Les vins de la semaine

démonter deux mythes en trois vins

Les vins de riesling et les rosés souffrent encore de nombreux préjugés. Les premiers seraient toujours simples et sucrés et les seconds ne seraient pas des vins « sérieux ». J’affectionne tout particulièrement les rieslings, qui peuvent être d’une grande complexité, toniques, sans pareils pour rehausser les arômes à table. Et les rosés ? Lorsqu’ils sont bien faits, ils ont le potentiel d’être de grands vins de gastronomie.

Un coup de cœur québécois

Une dégustation récente d’une quarantaine de vins du Québec a de nouveau démontré les pas de géant faits par les vignerons d’ici. Le niveau moyen de qualité était élevé et les très bonnes surprises, nombreuses. Celui-ci était un de mes coups de cœur. Un vin blanc sec et très frais, aux arômes délicats de pomme verte et d’agrumes. Mais c’est surtout la bouche qui impressionne, avec de la matière et de la tenue qui m’ont presque rappelé un vin d’assyrtiko. Ce n’est pas peu dire ! Très réussi et tout à fait à l’image de ce que nous faisons de mieux au Québec. À déguster avec un ceviche ou un tartare de poisson.

Garde : de 3 à 5 ans

Domaine St-Jacques Riesling 2017, 21,85 $ (14029795), 12,5 %

Un rosé superbe

Autre coup de cœur pour ce rosé de Provence. Issu de vignes cultivées en bio et d’un assemblage de cépages provençaux (cinsault, syrah, grenache, tibouren et mourvèdre), il est d’une couleur très pâle et offre un joli nez, bien typé et tout en finesse, aux accents de pêche blanche, de garrigue, d’agrumes et d’écorce d’agrumes. Et quelle bouche ! Du gras et de la puissance, équilibrés par une fraîcheur herbacée et une très légère amertume. Superbe tenue en bouche, avec une longue finale. La texture et la matière sont impressionnantes. Un vin délicieux et complet, qui appelle la nourriture : petits farcis, tarte aux tomates, pissaladière, poisson grillé et ratatouille.

Garde : à boire

Château La Martinette Rollier Côtes de Provence 2018, 21,70 $ (13448699), 13,5 %

Un riesling sec à souhait

Chaque semaine, je dois encore expliquer à quelqu’un que tous les rieslings ne sont pas sucrés. Et parmi ceux qui le sont, beaucoup sont des vins exceptionnels, mais j’y reviendrai. Ici, le vin est archisec. Si vous êtes amateur de vin de Chablis, de Sancerre, de Santorin, vous devriez l’essayer. De délicates notes qui rappellent le pétrole s’entremêlent à des arômes de pomme verte, de lime, de citron, de tilleul et d’acacia. La bouche est d’une grande pureté, hyper fraîche et tendue. De la matière et de l’ampleur, beaucoup de tonus, un vin long et appétissant. Très, très beau riesling et grand vin de gastronomie : carpaccio de pétoncles au romarin, poisson grillé aux herbes.

Garde : de 8 à 10 ans

Gustave Lorentz Évidence Riesling VV Alsace 2017, 25 $ (14023713), bio, 13 %

Vin

À boire

La journaliste spécialisée Karyne Duplessis Piché vous propose une sélection de nouvelles du monde effervescent des liquides.

À la hausse

Le marché des boissons sans alcool n’a jamais été aussi dynamique. Ça s’observe sur les rayons de la SAQ où, depuis les cinq dernières années, l’offre des vins sans alcool a doublé. Les consommateurs sont aussi au rendez-vous : au volume, les ventes augmentent de 15 % chaque année ! Un nouveau rosé sans alcool vient d’ailleurs d’arriver au Québec. Il est élaboré par le vigneron allemand Johannes Leitz. Réputé pour ses rieslings, il commercialise depuis quelques années des vins sans alcool. Il utilise une technique complexe, la distillation sous vide, qui consiste à capturer d’abord les arômes, puis à éliminer l’alcool avant de réinjecter les parfums dans le produit. À base de pinot noir et de gamay, cette cuvée a un nez qui rappelle le zeste d’orange sanguine et les fleurs. Sur les papilles, l’absence d’alcool supprime la rondeur et la texture du vin. Le sucre résiduel et l’acidité vive rendent toutefois la boisson agréable. Essayez-le en sangria rosée, avec du jus d’orange, de l’eau pétillante et des petits fruits.

Leitz Eins-Zwei-Zero Sans Alcool, 11,65 $ (13992977)

Tchin-tchin

Riedel est réputée depuis 250 ans pour la qualité de ses verres à vin. Signe que la mode des cocktails est loin de s’essouffler, la maison autrichienne commercialise depuis peu une nouvelle gamme de verres conçus pour le bar. Elle s’est associée au mixologue américain Zane Harris pour créer six verres à cocktail. Et ils font un tabac. On craque pour le Sour, avec son ouverture légèrement arrondie.

En vente dans les magasins spécialisés

En baisse

Le vin bleu a suscité beaucoup de curiosité depuis sa mise en vente, en 2015. Il est maintenant dans la tourmente. La couleur a toujours été expliquée par les producteurs comme étant obtenue grâce au contact des peaux de certains raisins avec le moût. Sauf que des étudiants en chimie de Toulouse viennent de prouver que ce n’est pas le cas. Ils ont analysé un vin bleu corse et ils ont trouvé du colorant. La découverte a soulevé un tollé en France. Le producteur corse, Imagyne, doit maintenant changer le nom de sa boisson ou sa recette. Au Québec, la boisson au vin de couleur bleue, commercialisée en 2017, le Dilé Moscato, est présentée comme un cooler au vin par la SAQ.

Dilé Moscato Blu, cooler au vin, 10,20 $ (13383354)

Début prometteur

Les vendanges sont terminées en Argentine et les vignerons se réjouissent déjà de la qualité du vin qu’ils ont dans leurs cuves. Après un hiver froid et un été sec, le millésime 2019 s’annonce excellent. En attendant que les premières cuvées arrivent au Québec, on peut goûter à ce chardonnay élaboré dans une nouvelle région viticole du pays, Chapadmalal, située en bordure de l’océan près de la capitale Buenos Aires. La maison Trapiche y produit des vins plus souples et frais comme celui-ci. Ses notes de fruits tropicaux dévoilent une bouche vive et saline. La finale est longue et rafraîchissante.

Bodegas Trapiche Costa & Pampa Chardonnay 2018, 24,95 $ (13688772)

À ne pas manquer

Il n’en reste pas des tonnes à la SAQ, mais lorsque vous aurez mis la main sur cette bouteille, vous allez vous régaler jusqu’à la dernière goutte. Qu’est-ce que c’est ? Un rouge produit dans le Languedoc, plus précisément dans le Minervois, par la vigneronne Brunnhilde Claux. Cette jeune femme a appris le métier aux côtés du mythique Gérard Gauby. Sa cuvée Les Traverses réunit les classiques grenache, mourvèdre et syrah. Dans le verre, la robe légèrement trouble fait place à un vin fruité aux arômes de lavande et de poivre. Les parfums se fondent dans une bouche peu tannique et le vin est très facile à boire, ce qui est moins la norme dans cette région baignée par le soleil. La vigneronne travaille dans l’esprit « nature ». Elle utilise le moins de sulfites possible. 

Domaine de Courbissac Minervois Les Traverses 2017, 20,20 $ (14089771)

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