Phytothérapie

Des alliées pour recharger ses batteries ?

Besoin de renflouer les batteries en énergie, de recentrer l’esprit ou de retrouver un sommeil réparateur ? Les plantes médicinales adaptogènes semblent y jouer un rôle et connaissent une popularité grandissante au Québec depuis quelques années. 

« Les adaptogènes sont très tendance, car ce sont des plantes qui répondent assez bien aux déséquilibres que vivent beaucoup de gens avec notre mode de vie moderne et effréné », explique l’herboriste-thérapeute Frédéric Robert, copropriétaire de la boutique Alchimiste en herbe, spécialisée dans les plantes médicinales. 

Utilisées depuis des milliers d’années dans la pharmacopée chinoise et ayurvédique pour leurs bienfaits préventifs, les plantes adaptogènes ont été officiellement baptisées ainsi dans les années 40 par les Russes. « Ces scientifiques étaient à la recherche de substances capables d’augmenter les capacités physiques et intellectuelles des athlètes, des militaires et des joueurs d’échecs : c’est ainsi qu’ils ont trouvé une catégorie de plantes possédant ces propriétés. Le concept d’adaptogènes est alors né », précise Frédéric Robert.

Geneviève Levallet, naturopathe, doctorante en chimie et professeure-diplômée à l’École d’enseignement supérieur de naturopathie du Québec, explique que « les adaptogènes augmentent la capacité de résistance et d’adaptation de l’organisme face aux différents types de stress que nous subissons (physiques, émotionnels, environnementaux, etc.) et permettent de maintenir l’homéostasie de l’organisme en agissant sur l’équilibre entre les systèmes nerveux, immunitaire et endocrinien ».

« Au niveau endocrinien, les adaptogènes vont venir protéger, tonifier et renforcer les glandes surrénales, responsables des hormones du stress (l’adrénaline et le cortisol), et ainsi renflouer nos batteries d’énergie et immunitaires. »

— Frédéric Robert, herboriste-thérapeute 

« Ce sont tous de grands antioxydants, qui aident à prévenir la dégénérescence et le processus de vieillissement », ajoute M. Robert. 

Finalement, avec les plantes adaptogènes, les effets stimulants sont prolongés. « On évite des pics qui conduisent inévitablement vers une baisse d’énergie dans les heures qui suivent », souligne Geneviève Levallet.

Se garder de toute pensée magique

Pour les deux spécialistes, il est très important de retenir que la phytothérapie (le soin par les plantes), ce n’est pas de la magie.

« Il faut encourager une approche personnalisée et bien se renseigner auprès de gens compétents et accrédités avant de prendre tout et n’importe quoi. Il faut bien identifier ce dont le client a besoin », explique Geneviève Levallet. 

Frédéric Robert abonde dans le même sens : « C’est l’idéal d’être guidé, car il existe beaucoup d’options, et question d’affinités, de constitution et de tempérament de l’individu, ce n’est pas nécessairement la même plante qui va être la bonne pour deux personnes. »

Geneviève Levallet rappelle également l’importance de la démarche personnelle en naturopathie, qui repose sur quatre piliers : l’alimentation, l’exercice physique, l’environnement et la gestion du stress. « Nous sommes dans une société où l’on veut tout pour avant-hier ! Les gens doivent faire une démarche personnelle et se demander en amont d’où vient le problème et s’ils sont prêts à opérer les changements nécessaires », souligne-t-elle. 

Clientèle grandissante et diversifiée

L’engouement pour les plantes adaptogènes augmente d’année en année, et la clientèle se transforme aussi. « Il y a 10 ans, le client type était plus la jeune hippie, alors qu’aujourd’hui, les gens connaissent l’herboristerie, la naturopathie, et savent de plus en plus ce que sont les plantes médicinales », constate Frédéric Robert. Même son de cloche du côté de la naturopathe : « Il y a un engouement des Québécois pour les approches naturelles », avance Geneviève Levallet. 

Pour Frédéric Robert, cette popularité s’explique certainement par le fait que ces plantes sont particulièrement adaptées au mode de vie actuel de la société, dans lequel on travaille beaucoup et on dort peu. « J’ai des témoignages de clients pour qui la prise d’adaptogènes fait vraiment toute la différence. Par exemple, pour les étudiants en fin de session, les gens qui travaillent de nuit ou ceux qui voyagent beaucoup », explique-t-il.

Selon lui, plusieurs personnes sont aussi échaudées par la médecine traditionnelle, « qui n’offre parfois pas grand-chose pour certaines pathologies chroniques. Les gens se tournent alors vers l’herboristerie en dernier recours », ajoute-t-il. 

« Nous ne sommes pas une “alternative”, nous sommes complémentaires. On ne remplace pas la médecine. On n’a absolument pas le droit d’enlever un médicament, et on ne le souhaite pas. On travaille avec le symptôme et autour du médicament. »

— Geneviève Levallet, naturopathe

Les adultes et les enfants peuvent se prévaloir des bienfaits des plantes médicinales, selon les deux experts. « On peut travailler à tout âge avec les plantes, c’est juste les formes qui changent : pour les bébés, on peut donner des tisanes ou des bains. Mais là aussi, la personnalisation et la compétence sont primordiales », martèle Geneviève Levallet.

À quel prix ?

Pour un traitement « régulier », comprenant un concentré liquide de 50 ml et des plantes en vrac, il faut compter environ 20 $ par semaine, selon Frédéric Robert. Du côté de la naturopathie, les thérapeutes sont libres en ce qui concerne leurs tarifs, mais une rencontre avec un client coûte en moyenne entre 60 $ et 120 $. Certaines assurances privées remboursent ces services, au même titre que la massothérapie ou l’acupuncture, explique Geneviève Levallet.

L’ashwagandha

C'est une plante issue de la pharmacopée ayurvédique. « Elle convient bien aux tempéraments nerveux, note Frédéric Robert, herboriste-thérapeute. Grand tonique, elle se révèle utile pour les cas de déficience et d’anémie, fatigue nerveuse, épuisement chronique et insomnie. Elle agit aussi comme un modulateur sur le système immunitaire. » « L’ashwagandha permet de rester alerte le jour tout en ayant un bon sommeil la nuit et procure un effet apaisant », ajoute Geneviève Levallet, naturopathe.

Le basilic sacré

Il s'agit d'une variété de basilic originaire de l’Inde. « Excellente plante pour les tempéraments nerveux et éparpillés, observe Frédéric Robert. Il aide à calmer et recentrer l’esprit, de même qu’à régulariser le taux de cortisol sécrété par les glandes surrénales. Également glycémiorégulateur, hépatoprotecteur (protège le foie), antibactérien et antiviral, carminatif (harmonise la digestion). »

Le reishi

Ce champignon est utilisé « pour son action tonique (surtout sur le plan de la récupération physique) et pour ses propriétés intéressantes sur le système immunitaire », précise Geneviève Levallet.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.