Mon clin d'œil

Il faut protéger sa langue, surtout devant Brad Marchand.

Opinion
Mobilité durable 

Projet réel ou concept publicitaire ?

Nombreuses sont les personnes qui osent espérer qu’un jour les villes et l’ensemble du territoire deviendront des zones de mobilité durable, de mobilité efficace, durable et agréable. 

En 1972, le Club de Rome (rapport Meadows) disait : « Halte à la croissance », ce qui avait suscité une pléthore de commentaires, parfois favorables, parfois plus critiques. Il semble, cependant, que rien n’a vraiment changé, puisque toutes les sociétés, ou presque, cherchent, à tout prix, la meilleure croissance possible et l’augmentation permanente de la croissance. 

En 1980, on commence à parler de sustainable development (développement durable). En 1987, le concept se répand, dans le sillage du rapport Bruntland, rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, notre avenir à tous. Et pourtant, si on réfléchit un peu, on est en droit de penser que le développement durable a rarement été au rendez-vous. Au Québec, on avait ainsi défini le développement durable : « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. » 

Aujourd’hui, de nombreux propos sur l’avenir de la planète frôlent le catastrophisme. 

Il y a eu, aussi, divers mouvements luttant contre l’obsolescence programmée. Et pourtant, le problème subsiste. 

Si, le Québec, les régions et les centres urbains veulent vraiment s’engager sur la route de la mobilité dite durable, j’en suis et j’en serai. 

Toutefois, il n’y aura jamais de mobilité durable si on n’arrive pas à convaincre de nombreux citoyens de moins utiliser leur automobile, surtout dans les grandes villes. 

Pour que l’automobile soit un peu délaissée, sans être abandonnée (c’est souvent pratique et utile), il faut que les piétons et les cyclistes puissent circuler sur des trottoirs bien conçus et sur des pistes appropriées. 

Pour que l’automobile soit un peu délaissée, il faut des moyens de transport collectif qui soient peu coûteux, agréables, fiables et efficaces.

Récemment, la STM a augmenté, encore une fois, ses tarifs, ce qui va à l’encontre d’une réelle politique de développement durable et de mobilité durable. 

Et si jamais de nouvelles personnes décident d’adopter les transports collectifs, il faut que, pendant la saison hivernale, les trottoirs soient rapidement déglacés, déneigés et bien entretenus. Qu’on prenne le métro ou l’autobus, il faut pouvoir se rendre, de manière sécuritaire, jusqu’à la station de métro ou jusqu’à l’arrêt d’autobus. 

Il y aurait beaucoup à dire ou à redire. On a, si souvent, promis de nouvelles lignes de métro, on si souvent parlé de la limitation de la croissance, on a si souvent fait miroiter l’idée d’un développement durable, on parle si souvent de la nécessaire lutte contre les changements climatiques. Et pourtant, il semble y avoir eu plus de promesses que de réalisations.

Je souhaite ardemment une réelle mobilité durable. Mais profond est mon scepticisme.

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