MÉDIAS

Un Mishmash entre les arts et les affaires

Alexandre Taillefer lance Mishmash, un « collectif expérientiel » dont l’objectif est de faire rayonner le talent montréalais et québécois à l’échelle nationale et internationale. Initiative d’XPND Capital, dont l’homme d’affaires est l’associé principal, Mishmash regroupe – pour l’instant – trois entreprises culturelles montréalaises : La Tribu, le Groupe Piknic Électronik et Opéra Concept MP. L’investissement de départ se chiffre entre 15 et 20 millions. Toutefois, M. Taillefer lance un appel aux acteurs du milieu culturel qui auraient envie de se joindre au collectif. Il se fixe un objectif de 200 millions de chiffre d’affaires d’ici trois ans. « Certes, le marché québécois est important pour nous. Mais on doit aussi voir le potentiel de développement de l’essence montréalaise à l’étranger », indique-t-il. .

— Luc Boulanger, La Presse

Parodie à la une

Bien avant The Daily Show, Stephen Colbert et John Oliver, The Onion parodiait l’actualité aux États-Unis. Invité à la conférence Infopresse sur les médias hier, Rick Hamann, patron de la créativité, nous dit pourquoi ce site satirique demeure une référence.

Source d’« information » très populaire auprès des 18-34 ans, The Onion a fait de l’humour caustique sa marque de commerce. Quand une nouvelle est drôle ou absurde, on entend souvent : « On dirait une manchette de The Onion. »

Au fil des ans, The Onion a lancé deux autres sites : The AV Club, qui se consacre aux nouvelles culturelles, et Clickhole, qui se moque des sites comme Buzzfeed dont la popularité repose sur le nombre de clics. Mais c’est The Onion qui demeure le plus populaire des trois. Voici pourquoi : 

ON TRAITE L’HUMOUR AVEC SÉRIEUX

L’auditoire de The Onion est majoritairement composé de gens âgés de 18 à 34 ans, un peu plus éduqués et riches que la moyenne. « Nous nous faisons une fierté de ne pas prendre notre public de haut et nous tenons pour acquis qu’il est informé, qu’il est au courant de l’actualité », affirme Rick Hamann. Il dirige entre autres les Onion Labs, agence interne qui crée des publicités taillées sur mesure pour les annonceurs qui souhaitent rejoindre les milléniaux.

« Il y a vraiment une volonté de maintenir la qualité de ce que nous faisons à un très haut niveau, poursuit-il. Notre processus de travail est ultra rigoureux. L’équipe de rédacteurs – composée de milléniaux, mais aussi de gens dans la quarantaine – propose environ 1500 manchettes satiriques par semaine. Là-dessus, on en gardera seulement entre 20 et 30. La sélection est très sévère. »

ON COUVRE LA CAMPAGNE ÉLECTORALE COMME DE VRAIS JOURNALISTES

The Onion – qui vient d’ouvrir un bureau à New York – consacre beaucoup d’énergie à la couverture de la campagne présidentielle. Il était présent aux deux conventions politiques et s’apprête à couvrir les débats des candidats. « Tout est dans la préparation, observe Rick Hamann. Notre équipe doit anticiper ce qui sera dit et identifier les angles comiques à exploiter. On prépare des milliers de blagues en prévision de ces débats. Les gens qui écrivent pour nous sont sans doute parmi les personnes les mieux informées que je connaisse. Ils doivent tout lire, tout savoir. Ils doivent traiter leur matière comme de vrais journalistes pour être capables de commenter l’actualité. Et ils doivent travailler beaucoup plus vite qu’avant, car ils réagissent dans les réseaux sociaux. Mais même quand les choses vont vite et qu’on réagit à chaud, on s’assure que nos standards demeurent élevés. C’est ce qui nous démarque de la concurrence. »

ON NE CHOISIT PAS LA FACILITÉ

Dans une campagne présidentielle qui prend parfois des allures de parodie, The Onion doit redoubler d’efforts pour trouver un angle original. « Le cycle actuel de nouvelles comporte un certain niveau d’absurdité, reconnaît Rick Hamann. C’est tout un défi de trouver la satire et la parodie, mais nous ne choisirons jamais la blague facile. Notre équipe a fait un travail formidable pour couvrir Donald Trump, mais aussi Hillary Clinton. Son regard est aiguisé, ses membres cherchent l’histoire qui se cache derrière l’histoire, pas l’évidence. Les milléniaux s’intéressent à cette campagne, mais ils sont très déçus. Ils ne se reconnaissent dans aucun candidat. Mais leur désillusion est un avantage pour nous. »

THE ONION À PROPOS DE…

La pneumonie d’Hillary Clinton

Les déclarations de Donald Trump

La présence de Bill Clinton à la convention démocrate

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