ESSAI ROUTIER

Une tâche ardue

Il y a quelque chose de plutôt ingrat dans le mandat imposé à la Fiat 124 Spider. D’abord, elle réanime un nom, celui d’une icône italienne lancée il y a 52 ans et dont l’influence stylistique a cascadé sur des générations de roadsters. Ensuite, elle doit composer avec la pression de retravailler l’une des sportives les plus aimées du moment, la Mazda MX-5. Voyons voir si cette « Fiata » est à la hauteur.

Son design

Avant toute chose, soulignons que les MX-5 et 124 Spider partagent le même châssis à propulsion et sont assemblées dans la même usine d’Hiroshima, au Japon. C’est au chapitre du design que les deux cousines diffèrent beaucoup. Légèrement plus longue et plus basse que sa cousine japonaise, la 124 adopte des lignes moins organiques pour cultiver un peu plus les angles. La partie avant présente des phares nettement plus imposants et une calandre en deux pièces qui semble chercher à accentuer sa largeur. Son capot plus plat et creusé veut aussi jouer avec la perception des dimensions. La partie arrière, avec les feux horizontaux, offre un portrait également plus complexe que celui de la MX-5, aux feux ronds. La 124 ne bénéficie par ailleurs pas d’une version à toit rigide comme l’élégante MX-5 RF.

À bord

Malgré la présence du logo Fiat bien en vue au centre du volant, l’habitacle de la 124 est pratiquement une copie carbone de celui de la MX-5. Outre certains choix différents de matières, dont le dessus de la planche de bord en plastique souple et la finition intérieure des portières, l’italienne demeure une japonaise dans l’âme. Touches et boutons sont tous signés Mazda, ce qui est loin d’être une mauvaise chose. L’ergonomie générale est donc sans faille, tout se pose naturellement sous la main pour favoriser l’expérience de conduite. Cela dit, elle n’est pas conçue pour tout le monde. L’espace pour les jambes et la tête ne convient toujours pas aux plus grands. Côté pratique, elle a aussi ses limites, avec ses deux places, son coffre de 140 L et des rangements limités.

Sous le capot

Fiat a décidé d’exercer sa prérogative sur le choix de la mécanique qui anime son roadster. Bien différent sur le plan technique du quatre-cylindres de 2 L de la MX-5, ce quatre-cylindres turbo de 1,4 L tout italien se distingue. Avec 164 ch dans la livrée Abarth essayée et 184 lb-pi de couple, il fait d’abord sentir sa présence avec une attitude peu combative. Cela dit, lorsque le tachymètre dépasse les 3000 tr/min, son aplomb devient plus marqué. C’est là que le turbocompresseur, jusque-là trop effacé, fait sentir sa présence. La sonorité qui émane des quatre pots d’échappement est peut-être trop ouatée pour en apprécier les nuances. La bonne boîte manuelle, avec une course un peu plus longue que celle de la MX-5, permet cependant d’augmenter le plaisir.

Derrière le volant

La MX-5 est essentiellement une voiture qui flatte les sens, une expérience immersive qui n’a pas d’égal. Cette affirmation s’applique également à la Fiat 124, qui est basée sur un châssis plutôt rigide pour une décapotable et finement fignolé pour agrémenter les balades de fin de semaine. La version Abarth, quant à elle, affiche un cahier des charges un peu plus sérieux, avec des amortisseurs Bilstein qui raffermissent un peu plus le roulement. Rassurez-vous, ils ne transforment pas cette 124 en Focus RS. Ils ne font que mieux encadrer sa prestation dynamique. La direction demeure un scalpel pour couper les courbes et offre un toucher extraordinaire. L’option des freins Brembo est aussi fort pertinente, ne serait-ce que pour leur mordant un peu plus marqué dès qu’on touche la pédale.

Les technologies embarquées

C’est Mazda, encore là, qui outille la 124 d’un système d’infodivertissement. Activé au moyen d’une molette fixée sur la console centrale, il commence à dater. Les menus ne sont pas parfaitement disposés et certaines fonctionnalités ne sont pas présentes, comme la radio satellite, réservée aux versions plus cossues du modèle. L’amarrage à Apple CarPlay tout comme à Android Auto n’est également pas possible. Cela dit, la présentation demeure plutôt élégante. Bose met à sa disposition son expertise pour la chaîne optionnelle, au plus grand plaisir des mélomanes. Des haut-parleurs sont d’ailleurs logés dans les appuie-têtes pour favoriser la qualité sonore lorsque le toit est rabaissé.

Verdict

Pourquoi devrait-on acheter une Fiat 124 Spider au lieu d’une Mazda MX-5 ? La MX-5 dispose d’une meilleure garantie générale à kilométrage illimité. Comme l’a confirmé un récent essai routier, la version 2019 de cette dernière dispose aussi d’une mécanique révisée plus puissante, plus expressive et plus linéaire. Cela dit, la rareté de la 124 Spider – il se vend presque deux fois plus de MX-5 au Canada actuellement – peut en faire une voiture plus désirable pour certains. Il y a aussi son design différent et une plus grande possibilité de personnalisation du côté des couleurs intérieures et extérieures. Qu’à cela ne tienne, qu’importe si vous choisissez l’une ou l’autre, ce sont deux voitures expressives et fort bien équilibrées. Pour ça, on ne peut que leur lever notre chapeau.

Carnet de notes

Très frugale

La Fiat 124 Spider figure parmi les sportives les plus frugales avec la MX-5. Lors de l’essai routier, on a obtenu une moyenne de 7,7 L/100 km.

Un toit très simple à manipuler

Extrêmement simple dans sa conception, le toit de la Fiat 124 Spider se rabat manuellement sans qu’on ait besoin de sortir du véhicule, ce qui évite d’augmenter le poids et d’incorporer des pièces plus complexes qui peuvent briser.

Un peu plus de poids

Adoptant un positionnement un peu plus cossu, la 124 Spider est légèrement plus lourde que la MX-5. Ces 50 kg (1124 kg au total) de plus ne sont toutefois pas vraiment perceptibles derrière le volant.

L’Abarth se distingue

Outre de légères améliorations apportées au châssis, la version Abarth se distingue par ses quatre pots d’échappement, ses jantes différentes, son capot noir mat et ses logos Abarth qui remplacent ceux de Fiat.

Des rangements cachés

Ne bénéficiant pas d’un coffre à gant standard, la 124 Spider a toutefois un compartiment central et deux autres plus petits cachés derrière les sièges pour augmenter le volume de rangement.

Fiche technique

Version à l’essai 

Abarth

Prix (avec options, transport et préparation)

51 878 $

Moteur 

L4 SACT 1,4 L turbocompressé

Puissance

164 ch à 5500 tr/min

Couple

184 lb-pi à 3200 tr/min 

Transmission (modèle d’essai)

Manuelle à six rapports

Architecture motrice

Moteur longitudinal avant, propulsion

Consommation (ÉnerGuide)

7,9 L/100 km

Concurrentes directes

Mazda MX-5, Mini Cooper décapotable

Du nouveau en 2018 ?

Aucun changement majeur

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