Yamachiche

Deux hommes accusés du meurtre d’Ophélie Martin-Cyr

Trois-Rivières — René Kègle et Francis Martel ont été formellement accusés hier après-midi du meurtre prémédité de la jeune Ophélie Martin-Cyr. Les deux suspects, qui ont été arrêtés après une chasse à l’homme dans la nuit de jeudi à vendredi, ont été emmenés en toute fin de journée au palais de justice de Trois-Rivières. Il y aurait un lien entre cette affaire et la découverte de deux corps calcinés dans une voiture à Sainte-Marthe-du-Cap, confirme par ailleurs la Sûreté du Québec.

« Pourris ! » « Chiens sales ! » « Trous de cul ! » : les deux hommes ont été accueillis par une pluie d’injures. Ils font aujourd’hui face à plusieurs chefs d’accusation, dont le plus grave du Code criminel, soit le meurtre prémédité. Une accusation qui peut valoir une peine automatique de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. 

Les deux suspects sont soupçonnés d’avoir tué par balle la victime de 19 ans, qui a été retrouvée sans vie dans un champ de Yamachiche mercredi matin.

René Kègle, âgé de 38 ans et originaire de Saint-Maurice, a été arrêté dans la nuit de jeudi à vendredi à Repentigny, grâce à la vigilance des patrouilleurs du service de police municipal. Il fait aussi face à une accusation de tentative de meurtre contre une jeune femme de 21 ans qui accompagnait Ophélie Martin-Cyr. Le suspect aurait tiré des coups de feu dans sa direction alors qu’elle s’enfuyait à bord d’un véhicule en mouvement. Celle-ci a subi des blessures, mais sa vie n’est pas en danger. C’est elle qui a déclenché tout le processus d’enquête.

L’autre suspect, Francis Martel, 31 ans, a été retrouvé sur l’île de Montréal.

Comparution tendue

Les comparutions se sont déroulées sous haute tension, alors que de nombreux proches de la jeune victime ainsi que des proches des suspects étaient sur place pour assister aux procédures judiciaires.

Francis Martel, qui a de lourds antécédents judiciaires en matière de drogue, de possession d’armes et de vols, a été le premier à comparaître. Les traits tirés et le visage enflé, le suspect a jeté un bref coup d’œil dans la salle et a esquissé un salut, peut-être à un proche venu pour le soutenir.

René Kègle, qui a aussi des antécédents judiciaires, est demeuré plus longtemps dans le box des accusés. Durant de longues secondes, un lourd silence régnait, tandis que l’accusé balayait très lentement du regard l’ensemble de la salle. 

À l’extérieur, plus d’une trentaine de personnes en colère ont attendu plusieurs heures l’arrivée des deux accusés. La tension était à ce point palpable qu’une dizaine de policiers ont été appelés en renfort par les constables spéciaux afin d’assurer la sécurité sur place lors de l’arrivée des prévenus. 

Le fil des événements

Difficile encore d’établir le fil des événements ou même les raisons qui auraient mené les deux hommes à mettre fin aux jours de la jeune femme de 19 ans.

Plusieurs sources indiquent qu’elle connaissait René Kègle et qu’elle avait déjà manifesté son intention de ne plus lui adresser la parole, car elle le craignait. « Elle ne l’aurait jamais suivi de son plein gré, ça, j’en suis convaincue », a lancé sa très bonne amie Kary-Ann Brochu.

Shannie Gélinas, une autre amie proche d’Ophélie Martin-Cyr, parle d’une jeune femme au grand cœur « toujours là pour les autres ». Elle avait toutefois pris un peu de distance récemment en raison d’un groupe d’amis qu’elle qualifie de « nocif, toxique ». 

« Je lui en avais parlé. On était pas mal au courant de ses fréquentations. Ils ont un lourd passé. Les deux messieurs qui ont été arrêtés, ce ne sont pas des enfants de chœur. »

— Shannie Gélinas

D’autres sources indiquent qu’un vol serait survenu chez l’un des deux suspects et que les victimes auraient pu avoir des informations sur son auteur.

Une campagne de sociofinancement a été lancée, hier, sur le site GoFundMe.com, afin de soutenir le père d’Ophélie Martin-Cyr dans l’épreuve qu’il traverse. De son côté, le Collège Ellis de Trois-Rivières, où étudiaient la jeune victime ainsi que l’autre jeune femme qui l’accompagnait, a mis un service d’aide et de soutien psychologique à la disposition des élèves et du personnel qui pourraient sentir le besoin de parler de ces événements.

Affaires liées

La Sûreté du Québec établit maintenant un lien entre cette affaire et la découverte de deux corps calcinés dans une voiture dans le secteur Sainte-Marthe, mercredi matin. « Certains éléments nous portent à croire que les deux événements seraient reliés même s’il y a une distance d’environ 30 km entre les deux événements », indique la sergente Éloïse Cossette, porte-parole de la Sûreté du Québec. Aucune accusation n’a encore été déposée contre qui que ce soit dans cette affaire. 

Bien que la Sûreté du Québec ne soit toujours pas en mesure d’identifier les deux personnes retrouvées dans le véhicule calciné, certains proches d’un entrepreneur en construction s’inquiètent. Steve Lamy n’a pas été revu depuis mercredi, moment où la voiture a été découverte. 

Le véhicule retrouvé dans le secteur Sainte-Marthe, un VUS de luxe, pourrait correspondre au véhicule de M. Lamy. Des proches se sont rendus à son domicile au cours des derniers jours, mais il n’a jamais donné signe de vie et son véhicule ne se trouvait pas dans son garage.

Selon nos informations, Steve Lamy était l’ex-beau-frère de René Kègle et les deux hommes se connaissaient depuis de nombreuses années.

— Avec La Presse canadienne

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