Environnement

Zéro déchet pour tous

Le mode de vie zéro déchet vous intéresse ? Le festival Zéro Déchet, qui se poursuit aujourd’hui au Marché Bonsecours, pourra sûrement vous éclairer. Plusieurs exposants aideront ceux qui sont tentés par l’aventure en répondant à leurs questions sur ce mode de vie qui fait de plus en plus d’adeptes. C’est notamment l’occasion d’en apprendre plus sur la consommation responsable, la gestion des matières résiduelles et le minimalisme.

Parmi les conférences présentées aujourd’hui : la contraception zéro déchet, le point sur la « crise du recyclage » qui frappe le Québec et les défis du mode de vie zéro déchet. La porte-parole de cette deuxième présentation est Mylène Paquette. Rappelons que les Québécois produisent chacun 724 kg en moyenne de déchets par année, selon le site internet de l’événement. Le festival est gratuit, mais il faut d’abord s’inscrire sur le site Eventbrite. — La Presse

Éthique et étiquette

La délicate question du pourboire

Disons qu’on est au restaurant, ou dans un café, et qu’on a un service exécrable – sachant que les serveurs ont des salaires de misère, et que notre conscience nous dicte le contraire – , est-ce justifié de ne pas donner de pourboire ?

Question en apparence toute simple, mais à bien y penser, drôlement complexe, fait valoir Marie-France Lebouc, professeure d’éthique appliquée au département de management de l’Université Laval.

À première vue, l’équation semble en effet limpide : mauvais service, pas de pourboire ; bon service, pourboire. « Le pourboire est censé être le reflet du degré de satisfaction, souligne l’éthicienne. Sauf que si vous vous posez la question, c’est que ce n’est pas si simple. Ce n’est pas binaire. Pas noir, ou blanc. »

Elle propose de décortiquer la question sous trois angles. Du côté du serveur, d’abord, quelles pourraient être les conséquences d’un tel geste ? A priori, si on ne donne pas de pourboire, l’idée est ici de passer un message, donner une leçon. « Sauf que le serveur a la responsabilité d’apporter les plats, de remplir les verres et nous demander si nous sommes satisfaits, nuance-t-elle. Il n’est pas responsable de la qualité des plats, de l’ambiance du restaurant, de la dextérité du busboy, qui a échappé un verre d’eau (fait vécu) etc. » Bref le serveur n’est finalement que le « vis-à-vis » (le seul d’ailleurs) à qui vous pouvez exprimer votre mécontentement.

D’où la question : « Est-ce que le serveur est vraiment responsable de mon expérience ? »

Sans surprise, il y a ici de bonnes chances que la réponse soit non. « Il y a toute une équipe en arrière, et le serveur n’est qu’une partie de cette équipe. »

« Si le serveur est la seule personne vis-à-vis de qui je peux agir, je vais être tenté de le priver de pourboire pour quelque chose dont il n’est pas responsable. Est-ce juste ? »

— Marie-France Lebouc, professeure d’éthique appliquée au département de management de l’Université Laval

Poser la question, c’est y répondre.

Du côté du client maintenant, quelles seraient les conséquences d’un tel geste ? « Comme personnes, les philosophes grecs disaient qu’on cherchait tous le bonheur dans la vie », répond l’éthicienne, au sens « d’arriver à quelque chose de significatif dans la vie ».

Le rapport avec notre question ? « N’importe quel humain, y compris un client, a pour ambition d’être une bonne personne », avance-t-elle (certes pas toujours, mais de manière générale, oui).

Et comme on a tous cette « aspiration », on cherche aussi tous à faire « la bonne chose ». Faire le bon geste, selon nos valeurs, quoi. Ici, deux valeurs semblent en jeu : la générosité et la justice. « Je préfère être perçu comme une personne généreuse que radine, et juste qu’injuste », résume-t-elle.

Bref, ici encore, pour ne pas passer pour injuste ou radin, mieux vaut effectivement donner un pourboire, même si l’expérience n’a pas été à la hauteur de nos attentes.

Dans un troisième temps, enfin, on pourrait aussi poser la question sous un angle plus macro : quel est le sens du pourboire, en tant que rémunération, dans notre société ? ajoute l’éthicienne. Mais c’est un tout autre sujet, plus théorique que pratico-pratique.

Verdict ? Devant votre facture au resto, une chose à retenir, conclut donc Marie-France Lebouc : « Il est important de faire non pas selon votre humeur, mais selon vos valeurs. » À méditer, lorsque vous recevrez votre prochain café tiède…

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