La pluie s’invite

Plusieurs matchs, dont ceux de la Russe Maria Sharapova et de la Québécoise Françoise Abanda, ont été interrompus ou reportés hier soir en raison de la pluie. Ils pourraient être complétés aujourd’hui... si Dame Nature le permet.

Venus a atteint son objectif

La chaleur, l’humidité puis la pluie ont embêté tout le monde hier à la Coupe Rogers, mais la plupart des favorites ont tenu leur rang sans problème.

L’Américaine Venus Williams, qui avait perdu son premier match cinq fois en huit participations, a été lente à se mettre en marche contre sa jeune compatriote Caroline Dolehide, mais la joueuse de 38 ans a attendu son heure pour s’imposer 7-5 et 6-1.

« Les conditions étaient dures, il faisait chaud et l’humidité était très élevée, a raconté la 13e favorite. Pour les joueuses, il faut se préparer, bien s’hydrater, bien résister. »

Évoluant en fin d’après-midi, dans les conditions les plus suffocantes, Williams et sa rivale ont vu une juge de ligne s’écrouler après un coup de chaleur, mais cela ne les a pas empêchées de se livrer un beau duel, particulièrement en première manche.

« [Dolehide] a un excellent deuxième service et j’avais un peu de mal à le lire en première manche. Je ne l’avais jamais affrontée, jamais vraiment vue jouer et cela l’a sans doute avantagée de m’avoir vue jouer auparavant. La première manche a été très accrochée. »

40 millions

Malgré son âge, Williams estime qu’elle peut encore s’améliorer. Finaliste en Australie et à Wimbledon en 2017, l’Américaine connaît une saison plus difficile, avec une seule demi-finale, à Indian Wells. Elle a toutefois porté ses gains en carrière à plus de 40 millions et n’est devancée à ce chapitre que par sa sœur Serena (84 millions).

Venus, qui est l’une des athlètes les plus intéressantes en entrevue, a expliqué qu’elle ne planifiait jamais plus loin que son prochain match. « J’évalue mes succès en fonction de mes propres objectifs. Quelle que soit mon adversaire, je suis satisfaite si j’atteins les objectifs que je me suis fixés pour ce match. »

Un peu plus tôt, la Tchèque Karolina Pliskova (9e) et l’Allemande Julia Goerges (10e) s’étaient elles aussi qualifiées pour le deuxième tour en prenant respectivement la mesure de Katerina Siniakova et de Timea Babos. Pliskova et Goerges sont les deux meneuses sur le circuit féminin au chapitre des as et l’Allemande a donné une autre formidable démonstration de puissance hier en réussissant pas moins de 17 as.

Anastasija Sevastova, Lucie Safarova, Anett Kontaveit, Lesia Tsurenko et Magdalena Rybarikova se sont aussi qualifiées pour le deuxième tour.

LA SOIRÉE À L’EAU

En soirée, on attendait avec impatience le premier match de Maria Sharapova, à sa première présence à Montréal depuis 2014. La Russe, revenue au 22e rang mondial après une longue suspension pour dopage, a tout juste eu le temps de prendre un net avantage sur la Bulgare Sesil Karatantcheva, 4-1, avant que la pluie ne vienne interrompre le match.

L’affrontement entre l’Allemande Tatjana Maria et la Française Alizé Cornet a lui aussi été interrompu par la pluie. La première menait 6-4 et 1-2 au moment de l’interruption.

Ces deux matchs reprendront aujourd’hui.

La Québécoise Françoise Abanda et la Belge Kirsten Flipkens n’ont quant à elles même pas eu le temps d’entrer sur le court, et leur match a été remis à aujourd’hui.

Bouchard débute du bon pied

« C’est vraiment pour jouer plus de matchs, utiliser ça comme un entraînement pour améliorer les coups et jouer sous la pression. »

C’est ainsi qu’Eugenie Bouchard expliquait hier pourquoi elle tenait à également jouer en double dans ses tournois.

Disons qu’elle a été servie à souhait ! Un match de 1 h 24 min, décidé dans un bris d’égalité enlevant, devant une foule enthousiaste sur le terrain Banque Nationale. C’est avec cette préparation qu’elle s’attaquera au tournoi en simple aujourd’hui.

La Québécoise a livré une performance inspirée à son premier match en double. Bouchard et sa partenaire, Sloane Stephens, ont vaincu les 5es têtes de série, soit la Canadienne Gabriela Dabrowski et la Chinoise Yifan Xu, au compte de 6-4, 4-6 et 10-6.

Quand Bouchard parle de jouer sous pression… En arrière 2-5 au bris d’égalité, Bouchard et Stephens ont repris le contrôle du match quand la Québécoise s’est présentée au service et a gagné ses deux points, dont un sur un as. Le duo a ensuite brisé les deux services de ses rivales avant de filer vers la victoire.

« La raison pour laquelle je joue en double ici, c’est pour jouer plus de matchs. Un match comme aujourd’hui, c’est excellent, il y a eu de la pression et c’est mieux ça qu’un entraînement. C’est bon aussi pour améliorer mon service, mes retours et mes volées. »

Il s’agissait de sa première victoire de l’année en double, elle qui présentait une fiche de 0-6 en 2018.

Langage corporel positif

Après avoir fait jaser samedi pour son manque d’enthousiasme lors d’une activité promotionnelle, c’est une Bouchard en apparence plus détendue qui s’est présentée sur le terrain hier.

La victoire n’a évidemment pas nui, et elle jouait avec Sloane Stephens, qu’elle décrit comme une de ses rares amies sur le circuit. « Je la connais depuis que j’ai 11 ou 12 ans, c’est la moitié de ma vie ! », a-t-elle rappelé. Entre les échanges, après les coups gagnants, elle affichait de larges sourires.

Ça s’est même transporté en conférence de presse où, sans dire qu’on la confondait avec Marianne St-Gelais, elle paraissait plus à son aise que samedi.

Le défi Mertens

Bouchard reprendra l’action dès cet après-midi lorsqu’elle se frottera à la Belge Elise Mertens, 14e tête de série.

Mertens, rappelons-le, a disputé la demi-finale à San Jose samedi, mais y souffrait d’une blessure au bras droit. Bouchard refuse toutefois de fonder trop d’espoir sur le fait que sa rivale arrive diminuée.

« Il peut y avoir des situations qui peuvent aider. Mais on a toutes quelque chose, a rappelé Bouchard, qui vient elle-même de composer avec une blessure à une cuisse. Cela se jouera à celle qui se battra le mieux sur le court. Je ne m’attends à rien [aujourd’hui]. Je vais juste me concentrer sur mon jeu. »

Il s’agira du deuxième duel entre les deux joueuses. En 2016, sur gazon, Mertens l’avait emporté en deux manches expéditives.

Habituées à la chaleur

Selon Environnement Canada, le mercure a atteint 31,7 degrés à 17 h hier, à Montréal, avec un ressenti de 42 degrés. Si l’humidité faisait pester spectateurs, journalistes et bénévoles, les joueuses n’en faisaient pas un cas. « Il fait pas mal chaud ici, mais c’est encore pire en Floride », a souligné Venus Williams, qui possède une maison au nord de Miami. « En Europe, ce n’était pas très différent, c’est partout pareil depuis quelques mois, je m’y suis habituée, a ajouté Karolina Pliskova. Mais parfois, quand on perd surtout, on devient plus négative et on peut se sentir faible ou fatiguée. Ce type de conditions ne me pose pas vraiment de problème, j’aime bien jouer par ce temps. Ce sont de meilleures conditions pour moi, les balles vont plus vite. » — Guillaume Lefrançois, La Presse

Bouchard et plusieurs favorites en action aujourd’hui

Plusieurs favorites seront en action aujourd’hui à la Coupe Rogers, mais c’est le premier match en simple d’Eugenie Bouchard qui devrait être le plus suivi. La Canadienne fera face cet après-midi à la Belge Elise Mertens, 14e favorite, qui connaît la meilleure saison de sa carrière, mais s’est blessée il y a quelques jours en demi-finale du tournoi de San Jose. La Canadienne Carol Zhao fera également son entrée en affrontant la Néerlandaise Kiki Bertens. Parmi les favorites, Sloane Stephens (3e), Caroline Garcia (6e), Petra Kvitova (8e) et Jelena Ostapenko (11e) disputeront leur premier match, tout comme l’ancienne numéro un mondiale Victoria Azarenka. En double, les Canadiennes Rebecca Marino et Carson Branstine affronteront la Belge Kirsten Flipkens et l’Australienne Daria Gavrilova. — Michel Marois, La Presse

Serena revient sur son forfait

Serena Williams brille par son absence à Montréal cette semaine, mais l’Américaine s’est expliquée hier dans un message publié sur son compte Instagram.

Williams raconte essentiellement qu’il lui arrive souvent de sentir qu’elle n’est pas une bonne mère pour sa fille Olympia. 

Elle a vécu des jours difficiles la semaine dernière après sa défaite au premier tour du tournoi de San Jose, une situation qu’elle attribue en partie à la dépression post-partum. 

« J’ai lu plusieurs articles qui expliquent que les émotions liées au post-partum peuvent durer jusqu’à trois ans si elles ne sont pas traitées. Je préfère la communication ; parler à ma mère, mes sœurs, mes amies m’a fait réaliser que mes sentiments étaient parfaitement normaux. 

« C’est aussi normal de sentir que je n’en fais pas assez pour mon bébé. […] Même si j’ai été avec elle tous les jours de sa vie, je ne la vois pas aussi souvent que je voudrais. 

« La plupart des mères vivent la même situation. Qu’elles restent à la maison ou qu’elles soient au travail, trouver un équilibre avec des enfants est véritablement un art. Vous êtes les vrais héros. 

« Et je peux vous dire : si vous avez une mauvaise journée ou une mauvaise semaine, c’est OK – j’en ai une moi aussi ! Et il y a toujours demain. »

— Michel Marois, La Presse

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