PRISON RIVIÈRE-DES-PRAIRIES

DEUX DRONES OBSERVÉS, DE LA DROGUE ET DES ARMES TROUVÉES

C’était le jour des drones jeudi dernier au Centre de détention Rivière-des-Prairies à Montréal. Alors que deux de ces engins volants auraient été observés au-dessus des cours de la prison, les gardiens ont découvert dans un secteur abritant des membres de gangs de rue une quantité relativement importante de stupéfiants et d’inquiétants outils vraisemblablement arrivés par drone, a appris La Presse.

Explosion des apparitions

Drones signalés à la sécurité dans les prisons du Québec 2013-2014 : 42014-2015 : 182015-2016 : 272016-2017 : 11 (au 16 juillet dernier)

Selon des chiffres obtenus du ministère de la Sécurité publique grâce à la Loi sur l’accès aux documents publics, les observations de drones au-dessus des terrains des prisons québécoises ont explosé depuis 2014. On en a dénombré 27 l’an dernier. Cette année, on en était à 11 au 16 juillet, un chiffre qui est déjà plus important qu’à la même période l’an dernier. Les statistiques de cette année ne comprennent pas les deux observations de jeudi dernier au-dessus du Centre de détention Rivière-des-Prairies.

Les plus livrés

Les objets apportés par drones les plus souvent saisis sont les stupéfiants, le tabac et le papier à rouler, en raison notamment du trafic institutionnel causé par la valeur très élevée de ces produits à l’intérieur des murs, où ils sont interdits. Les appareils cellulaires, qui peuvent permettre à un détenu de poursuivre ses activités criminelles depuis sa cellule, sont aussi très régulièrement saisis.

DROGUE, CELLULAIRES ET LAMES DE SCIE…

Après avoir reçu une information ou eu des doutes, les agents correctionnels ont effectué une fouille en soirée dans les 16 cellules d’un secteur où sont détenus majoritairement des individus d’allégeance bleue. Selon des sources, ils ont trouvé plus de 50 grammes de haschisch, une substance s’apparentant à de l’héroïne, six téléphones cellulaires, des lames de scie et un petit appareil électrique multifonctionnel. Quelques heures plus tôt, deux drones auraient été aperçus au-dessus de deux cours de l’établissement, dont un autre secteur où les prévenus sont classés « général ». On ignore toutefois si des objets ont été saisis à la suite de l’observation de ces drones.

GRILLAGES RÉCLAMÉS

Le président du Syndicat des agents en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie, n’a pas voulu confirmer les informations recueillies par La Presse. Mais il implore le gouvernement d’agir pour mettre fin aux livraisons, de plus en plus nombreuses, par drones dans les 18 prisons du Québec. « On se rend compte que les projets-pilotes ou les mesures mis en place après les évasions de Québec et de Saint-Jérôme n’ont pas fait cesser ces intrusions », lance M. Lavoie.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.