JEUX PARALYMPIQUES

Aurélie Rivard, reine canadienne de Rio

Au beau milieu des Jeux paralympiques, Aurélie Rivard a été contrainte de désactiver les notifications sur son compte Twitter. Les nombreuses mentions, qu’elles proviennent des différents hommes politiques canadiens, de la famille royale britannique ou du simple public, commençaient à devenir une distraction pour la jeune nageuse de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Avant tout, ce petit geste montre à quel point Rivard a tout fait pour donner de la matière à gazouiller. À Rio de Janeiro, elle a remporté trois médailles d’or, une autre d’argent et battu deux records du monde au passage. Lors du relais 4 x 100 m (34 points), le Canada a certes pris le cinquième rang, mais Rivard a été la seule des 28 nageuses à faire les deux longueurs sous la barre des 60 secondes.

« Ç’a été une montagne russe d’émotions. J’étais extrêmement stressée, mais, à la fin des courses, c’est sûr que j’étais vraiment contente, raconte-t-elle, en entrevue téléphonique, au sujet de ses derniers jours. J’ai encore de la misère à le réaliser. »

« Tous mes objectifs ont été atteints, je ne pouvais pas demander mieux lors de mes épreuves individuelles. »

— Aurélie Rivard

Parmi cette récolte de médailles, Rivard ne cache pas sa préférence pour celle acquise lors du 400 m style libre chez les S10. Jusqu’à la mi-course, elle était dans la même seconde que la Française Elodie Lorandi, alors détentrice du record du monde. L’athlète de 20 ans a ensuite haussé le rythme pour distancer sa rivale européenne, puis pulvériser son record.

« Dans les quatre dernières années, j’ai eu beaucoup de troubles avec le 400 m. Je me suis beaucoup entraînée et j’avais aussi un blocage mentalement. Il y a eu beaucoup de bas à cause de cette course-là. Je ne savais pas à quoi m’attendre, mais j’ai battu le record du monde. C’est vraiment la plus belle des médailles. »

APPUI FAMILIAL

Si Rivard est arrivée au Brésil le 1er septembre, elle n’a pas eu le temps de se promener dans Rio. Son quotidien s’est divisé entre le village olympique et la piscine. Dans ce tourbillon paralympique, elle a toutefois pu compter sur l’appui d’un nombre important de ses proches. 

« Je me considère comme extrêmement chanceuse parce que ce ne sont pas toutes les familles qui ont pu venir à Rio. Ils ont fait beaucoup de sacrifices pour être ici. Le mois de septembre, c’est tellement un mauvais moment. Ma sœur et mes cousines qui sont à l’université manquent des cours pour venir. »

« C’est vraiment le fun de partager ça avec ma famille parce qu’elle est là depuis le début. »

— Aurélie Rivard

Rivard avoue qu’elle n’a pas encore réalisé ce qu’elle venait d’accomplir lors de ses deuxièmes Jeux paralympiques. Elle aura sans doute une meilleure perspective sur son aventure lors de son retour au Québec, le 20 septembre. « Je ne pense pas que ça change grand-chose puisque les Jeux paralympiques n’ont pas autant d’impact que les Jeux olympiques, dit-elle tout de même. Mais ça me fait très plaisir que les gens et les médias parlent de moi. C’est un pas dans la bonne direction parce qu’il y a quelques années, personne n’aurait entendu mon nom. »

La jeune femme a désormais les championnats du monde d’octobre 2017 dans le viseur. Mais d’ici la reprise de l’entraînement, en janvier, elle s’octroiera une pause afin de « rétablir le corps et l’esprit », mais aussi parce qu’elle n’a pas eu « de vraies vacances depuis six ans ». Une autre belle occasion de désactiver les notifications sur son fil Twitter.

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