Actifs au quotidien

Se lever plus tôt pour nager

Mais comment fait-elle ? Souvent, voilà la première question qui surgit lorsqu’une personne arrive à concilier toutes ses obligations avec un entraînement assidu. Parce que tous les sportifs ont leurs secrets, Pause rencontre chaque semaine un mordu qui arrive à garder sa motivation, malgré les aléas du quotidien.

Depuis septembre, Pascal Blanchet se lève à six heures du matin pour aller nager, trois fois par semaine. Ce qui était d’abord un effort est devenu un plaisir.

Vous nagez depuis longtemps ?

Pendant de longues années, je rêvais de nager, mais je ne me décidais pas à plonger (rires). J’avais connu une expérience un peu traumatisante pendant mon secondaire. Mal préparé et peu doué, j’ai eu l'impression de frôler la noyade à plusieurs reprises. Mais je rêvais de nager : je lisais un peu partout que c’est un exercice complet, qui fait beaucoup de bien. Enfin, à l’hiver 2008, je me suis inscrit au Centre du Plateau de Montréal, encouragé par un ami. J’ai nagé là trois fois par semaine, à 7 h 45 lors de la deuxième séance du club des maîtres, jusqu’en 2017.

Qu’est-il arrivé ensuite ?

Une mauvaise surprise : la séance de 7 h 45 à 9 h a été annulée. Comme je ne me voyais pas me lever à 6 h du matin pour aller à la première séance, qui commence dès 6 h 45, j’ai fait la grève du chlore pendant un an ! Un an pendant lequel je me suis traîné les pieds, mal dans ma peau. J’étais en deuil. Le club me donne des rendez-vous à heure fixe, ce qui m’aide beaucoup, car si j’attends d’y aller à une autre heure selon mon horaire, je n’y vais jamais. Ça m’a tellement manqué que cette année, en septembre, j’ai mis la musique de mon radio-réveil un peu plus fort et je me suis levé plus tôt, afin de retourner nager. Pour mon plus grand plaisir !

Qu’est-ce que ces entraînements vous apportent ?

J’éprouve un étrange plaisir, pendant l’automne et l’hiver, à marcher dans le froid et la neige pour me rendre à la piscine (souvent à la noirceur), en me disant que quelques minutes plus tard, je serai en maillot de bain, comme si j’allais à Cuba ! L’avantage de faire de l’exercice tôt, c’est que c’est réglé pour la journée. Aussi, l’entraînement se fait sous la supervision d’un coach qui prépare un programme varié et stimulant. Au fil des ans, j’ai eu quelques entraîneurs, pour la plupart excellents. Mais celui qui nous guide cette année est vraiment exceptionnel. Il s’appelle Jean Roumieux et il nous explique comment nous améliorer avec une clarté et une passion extraordinaires.

Faut-il nager comme Michael Phelps pour se joindre à un club des maîtres ?

Non. Le nom est un peu pompeux, mais les gens qui nagent au club des maîtres ne sont pas tous des champions. Le club accueille des nageurs très avancés aussi bien que des quasi-débutants. Je voudrais d’ailleurs lancer un défi à ma sœur Anne-Marie, pour qu’elle se remette à la natation. Elle demeure à Lévis, elle ne peut pas se joindre au même club, mais il y en a à presque chaque piscine. Si je lui en parle sur la place publique, peut-être qu’elle fera le saut elle aussi !

PASCAL BLANCHET

53 ans

Scénariste

Nage trois fois par semaine avec un club des maîtres

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