Précision

Imagerie par résonance magnétique

L’imagerie par résonance magnétique (IRM) n’émet pas de radiations, contrairement à ce qui était écrit dans le dossier « Trop de rayons X ? », publié le 6 février. Nos excuses.

Rectificatif

Séduction animale

Dans un article publié le 10 février sur la séduction animale, nous avons malencontreusement mal orthographié le nom d’un chercheur. Il s’agissait de Luc-Alain Giraldeau, directeur général de l’INRS. Nos excuses pour la confusion.

Étude

Les jeunes de plus en plus perfectionnistes... et anxieux

Une montée du perfectionnisme pourrait probablement expliquer les taux plus élevés d’anxiété et de dépression chez les jeunes, selon une nouvelle étude britannique. Pour la première fois, elle confirme que le perfectionnisme est en hausse dans les pays occidentaux.

« L’augmentation du perfectionnisme depuis 30 ans est d’entre 10 et 32 %, explique l’auteur principal de l’étude parue dans la revue Psychological Bulletin, Thomas Curran, de l’Université de Bath, en Angleterre. Nous n’avons pas pu montrer de lien causal entre les augmentations de perfectionnisme et des taux d’anxiété et de dépression, mais beaucoup d’autres études établissent un lien entre les deux. Il faut trouver des manières de prévenir le perfectionnisme néfaste et de le traiter. »

Les psychologues de Bath ont amalgamé 164 échantillons d’étudiants universitaires britanniques, canadiens et américains, qui totalisent près de 42 000 personnes. « Nous utilisons l’une des principales échelles de mesure du perfectionnisme, dit M. Curran. Elle a été mise au point au Canada dans les années 80. »

Cette échelle considère que le perfectionnisme se définit par une croyance que les erreurs sont un signe d’échec et seront mal vues par autrui, des doutes sur sa capacité à accomplir des tâches quotidiennes, une obsession de l’ordre et de l’organisation du temps, une impression de toujours décevoir ses parents ainsi que des attentes personnelles élevées (« je déteste quand je ne suis pas le meilleur »). Le perfectionnisme est aussi lié à l’isolement social.

« Quand on est perfectionniste, on a aussi des attentes élevées envers les autres. Ce n’est pas un trait de personnalité qui aide à se faire des amis, particulièrement si on est souvent critique des actions d’autrui. Ou tout simplement, personne n’est digne d’être notre ami. L’isolement est aussi un facteur de risque pour la dépression. »

— Thomas Curran, de l’Université de Bath, en Angleterre

Qu’est-ce qui explique cette montée du perfectionnisme ? « Je pense que le néolibéralisme a porté les jeunes à accorder de plus en plus d’importance à la réussite scolaire et professionnelle, dit M. Curran. Les maisons coûtent plus cher, aussi, ça met de la pression pour réussir. »

Une thèse éprouvée

Il y a une vingtaine d’années, le sociologue français Alain Ehrenberg a publié La fatigue d’être soi, un livre où il postulait que la diminution des normes de comportement social expliquait que les jeunes d’aujourd’hui souffrent moins de névrose et davantage de dépression. Son raisonnement : comme un individu est aujourd’hui relativement libre de choisir comment vivre sa vie, s’il est malheureux, c’est nécessairement de sa faute. Est-ce que cette thèse peut aussi jouer un rôle ?

« Ça rejoint les critiques actuelles de la psychologie positive, par exemple par Barbara Ehrenreich et William Davies, dit M. Curran. Quand on a 20-25 ans, on ne sait pas toujours ce qu’on veut faire dans la vie. Mais la société dit que peu importe ce qu’on choisit, il faut le faire bien et être heureux de son choix. Se tromper, errer d’un programme ou d’une profession à l’autre est mal vu. Le bonheur va main dans la main avec le succès professionnel. » Mme Ehrenreich a publié en 2009 le livre Think Positive : How the Relentless Promotion of Positive Thinking Has Undermined America, et M. Davies, The Happiness Industry en 2016.

Parmi les 42 000 étudiants analysés par l’étude de M. Curran, 71 % étaient des femmes. Est-il possible que son échantillon souffre d’un biais de sélection, que les perfectionnistes y soient surreprésentés ? « Je crois que non, parce que nous avons exclu toutes les études qui incluaient des étudiants ayant des problèmes cliniques d’anxiété et de dépression. »

Thomas Curran s’est intéressé au perfectionnisme après avoir constaté qu’une proportion toujours grandissante de ses étudiants étaient très anxieux, isolés et déprimés. « La prochaine étape est de prévenir et guérir le perfectionnisme. Il n’y a rien de mal à aimer ses études ou son travail. Mais il faut accepter que les échecs ont un côté positif, ils permettent d’apprendre. S’ils constituent toujours des catastrophes, la pression est trop grande. »

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Augmentation du risque de dépression post-partum chez les femmes perfectionnistes ayant une grande peur de commettre des erreurs

Source : Journal of Affective Disorders

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