Décoration intérieure

L’art de la mosaïque

SUITE et Ciot s’associent pour vous faire découvrir la finesse de la mosaïque.

À l’époque romaine, la mosaïque faisait œuvre utile; au tout début, elle recouvrait le sol en terre battue des maisons, facilitant son entretien et améliorant sa durabilité. Avec les années, elle est devenue beaucoup plus décorative. Aujourd’hui, cet art millénaire se réinvente, s’affiche sur de nouveaux supports et revendique sa vocation artistique dans nos intérieurs. Rencontre avec les artisans de Ciot Studio.

Décoration

Dans le monde de la décoration, on appelle « mosaïque » les petites tuiles de céramique ou de verre qui tapissent nos cuisines et salles de bain. Mais ce n’est pas de ces carreaux faits en série dont il est question ici. Plus complexe, l’art de la mosaïque consiste à assembler des tesselles, c’est-à-dire de petits fragments de pierres colorées, de marbre, d’émail de verre smalti de Murano ou de tesselles d’or, de façon à obtenir une image pour revêtir une surface ou un objet. « L’assemblage de fragments devient alors une œuvre d’art unique, une peinture pour l’éternité », résume Igor Marziali, maître mosaïste italien désormais installé à Montréal et créateur pour Ciot Studio, un nouveau service exclusif de mosaïque sur mesure.

Igor Marziali, maître mosaïste

Né dans une famille d’artistes, Igor a eu la piqûre pour la mosaïque en visitant un atelier : « Le plaisir de toucher les différentes pierres naturelles, puis de les transformer avec mes mains… » Il a fait ses classes à l’école des beaux-arts Scuola Mosaicisti del Friuli, dans le nord-est de l’Italie – où il a aussi enseigné pendant 16 ans –, et perfectionné sa technique dans différents ateliers. « La mosaïque s’est révélée pour moi comme un moyen d’expression artistique d’une richesse infinie, sans limites », confie le maître mosaïste dont les œuvres sont affichées aux quatre coins du monde. À New York, on peut admirer son Iridescent Lightning, constituée de plus de 38 mètres de mosaïque, sur le site de Ground Zero.

Techniques millénaires

Lors d’une exposition à Bologne en 2008, Giuseppe Panzera, président de Ciot, a proposé à Igor de mettre sur pied le premier atelier de mosaïque au Canada. Ainsi, depuis 2012, Ciot Studio offre la création et la réalisation d’œuvres sur mesure, ainsi que six collections de mosaïques que le client peut acquérir telles quelles ou faire modifier en fonction de ses besoins. Les mosaïques sont créées selon deux techniques : à l’envers ou directe. La première, plus rapide et procurant une surface bien lisse, consiste à placer les tesselles pour composer le dessin avant d’appliquer le filet et la colle sur l’envers. La méthode directe, relevant de la tradition, suggère de coller les tesselles directement à leur place définitive sur le support, en utilisant un ciment. Igor Marziali et son équipe sont les seuls artisans à produire des œuvres selon ce savoir-faire ancestral à Montréal.  

Installation

Quelle que soit la méthode utilisée, une fois terminée, l’œuvre est divisée en sections pour être « recomposée et fixée, aisément, comme un gros puzzle sur la surface où on la destine », explique Léonor Leclair, directrice artistique et créatrice pour Ciot Studio. Parfaitement équipée, l’équipe est en mesure de réaliser des projets de tous formats pour des clients résidentiels ou commerciaux, et même des projets d’art public pour les institutions.

Évolution et tendances

Les carrelages constituent un élément important dans la décoration intérieure. Si autrefois les carreaux se déclinaient dans un choix restreint de couleurs et de dimensions, il est possible aujourd’hui de choisir parmi une multitude de matières, de styles, de motifs, de formes et de finitions. Ces possibilités s’appliquent aussi à la mosaïque, explique Léonor Leclair : « Les dessins sont de plus en plus complexes et artistiques. Nous sommes en mesure d’effectuer des formes courbées, des œuvres au design épuré qui séduisent par leur texture et leur façon de jouer avec la lumière. »

Une mosaïque chez soi

Le maître mosaïste et la directrice artistique travaillent de concert pour concevoir chaque œuvre unique. « Le client participe à toutes les étapes de création, rappelle Léonor Leclair, de l’élaboration du dessin numérique au choix des dimensions, du style, des matériaux et des couleurs jusqu’à l’étape de la réalisation. » Une fois tous les dessins approuvés, Igor regroupe les matériaux et sa martellina, son petit marteau à manche de bois avec lequel il taillera la pierre : « Mon moment préféré. Lorsqu’une œuvre va commencer à prendre forme. »

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