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La plus belle vue du Québec

Du fleuve aux montagnes en passant par les lacs, les villages pittoresques et les grands espaces… le Québec ne manque pas de paysages grandioses. Vous croyez savoir où se trouve le plus beau d’entre eux ? Envoyez-nous une photo de la plus belle vue du Québec, selon vous, ainsi qu’un court texte pour nous dire où aller pour l’admirer. Nous publierons au cours de l’été un reportage sur les panoramas les plus spectaculaires.

Nouvelle-Zélande

Le tatouage maori, un souvenir pas comme les autres

Le tatouage a la cote. Et comme les Maoris pratiquent cet art depuis des temps immémoriaux, il peut être tentant de s’offrir un tatouage traditionnel comme souvenir d’un voyage en Nouvelle-Zélande. La Presse en a discuté avec Taryn Beri, tatoueuse professionnelle d’origine maorie rencontrée à Wellington.

Quelle est la différence entre les tatouages traditionnels comme ceux que vous faites et ceux qu’on voit un peu partout ailleurs ?

Je dessine mes moko [tatouages en maori] à main levée, jamais à partir d’un stencil. Les clients ne peuvent pas arriver dans mon atelier et me présenter un dessin en disant : je veux cela ! Les tatoueurs traditionnels comme moi font les motifs à partir de l’histoire de la personne et de sa généalogie, des morts ou des naissances qui ont marqué sa vie. Je peux m’inspirer de sa famille, de son travail, de ses succès comme des grands défis qu’elle doit relever. Pour cela, il faut qu’on discute, qu’on fasse connaissance, car chaque tatouage est unique.

Existe-t-il tout de même des symboles récurrents dans les tatouages maoris ?

Traditionnellement, ça dépendait de la tribu d’où provenait le tatoueur. Ainsi, les tribus côtières vont privilégier les symboles marins, comme les vagues. Celles qui vivent dans les terres vont aimer mieux ceux de fleurs ou d’oiseaux. Certains motifs sont très anciens et se transmettent de génération en génération. On représente en général des éléments de la nature ou de notre environnement et ce qui nous tient à cœur. Le tatouage est une combinaison de symboles.

Moi, j’utilise beaucoup le koru, un motif en forme de spirale représentant une plante qui se déploie. Selon nos légendes, les lignes du tatouage symbolisent les craques qui se sont formées dans le sol après le passage de Ruamoko, le dieu des volcans et des tremblements de terre.

Vous parlez de transmission du savoir. Existe-t-il une formation pour maîtriser l’art du tatouage maori ?

Il est possible de faire une formation auprès de l’Institut d’art et d’artisanat maori, situé à Rotorua. Moi, j’ai aussi étudié pendant trois ans auprès d’un mentor. Il me répétait que l’art du moko traditionnel est à 99 % culturel et 1 % technique. Pour les Maoris, le moko est un art très, très ancien, empreint de spiritualité. C’est une connexion avec les ancêtres, un cadeau qui nous est transmis et qu’on doit préserver. C’est aussi une forme de réhabilitation de notre culture, au même titre que notre langue.

Il faut aussi savoir que les tatouages ont été interdits aux Maoris au début du XXsiècle. L’art a survécu grâce aux femmes aînées, qui ont défié les autorités pour garder la tradition vivante.

Aujourd’hui, on observe un engouement indéniable pour le tatouage, en particulier le tatouage de style polynésien ou maori…

Oui, le phénomène a explosé sur la scène internationale depuis les années 2000 et ça pose problème. De nos jours, beaucoup de tatoueurs qui utilisent nos symboles ne sont pas d’origine maorie ou polynésienne. Leur travail est superficiel. Ils n’ont ni le bagage ni l’autorité spirituelle pour faire ce genre de tatouage. Ils s’approprient notre culture pour dessiner de jolis motifs, mais ça reste seulement un motif. Un tatouage maori, c’est beaucoup plus que ça. Aujourd’hui, c’est notamment un symbole d’émancipation pour certaines femmes qui se font tatouer le menton, à l’image des jeunes filles qui, il y a plus de 200 ans, recevaient ce type de tatouage à la puberté. Nos tatouages ont une valeur culturelle immense.

Est-ce que la technique traditionnelle de tatouage du stick and poke ou tapping (tatouage à la main à l’aide de bouts de bois effilés tapés sur la peau) est encore pratiquée en Nouvelle-Zélande ?

Encore très peu de tatoueurs utilisent cette méthode ancestrale, mais on sent un intérêt grandissant. De mon côté, j’utilise des machines modernes pour faire mes tatouages. J’aimerais beaucoup être initiée un jour au tapping, mais cette technique requiert un plus haut niveau spirituel. C’est un autre long apprentissage à faire.

Quels conseils donneriez-vous à un touriste qui souhaite s’offrir un tatouage traditionnel maori ?

C’est préférable de réserver plusieurs mois à l’avance. Côté budget, vous pouvez compter autour de 150 $ pour un très petit tatouage ; 1000 $ pour un tatouage qui va nécessiter une journée de travail. Règle générale, le tarif horaire est de 150 ou 200 $ l’heure. 

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