Comment choisir sa croisière fluviale

Cinq questions à se poser pour trouver la croisière fluviale qui convient.

Fluviale ou océanique ?

« Les croisières fluviales sont complètement différentes des croisières en mer. Il faut d’abord savoir laquelle est faite pour nous, estime Cristelle Cormier, directrice ventes et marketing pour Tours Chanteclerc. En croisière fluviale, les bateaux sont beaucoup plus petits, en général entre 80 et 100 cabines qui donnent toutes sur l’extérieur. Il n’y a souvent qu’une seule salle à manger et, du point de vue du divertissement, il n’y a pas de spectacle à grand déploiement comme sur les gros navires de 5000 passagers. Les installations sont plus limitées ; par exemple, les bateaux n’ont pas tous une piscine et lorsque c’est le cas, c’est souvent un bassin d’eau. »

La croisière fluviale possède en revanche un avantage considérable, grâce à la petite taille des bateaux. « Les bateaux sont amarrés près du centre-ville ou de la ville historique, ce qui permet d’être plus autonome. On peut entrer et sortir à notre guise de ces hôtels flottants pour découvrir chaque destination. »

« Les croisières fluviales sont faites pour les gens qui souhaitent visiter, vivre localement et manger de la nourriture typique. C’est aussi un moyen parfait pour découvrir la vie nocturne. »

— Sylvie Ouimet, conseillère spécialisée en croisière chez Voyages Traditours

Voyager à bord de plus petits bateaux a toutefois un prix, estime Pierre-Olivier Fortin, conseiller en communication chez CAA-Québec. « Les croisières fluviales sont en général plus chères que les croisières en mer, car le ratio personnel/passager est plus petit. Il y a plus de gens à bord pour s’occuper de nous. Le rythme est aussi plus détendu et l’absence de grandes vagues aide ceux qui ont le mal des transports. »

Les trois intervenants s’entendent sur une chose : les croisières fluviales sont de plus en plus recherchées, tant sur le marché québécois qu’à l’étranger. « Il faut réserver plus tôt que pour une croisière maritime, soit de 9 à 12 mois avant le départ, dit M. Fortin. Les bateaux se remplissent vite… »

Quel itinéraire choisir ?

L’Europe reste encore et toujours le continent de prédilection pour les croisières fluviales. Mais le Douro et le Danube ne traversent pas les mêmes paysages et n’offrent pas les mêmes expériences aux passagers.

« Il y a des croisières fluviales pour tous les goûts, lance Sylvie Ouimet. On croit souvent à tort que c’est une formule pour les retraités, mais les 35-45 ans peuvent aussi y trouver leur compte. »

Ceux qui aiment les grandes villes et les musées apprécieront un itinéraire sur le Danube ou sur la Volga, pour voir Moscou et Saint-Pétersbourg. Pour les petits villages typiques (et romantiques), Mme Ouimet suggère de privilégier le Rhin ou la Moselle. Pour les amateurs de vin, le Douro portugais est tout indiqué. L’Elbe et la Vltava (la Moldau en allemand) raviront plutôt les férus d’histoire. Cette dernière destination est d’ailleurs en plein essor, estime la conseillère chez Traditours. « C’est LA nouvelle destination pour les amateurs de croisières fluviales qui ont déjà fait le Rhin et le Danube. »

À savoir : d’une société à l’autre, les itinéraires sur un fleuve donné sont souvent les mêmes. Difficile en effet de naviguer sur le Danube sans s’arrêter à Vienne… C’est par le niveau de service et le confort de ses bateaux qu’une société se distinguera de ses concurrentes. Pas vraiment par son itinéraire, tracé d’avance par les méandres du fleuve.

En français ou en anglais ?

« Il est possible de faire une croisière dans un environnement entièrement francophone, dit Cristelle Cormier. Faire des visites guidées dans notre langue, ça peut être très intéressant. Or, certaines compagnies vont imposer un nombre minimal de francophones pour offrir des services en français. »

La solution ? Opter pour une société comme CroisiEurope, dont la majorité de la clientèle est française. Ou vérifier auprès de certains voyagistes québécois, qui nolisent des bateaux complets sur certains itinéraires.

En groupe ou en autonomie ?

Un autre facteur à considérer lors du choix d’une croisière fluviale : le degré de liberté souhaité.

Sur certains itinéraires, il est quasi impossible d’explorer seul la destination ; il faut alors se rabattre sur les excursions guidées. C’est le cas en Bohême, en République tchèque, où les villages sont situés loin de la Vltava. Le Douro, avec ses villages haut perchés, se prête aussi mieux aux visites de groupe, selon Sylvie Ouimet. Mais Budapest, Bratislava, Vienne, Prague, Amsterdam ou Moscou peuvent très bien se visiter en autonomie complète, sans autre guide qu’une bonne vieille carte, souvent fournie à bord du bateau.

Pour ceux qui souhaitent éviter les foules de croisiéristes qui débarquent en masse dans une destination, Cristelle Cormier recommande d’éviter les mois de haute affluence, soit juin, juillet et août en Europe.

Tout-inclus ou non ?

De prime abord, la formule du tout-inclus a de quoi être séduisante. Pas besoin de remettre la main à sa poche pour payer alcool, excursions, pourboires, location de vélo… « Les Québécois sont friands du tout-inclus en croisière, car c’est une façon de faire qu’ils ont déjà expérimentée lors d’un voyage dans le Sud », observe Pierre-Olivier Fortin.

Or, cette formule, pratiquée en particulier par les sociétés haut de gamme, n’est pas forcément la meilleure pour tous, croit Cristelle Cormier. « Il faut voir si on en a pour son argent. Un passager qui consomme peu d’alcool, par exemple, risque de payer cher pour rien. Même chose pour quelqu’un qui veut avoir plus de temps libre et moins d’excursions guidées. »

Il faut donc vérifier de près les inclusions avant de faire son choix définitif. Certaines sociétés afficheront des prix plus bas, mais chaque excursion sera facturée comme supplément. Idem pour le verre de mousseux sur le pont en plein après-midi…

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