Ils ont dit

« Nous saluons la Ville de Montréal qui fait preuve de leadership dans ce dossier et encourageons les autres municipalités à suivre son exemple. Les travaux routiers qui s’éternisent peuvent avoir des impacts majeurs sur les petites entreprises. Dans bien des cas, elles vont voir leurs ventes diminuer, devront emprunter ou déménager pour survivre, alors que certaines seront même forcées de fermer leurs portes. »

— Simon Gaudreault, directeur des affaires économiques à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante

« Cette mesure ne va clairement pas aider financièrement les commerçants pendant la durée des travaux, au moment où ils en ont le plus besoin. L’administration aurait pu combiner ce programme à un crédit de taxes, applicable durant l’année des travaux. Autrement, plusieurs vont fermer boutique avant la fin des travaux et ne seront même pas admissibles à l’aide de 30 000 $. »

— Aref Salem, porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement économique

« La communauté d’affaires soutient pleinement ce premier programme de compensation pour les commerçants touchés directement par des travaux de longue durée. Le montant maximal de la compensation annuelle, qui s’élève à 30 000 $, est significatif et incitera la Ville à tout faire pour éviter les délais sur les chantiers. Toutefois, il sera également important de revoir l’environnement fiscal, afin de le rendre plus concurrentiel pour appuyer l’essor et la rétention des commerces dans la métropole. »

— Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

« Le secteur du commerce de détail est, pour une première fois, harmonieusement intégré dans le plan économique de Montréal. La Ville se dote ainsi d’un plan d’action conçu à partir de recommandations des commerçants, avec des solutions et objectifs clairement définis. Par la mise en place du comité consultatif sur le commerce, la Ville a démontré une volonté claire d’améliorer la vitalité du secteur à Montréal et de définir son identité locale. »

— Léopold Turgeon, PDG du Conseil québécois du commerce de détail

« Nous nous réjouissons de l’ouverture de la Ville de Montréal à vouloir travailler conjointement avec l’ensemble des acteurs du développement économique pour faire de Montréal un meilleur endroit où s’établir en tant qu’entrepreneur. La bonification du rôle des sociétés de développement commercial sera un élément déterminant dans l’atteinte des objectifs du plan commerce. »

— Caroline Tessier, directrice générale de l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal

Montréal

25 millions pour les commerçants affectés par les chantiers

Les commerçants de Montréal affectés par les chantiers auront droit à 25 millions de dollars en compensations, soit jusqu’à 30 000 $ par année de travaux chacun. Mais pour y avoir droit, ils devront accepter d’ouvrir leurs livres.

La mairesse Valérie Plante a dévoilé comment la Ville de Montréal entendait soutenir les commerçants durement touchés par le commerce en ligne, mais aussi par la multiplication des chantiers. Mesure phare, la métropole compte indemniser les commerces qui ont vu leur chiffre d’affaires malmené par les travaux. Et ce, depuis 2016, car le programme est rétroactif.

« On veut envoyer un message clair aux commerçants : “Vous êtes importants, on ne va pas vous laisser mourir, on va vous aider quand il y a un chantier important en face de votre commerce” », a dit Valérie Plante.

La Ville mettra ainsi en place un programme d’aide financière volontaire. Cette aide couvrira les pertes dans leur chiffre d’affaires. Mais pour ce faire, Montréal exigera des états financiers vérifiés. Les demandeurs auront droit à une aide de 1000 $ pour couvrir les frais de ces démarches, somme qu’ils n’auront pas à rembourser même si une compensation leur est refusée.

La Ville précise qu’elle ne couvrira pas la première tranche de 15 % de pertes, car elle estime que d’autres facteurs peuvent y avoir contribué. Ensuite, Montréal couvrira jusqu’à un maximum de 30 000 $ de pertes par an.

Par exemple, un commerçant qui démontrera que son chiffre d’affaires est passé de 100 000 $ à 50 000 $ devra faire son deuil de la première tranche de 7500 $ perdue, mais pourra recevoir le maximum de 30 000 $ en aide. Si le chantier s’étend sur deux ans, il pourra toucher jusqu’à 60 000 $.

De 2016 à 2022

Le programme visera les artères commerciales touchées par des travaux d’infrastructures souterraines ayant duré plus de six mois. Toutefois, tous les commerçants affectés par un chantier de plus de trois ans seront aussi admissibles, comme ceux de la rue Bishop touchés par des travaux de la Société de transport de Montréal.

Le programme doté d’une enveloppe de 25 millions sera rétroactif à 2016 et s’étendra jusqu’en 2022. Les commerçants de la rue Saint-Denis, qui a été en chantier une importante partie de 2017, pourront ainsi se prévaloir de l’aide. « Oui, les commerçants de la rue Saint-Denis y auront droit », a ainsi précisé la mairesse alors que plusieurs d’entre eux étaient présents à l’annonce.

À noter, les commerçants qui ont fermé boutique ne seront pas admissibles. Seuls ceux qui ont encore pignon sur rue auront droit à une compensation.

74 millions

Outre le programme de compensation, le plan commerce aura une enveloppe globale de 74 millions (y compris le programme de compensations qui accaparera le tiers des fonds).

Parmi les autres mesures, Montréal s’engage à réduire le fardeau fiscal des commerçants. On prévoit ainsi revoir la taxation non résidentielle, sans toutefois préciser comment pour le moment. Valérie Plante a indiqué que le prochain budget attendu à la fin de l’automne devrait prévoir des mesures à cet effet.

Élément irritant majeur pour les commerçants, la réglementation s’appliquant aux commerces sera harmonisée entre les différents arrondissements. 

« Le but, c’est que le parcours du commerçant ne soit plus un parcours du combattant. »

— Robert Beaudry, élu responsable du développement économique.

On souhaite également dynamiser les artères commerciales et mieux soutenir la création d’entreprises.

Montréal va faciliter l’occupation temporaire de locaux commerciaux « afin d’éviter d’avoir des artères édentées. Il n’y a rien de pire », estime Robert Beaudry.

politique de la vie nocturne

La mairesse a profité du dévoilement du plan commerce pour annoncer que son administration lançait les travaux pour mettre en place une politique de la vie nocturne. On cherchera à protéger les lieux de diffusion, mais aussi à mieux gérer les problèmes de bruit et d’incivilité.

Robert Beaudry a souligné que Montréal était le deuxième pôle commercial du Canada. « Est-ce qu’on peut dépasser Toronto ? Je pense que oui. »

Le plan commerce fait suite au rapport du comité consultatif rendu public plus tôt cette semaine. Ses membres avaient justement recommandé de dédommager les commerçants affectés par des chantiers et de revoir la taxation non résidentielle pour réduire le fardeau sur les commerces.

Rappelons que l’administration Plante a préparé huit plans d’action pour le développement économique de Montréal. Le plan commerce est le septième qu’elle dévoile, et un dernier est attendu.

La stratégie vise à atteindre cinq objectifs, dont atteindre un taux d’emploi de 65 % (il est actuellement de 61 %), augmenter à 82 % le taux d’emplois à temps plein (81 % en 2017), réduire à 12 % le taux de personnes sans diplôme secondaire (15 % en 2017), augmenter à 32 % le taux d’obtention d’un diplôme universitaire (29 % en 2017) et atteindre un taux d’emploi de 80 % chez les immigrés (78 % à l’heure actuelle).

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