deux côtés du fleuve et de terminer dans le Vieux-Port après un passage devant le Château Frontenac et le Vieux-Québec. Et c’est sans parler du marathon de New York, pour lequel la ville la plus importante du monde n’hésite pas à fermer l’accès à certains ponts et de nombreuses rues célèbres lors de cette journée.

Chaque printemps et chaque automne, je cours un marathon, et comme la plupart des personnes avec lesquelles je m’entraîne, Montréal fait rarement partie du marathon choisi, pour la simple raison que le parcours n’est pas intéressant.

Il est triste de réaliser que de nombreux Montréalais préfèrent courir dans une autre ville leur premier marathon, mais c’est la réalité. La question ne se pose même pas pour un résidant d’Ottawa ou de Québec.

L’organisation du marathon de Montréal coûterait 400 000 $ aux contribuables chaque année pour la fermeture des rues et la sécurité, et rapporterait 13 millions en retombées touristiques et économiques, selon une étude réalisée en 2015.

L’an prochain, pour le 375e anniversaire de Montréal, peut-on enfin souhaiter que les élus reconnaissent concrètement l’importance du marathon de Montréal comme locomotive pour faire bouger et inspirer les gens, et qu’ils facilitent la vie aux organisateurs afin qu’ils puissent offrir un parcours qui mettrait en valeur la beauté de la ville ?

De récents reportages mentionnaient que la ville de Montréal, à commencer par son maire, M. Coderre, souvent présent pour donner le coup d’envoi du marathon, voit d’un bon œil la venue d’un deuxième marathon à Montréal.

Peut-on souhaiter que ce nouveau marathon puisse bénéficier d’un parcours plus attrayant, ou que l’actuel marathon puisse bonifier son parcours ?

En attendant, je serai encore une fois présent cette année pour encourager les coureurs. Cherchez-moi du côté du boulevard Saint-Joseph, où je sais que les coureurs auront besoin de beaucoup d’encouragements pour leurs derniers kilomètres et qu’ils auront malheureusement peu à se mettre sous les yeux pour leur faire oublier la douleur.

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